Les journaux européens dénoncent mardi les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur Israël à la Conférence contre le racisme de Genève, tout en soulignant que ce discours prévisible discréditait l'ONU et posait la question de l'utilité d'une telle réunion.
La presse allemande consacrait une large place au "scandale" provoqué par le président iranien: "Discours de haine à Genève", titre en "Une" la Frankfurter Rundschau. "Ahmadinejad abuse la conférence de l'ONU", résume Die Welt.
En France, Libération regrette que la conférence, une "caricature de diplomatie onusienne, ait offert une tribune et des applaudissements à un président adepte de la lapidation, homophobe et antisémite".
En Russie, les Izvestia, proches du Kremlin, estiment que "le président iranien a fait échouer la conférence" avec "un discours extrêmement rigide". "Le président iranien a combattu le racisme par l'antisémitisme", ironise de son côté Vremia Novosteï.
"La prestation du président Ahmadinejad a confirmé sa détermination à rester le roi officieux des empêcheurs de tourner en rond, celui qui n'hésite pas à dire l'indicible", selon le Times de Londres.
"Tout ce cinéma n'aurait guère d'importance" si "ce genre de diatribe ne pouvait entraîner "l'un des conflits les plus dangereux de l'histoire moderne", prévient-il toutefois.
Au delà du discours du président iranien, la presse européenne s'interroge sur l'attitude des autres pays et de l'utilité d'un boycott.
En Italie, le quotidien économique Il Sole 24 Ore considère que Rome "a bien fait de ne pas participer à la réunion".
En Allemagne, certains journaux félicitent le gouvernement d'Angela Merkel d'avoir boycotté la conférence à Genève.
Mais d'autres, comme le Frankfurter Rundschau, jugent à l'inverse le boycott contre-productif car il a donné un "écho maximal" au discours du président iranien.
"Ahmadinedjad n'est pas le seul fautif, ceux qui ont refusé de venir également", commente le quotidien russe Rossiiskaïa Gazeta.
A Paris, Le Monde critique aussi la stratégie du boycott, qui laisse aux adversaires des démocraties "le champ libre et tout loisir d'utiliser l'ONU comme caisse de résonance".
Au Portugal, le quotidien de référence Publico étrille "les délégués des 23 Etats membres (de l'Union européenne) qui ont décidé d'aller faire les clowns" en se présentant "sans politique commune et dans l'attente d'un compromis impossible". Pas étonnant, dès lors, d'assister au "spectacle grotesque" d'une conférence contre le racisme "qui devient une conférence raciste", assène-t-il.
Résultat, explique le quotidien danois Berlingske Tidende, "Ahmadinejad a obtenu ce qu'il cherchait" et peut "s'attendre à voir encore plus de partisans dans les rues arabes". Le départ de la salle de la conférence des pays de l'UE au moment de son discours "confirme simplement aux yeux de la population arabe que l'Occident protège Israël", explique-t-il.
Nombre de quotidiens doutent dans ces conditions de l'utilité d'une telle conférence. En Autriche, Die Presse la juge "aussi inutile qu'un congrès contre le mauvais temps". "L'objectif de cette grotesque conférence de l'ONU reste un mystère", renchérit le quotidien tchèque DNES.
Au final, conclut le quotidien espagnol El Mundo, "la conférence (...) a un futur incertain dont seront victimes ceux qui souffrent de la discrimination raciale, de l'intolérance et de la xénophobie".
La presse allemande consacrait une large place au "scandale" provoqué par le président iranien: "Discours de haine à Genève", titre en "Une" la Frankfurter Rundschau. "Ahmadinejad abuse la conférence de l'ONU", résume Die Welt.
En France, Libération regrette que la conférence, une "caricature de diplomatie onusienne, ait offert une tribune et des applaudissements à un président adepte de la lapidation, homophobe et...

