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Culture - Rencontre

L’orientalisme dans la littérature ibérique contemporaine…

Pour beaucoup, les vrais orientalistes sont Flaubert, Volney, Lamartine et David Roberts. Pour ne citer qu'eux... Mais aujourd'hui, Tomas Alcoverro, correspondant espagnol pour le Moyen-Orient, installé à Beyrouth depuis plus d'un quart de siècle et grand amoureux de la lumière de l'Orient, livre les secrets méconnus de l'orientalisme ibérique contemporain à travers la littérature.
Rencontre avec Tomas Alcoverro, qui vient de donner une percutante conférence à l'institut Cervantès de Beyrouth sur le sujet de « L'image de la Méditerranée orientale dans la littérature hispanique contemporaine ».
Auteur d'essais, de poèmes, de nouvelles et de deux ouvrages (El Decano et Espejismos de Oriente), Alcoverro trace le panorama des œuvres écrites depuis 1925 sur un Orient qui fascine, certes, mais que les auteurs espagnols dissèquent à la loupe et analysent de fond en comble...
 Promenade impromptue avec quelques auteurs à la plume féconde et inspirée qui donnent une image renouvelée et parfois inédite de l'Orient...
De Vicente Blasco Ibanez à Gabriel Miro, en passant par Juan Goytisolo ou Terenci Moix, la vie en Orient est rapportée avec ses couleurs, ses saveurs, ses parfums, ses fantasmes, ses fascinations, ses réserves, mais aussi ses passions et ses emportements.
« J'ai choisi de parler de la littérature orientaliste hispanique et non du mouvement pictural levantin hispanique, car c'est un sujet peu connu du grand public en Orient, dit Alcoverro. Il est vrai que la plupart des gens sont davantage versés dans l'orientalisme français et anglais, et cela est dû à un phénomène politique : l'Espagne n'a pas eu un empire colonial en Orient, mais au Maroc. En abordant ce thème, j'ai voulu jeter la lumière sur les écrivains qui ont été mordus de l'Orient, incluant les rives du Liban, de la Syrie, de la Palestine, de l'Égypte... Sur plus de 260 écrivains, poètes, essayistes et historiens espagnols, on répertorie plus de 712 livres sur cet Orient qui stimule et continue à faire rêver...Tout commence avec Vicente Blasco Ibanez, auteur à la personnalité et à l'écriture originales, et qui n'est jamais tombé dans les clichés de l'époque. Avec le romancier Juan Goytisolo (ami de Jean Genêt), vivant entre Paris et Marrakech, la force de l'identification avec le monde arabe atteint des limites extrêmes avec son roman (le plus célèbre !) La revendication du comte Don Julian. Interdit de publication sous le régime de Franco, Goytisolo marque une ère d'indépendance absolue dans sa vision des choses tout aussi bien que dans ses libertés avec la langue espagnole et sa syntaxe... Pour Terenci Moix, l'identification avec l'Égypte est bourrée de passion et son réalisme peut être qualifié d'exquis. Riosalido, ardent défenseur des valeurs arabes et ambassadeur en Syrie, a même écrit en arabe (zajal et quassida)... Consul à Beyrouth, grand poète catalan, candidat au prix Nobel, Josep Carner, fin observateur, a les plus belles pages poétiques concernant les paysages de l'Orient. On cite volontiers aussi un grand succès de librairie avec La passion turque d'Antonia Gala, où érotisme et exotisme font bon ménage... Outre l'aspect exotique, l'Orient reste sans nul doute un vif centre d'intérêt pour beaucoup d'auteurs. On s'intéresse et on se passionne pour l'histoire contemporaine, car on commence à mieux connaître la région qu'il y a un demi-siècle... Mais c'est aussi une riche expérience que de se confronter à "l'autre" et mieux le connaître. Je ne fais pas de jugement de valeurs dans mon analyse de ces textes et de ces auteurs. Avec humour, fantaisie, réalisme ou insatiable curiosité, il est évident que l'éclairage de l'orientalisme hispanique littéraire contemporain n'a pas encore dit son dernier mot...»
Rencontre avec Tomas Alcoverro, qui vient de donner une percutante conférence à l'institut Cervantès de Beyrouth sur le sujet de « L'image de la Méditerranée orientale dans la littérature hispanique contemporaine ». Auteur d'essais, de poèmes, de nouvelles et de deux ouvrages (El Decano et Espejismos de Oriente), Alcoverro trace le panorama des œuvres écrites depuis 1925 sur un Orient qui fascine, certes, mais que les auteurs espagnols dissèquent à la loupe et analysent de fond en comble... Promenade impromptue avec quelques auteurs à la plume féconde et inspirée qui donnent une image renouvelée et parfois inédite de l'Orient... De Vicente Blasco Ibanez à Gabriel Miro, en passant par Juan Goytisolo...
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