Le chef d'une milice anti al-Qaïda arrêté en Irak a accusé lundi les autorités irakiennes d'enfreindre l'amnistie octroyée par l'armée américaine aux anciens insurgés reconvertis dans la lutte contre al-Qaïda.
La police irakienne et l'armée américaine ont arrêté samedi soir Mollah Nazim al-Joubouri et deux de ses frères à leur domicile à Dhoulouiyah, un ancien bastion d'al-Qaïda proche de Balad, dans la province de Salaheddine, l'accusant de terrorisme.
Ancien chef d'un groupe lié à al-Qaïda, Joubouri affirme avoir coupé tout lien avec la nébuleuse islamiste en mai 2008, en signant un accord d'immunité avec les forces américaine.
"Nous avons signé un accord de cessez-le-feu avec les forces américaines, et un accord qui nous donne une immunité devant les tribunaux irakiens, même si nous avons tué la moitié de l'armée américaine ou abattu un avion", a déclaré à l'AFP Mollah Nazim al-Joubouri, détenu dans un centre de la police de Balad, à 70 km au nord de Bagdad.
"Cette affaire est liée au fait que j'appartenais auparavant à un groupe armé accusé à tort de meurtres et d'enlèvements", a-t-il affirmé.
Après que Joubouri eut formé sa milice de lutte contre al-Qaïda, il a été la cible de plusieurs tentatives d'assassinats menés par les insurgés, selon la police irakienne.
"Nous avons reçu l'ordre de la cour d'appel de Tikrit, dans la province de Salaheddine, d'arrêter Mollah Nazim al-Joubouri et ses deux frères", a déclaré le colonel Jabbar Abed Oun, de la police de Balad. "Il est accusé d'enlèvement et de meurtre et recherché par la police antiterroriste de Tikrit", a-t-il dit.
Les milices dites "Sahwa" ("réveil" en arabe) sont apparues fin 2006 quand des tribus et d'anciens insurgés ont retourné leurs armes contre al-Qaïda aux côtés des forces américaines. Elles comptent aujourd'hui plus de 90.000 miliciens dans tout le pays.
Elles ont été un des éléments clés de l'amélioration de la sécurité constatée depuis deux ans dans l'essentiel du pays. Mais ces miliciens majoritairement sunnites entretiennent des relations délicates avec le gouvernement dominé par les chiites.
Dans un communiqué, l'armée américaine a confirmé que la police irakienne avait un mandat d'arrêt pour terrorisme contre les trois frères.
"Les forces de la coalition n'ont joué qu'un rôle mineur car les mandats étaient irakiens", a-t-elle dit.
Des dizaines d'entre eux ont été arrêtés, le Premier ministre Nouri al-Maliki affirmant qu'ils n'avaient aucune immunité devant la loi irakienne.
L'arrestation en mars d'Adel Machhadani, chef des Sahwa du quartier pauvre de Fadel à Bagdad --qui fait l'objet de 80 chefs d'accusation, dont racket et meurtres-- avait provoqué les plus graves combats depuis un an dans la capitale, faisant deux morts et 15 blessés.
L'armée américaine a achevé en avril de transférer le contrôle des "Sahwa" au gouvernement irakien, qui a promis d'en absorber 20% dans ses forces de sécurité et de trouver pour les autres des emplois dans la fonction publique.
La disparition programmée des milices a ravivé les craintes que certains d'entre eux regagnent les rangs de l'insurrection.
La police irakienne et l'armée américaine ont arrêté samedi soir Mollah Nazim al-Joubouri et deux de ses frères à leur domicile à Dhoulouiyah, un ancien bastion d'al-Qaïda proche de Balad, dans la province de Salaheddine, l'accusant de terrorisme.
Ancien chef d'un groupe lié à al-Qaïda, Joubouri affirme avoir coupé tout lien avec la nébuleuse islamiste en mai 2008, en signant un accord d'immunité avec les forces américaine.
"Nous avons signé un accord de...

