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Obama en Turquie pour raffermir les liens avec un État musulman

Le président américain Barack Obama rencontre lundi à Ankara les dirigeants turcs pour raffermir les liens stratégiques entre les deux alliés éprouvés par la guerre en Irak, et ancrer cet Etat musulman à l'Ouest.

Avant de quitter Prague dimanche, M. Obama a défendu l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, donnant le signal de sa visite: regagner la confiance de ce pays d'importance géostratégique, qui aspire à rejoindre le bloc européen.

"Bravo Obama!" se félicitait ainsi en une le journal à grand tirage Sabah, saluant le geste d'Obama qui a déplu cependant au président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier a réitéré haut et fort son opposition à une adhésion turque.

Michelle Obama n'accompagne pas son époux à Ankara. Elle a regagné Washington après les déplacements de son mari en Europe.

Le président Obama devait entamer son programme officiel à Ankara par une visite au mausolée du fondateur de la Turquie moderne Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) qui a donné naissance en 1923 à une République laïque sur les cendres de l'empire ottoman.

Un empire accusé d'avoir perpétré à son déclin un "génocide" envers sa population arménienne, de 1915 à 1917. Ankara souhaite que M. Obama renonce à qualifier de génocide les massacres d'Arméniens, revenant sur ses déclarations pendant sa campagne électorale.

Il devait ensuite avoir un tête-à-tête avec son homologue turc Abdullah Gül avant que les deux hommes ne s'adressent à la presse.

Après un discours au Parlement, M. Obama est attendu à Istanbul, où il rencontrera mardi les chefs des communautés religieuses, puis un groupe d'étudiants, et visitera deux mosquées.

"Le président va réaffirmer son sentiment que la Turquie est un allié déterminant, et constitue une partie importante de l'Europe. Il a voulu se rendre en Turquie parce qu'il pense qu'il faut relancer les relations entre les deux pays, distendues ces dernières années", a déclaré dimanche à la presse un responsable américain faisant partie de la délégation d'Obama qui effectue sa première visite dans un pays musulman.

Les relations entre les deux alliés de l'Otan s'étaient tendues en 2003, après l'intervention militaire américaine en Irak, à laquelle les Turcs se sont opposés en refusant d'ouvrir leurs frontières aux troupes américaines pour une invasion par le nord.

Les choses se sont améliorées depuis, les Etats-Unis fournissant des renseignements à l'armée turque pour déloger les séparatistes kurdes du nord de l'Irak, d'où ils attaquent la Turquie.

Selon le même responsable, M. Obama souhaite discuter des défis régionaux communs tels que "la menace terroriste, la guerre en Afghanistan, les relations avec l'Iran, et l'objectif partagé d'une paix durable entre Israël et ses voisins."

La Turquie est une alliée d'Israël et joue les intermédiaires dans des négociations entre l'Etat hébreu et la Syrie, et partage des frontières avec l'Irak et l'Iran.

Lors de sa tournée, M. Obama a réclamé de ses alliés l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, où la Turquie a 900 hommes. Ankara ne souhaite pas pour l'instant aller au delà.

Un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place à l'occasion de la visite d'Obama. 4.000 policiers sont à pied d'oeuvre dans la capitale alors que près de 9.000 autres doivent assurer la sécurité à Istanbul, littéralement en état de siège, où plusieurs artères ont été fermées.

Le président américain Barack Obama rencontre lundi à Ankara les dirigeants turcs pour raffermir les liens stratégiques entre les deux alliés éprouvés par la guerre en Irak, et ancrer cet Etat musulman à l'Ouest.
Avant de quitter Prague dimanche, M. Obama a défendu l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, donnant le signal de sa visite: regagner la confiance de ce pays d'importance géostratégique, qui aspire à rejoindre le bloc européen.
"Bravo Obama!" se félicitait ainsi en une le journal à grand tirage Sabah, saluant le geste d'Obama qui a déplu cependant au président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier a réitéré haut et fort son opposition à une...