Prudents, les pays arabes attendent du président américain Barak Obama qu'il annonce une position claire vis-à-vis d'Israël lors de sa visite le 4 juin en Egypte qu'il a choisie pour adresser un discours au monde musulman, ont déclaré samedi des responsables et diplomates arabes.
Pour M. Obama, il s'agit d'honorer la promesse de réparer les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman après les crispations causées par l'invasion de l'Irak ou les méthodes de la "guerre mondiale contre le terrorisme" de l'ancien président George W. Bush.
Du coté arabe, on dit surtout attendre une nouvelle politique sur le conflit avec Israel.
"Nous attendons que le président américain annonce sa nouvelle politique vis-à-vis du conflit israélo-arabe lors de sa prochaine visite en Egypte, a affirmé à l'AFP M. Hicham Youssef, principal adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa.
Quand il arrivera, M. Obama aura envoyé à deux reprises dans la région son émissaire Robert Mitchell et rencontré quatre dirigeants arabes ainsi que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, "il pourra donc présenter sa politique".
M. Obama s'est déjà entretenu le mois dernier avec les monarques saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz et jordanien Abdallah II. Il doit recevoir avant début juin les présidents palestinien Mahmoud Abbas et égyptien Hosni Moubarak ainsi que M. Netanyahu.
Les ministres arabes des Affaires étrangères se sont félicités jeudi au Caire du "soutien de l'administration Obama à une solution à deux Etats".
Mais, M. Youssef met en garde contre "un excès d'optimisme qui pourrait naître du nouveau langage" adopté par Washington.
Selon lui, "les Arabes ont informé l'administration Obama des constantes de leur position qui sont très claires: Pas de négociations avec Israël sans un arrêt de la colonisation et des violations israéliennes à Jérusalem, nous n'accepterons pas la politique de petits pas et nous voulons une levée du blocus israélien" imposé à la bande de Gaza depuis la prise de contrôle de ce territoire par le mouvement Hamas en juin 2007.
Par "violations" à Jérusalem, les pays arabes entendent notamment les travaux engagés par Israël près de l'esplanade des Mosquées ainsi que les ordres de destruction de maisons arabes à Jérusalem-est.
Si le vice-président Joe Biden a demandé aux Arabes des "gestes significatifs" pour mettre fin à l'isolement de l'Etat hébreu, ceux-ci sont prêts à faire "des gestes précis et calculés mais seulement si Israël applique ses obligations, en têtes desquelles l'arrêt de la colonisation en Cisjordanie et des violations à Jérusalem-est", selon M. Youssef.
"Les Arabes ne sont absolument pas prêts à des concessions gratuites à Israël alors que son gouvernement adopte des positions extrêmement négatives", a insisté M. Youssef.
M. Netanyahu a jusqu'ici écarté la création d'un Etat palestinien, et insiste sur la nécessité de concentrer les efforts sur le renforcement de l'économie palestinienne.
Des diplomates arabes expriment en privé des doutes sur une percée rapide au Proche-Orient.
"La question est de savoir quand l'administration Obama sera prête à une confrontation avec le gouvernement de Netanyahu et à exercer des réelles pressions sur lui pour l'obliger à changer ses positions", affirme un diplomate arabe.
Le président américain "donne des signaux dans ce sens mais quand pourra-t-il vraiment prendre des mesure concrêtes comme l'avait fait George Bush père", a-t-il ajouté.
Il faisait référence à la décision prise en 1992 par l'ex-président de geler des garanties de crédits à Israël de 10 milliards de dollars pour l'amener à stopper la colonistation en Cisjordanie.
Pour M. Obama, il s'agit d'honorer la promesse de réparer les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman après les crispations causées par l'invasion de l'Irak ou les méthodes de la "guerre mondiale contre le terrorisme" de l'ancien président George W. Bush.
Du coté arabe, on dit surtout attendre une nouvelle politique sur le conflit avec Israel.
"Nous attendons que le président américain annonce sa nouvelle politique vis-à-vis du conflit...

