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Législatives : juin 2009 - Sur le terrain

La LADE dénonce 133 violations électorales commises par les candidats

« L'objectif de notre mission n'est pas tant de dénigrer les candidats en place, mais plutôt de rectifier le tir en matière d'opération électorale ». C'est ce qu'a affirmé hier Adib Nehmé, membre de la commission administrative au sein de l'Association pour la démocratie des élections (LADE).
Lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion du lancement de leur second rapport d'observation de la campagne électorale, les membres de l'association ont annoncé avoir relevé 133 violations de la loi vérifiées et documentées au cours de la période qui s'étend entre le 7 avril et le 7 mai. Se contentant de citer quelques-unes seulement des irrégularités commises sur le terrain et leurs auteurs, l'association dresse cependant un tableau global des déviations commises en termes de dépenses électorales illégales, de corruption, d'usage des lieux publics et des lieux de culte pour promouvoir certaines candidatures. Expliquant que le travail d'observation électorale effectué par l'ONG ne consiste pas seulement à « dénombrer » les violations, mais également à informer les candidats en les rappelant à l'ordre et à les inciter à respecter la loi, les conférenciers ont commencé par relever que certains acteurs politiques ont pris sérieusement en compte - lors de réunion effectuées avec des membres de la LADE - les remarques qui leur ont été adressées. D'où l'aspect positif et constructif du travail de la société civile, explique Ziyad Abdel Samad.
Malgré les « progrès » relevés au niveau de l'attitude de certains candidats, les violations des articles 59, 68 et 71, restent importantes. Premier à être cité, le Premier ministre, candidat au siège sunnite de Saïda, figure sur la liste de ceux qui ont contrevenu à la loi pour avoir reçu ses visiteurs au Sérail dans des « buts électoraux », relève le rapport qui précise que M. Siniora a reçu un membre de la Jamaa islamiya, le 4 mai 2009, et la Fédération des familles beyrouthines, le 29 avril 2009. Une violation qui va à l'encontre de l'article 1 de la loi électorale, qui prohibe l'emploi des lieux publics et des institutions dans des buts électoraux. Le texte dénonce également une autre violation commise par le chef du gouvernement, lorsque ce dernier a visité la mosquée Hariri à Saïda, avant de se rendre au Dar el-Fatwa jaafari pour effectuer une déclaration dans laquelle il explique les raisons de sa candidature.
Également dans la ligne de mire des observateurs, les activités du président du Parlement, Nabih Berry, qui, le 3 mai, a organisé une cérémonie d'hommage en collaboration avec la municipalité du Hermel dans une université privée (l'Université américaine pour l'enseignement et la culture). Représenté par l'ancien ministre Ali Hussein Abdallah, M. Berry a annoncé, par la bouche de son représentant, la victoire de la liste de l'opposition. Dénoncée aussi la rencontre du candidat du Courant du futur au siège sunnite du Chouf, Mohammad Hajjar, avec la gent féminine du courant à la mosquée de Bsaba dans l'Iqlim el-Kharroub.
Les candidats aux sièges chiites de Tyr, Mohammad Fneich et Ali Khreiss, figurent également sur la liste des contrevenants à la loi, ces derniers ayant organisé un meeting électoral dans la husseiniyé de Abbassiyé, sollicitant le soutien à leur liste. D'autres exemples concernant l'usage de lieux publics et d'universités impliquant des candidats des deux bords sont également cités dans ce rapport, qui rappelle que les violations relevées supposent que la justice s'en saisisse pour faire appliquer la loi.
Sur un autre plan, l'association a stigmatisé, dans des termes généraux et sans nommer toutefois les auteurs, l'exploitation par certains ministres ou députés de leur position au sein du pouvoir ou de ressources publiques dans des buts électoraux, ce qui les favorise a priori par rapport à d'autres candidats ne bénéficiant pas d'une telle structure. Les critiques s'adressent en outre aux hommes de religion qui, profitant de leur rang, prononcent discours et sermons favorisant telle ou telle liste, ou partie en présence.
Le rapport relève par ailleurs les aides médicales et en nature qui sont distribuées, ce qui est contraire à l'article 59 de la loi, ou encore les photos violentes auxquelles recourent certains candidats dans leur campagne promotionnelle et qui font référence à la guerre. La violence, la diffamation et les agressions verbales sont également dénoncées dans le langage médiatique utilisé. Celles-ci feront l'objet d'un rapport qui sera prochainement rendu public par la LADE.
Lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion du lancement de leur second rapport d'observation de la campagne électorale, les membres de l'association ont annoncé avoir relevé 133 violations de la loi vérifiées et documentées au cours de la période qui s'étend entre le 7 avril et le 7 mai. Se contentant de citer quelques-unes seulement des irrégularités commises sur le terrain et leurs auteurs, l'association dresse cependant un tableau global des déviations commises en termes de dépenses électorales illégales, de corruption, d'usage des lieux publics et des lieux de culte pour promouvoir certaines candidatures. Expliquant que le travail d'observation électorale effectué par l'ONG ne consiste pas...