Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est déclaré vendredi à Londres "personnellement opposé" à la candidature de son homologue danois, Anders Fogh Rasmussen, à la tête de l'Otan, évoquant une possible défaillance de l'Alliance atlantique dans ses missions.
"Je suis personnellement opposé (...) Je doute de ses capacités à contribuer à la paix mondiale", a-t-il dit en réponse à une question lors d'un discours suivi d'une série de questions-réponses au centre de recherches de Chatham House.
Il a fait ces déclarations alors qu'un sommet de l'Otan se réunissait à Strasbourg (France) et à Kehl (Allemagne), et que M. Rasmussen a officialisé jeudi soir à Bruxelles sa candidature au poste de secrétaire général, selon la presse danoise.
M. Erdogan a notamment cité en exemple l'affaire des caricatures de Mahomet, publiées par un journal danois en 2005, et qui avaient indigné le monde musulman, dont la Turquie. M. Rasmussen avait défendu ces dessins satiriques au nom de la liberté d'expression.
"Nous ne voulons surtout pas que l'Otan perde de son pouvoir", si M. Rasmussen était désigné comme nouveau secrétaire général, a souligné M. Erdogan. "Comment ceux qui n'ont pu contribuer à la paix pourraient-ils le faire dans l'avenir? Nous avons des doutes", a-t-il dit.
Il a aussi reproché au Premier ministre libéral danois de n'avoir pas, "ou de n'avoir pas voulu" interdire une chaîne de télévision kurde, Roj, basée au Danemark et considérée comme une vitrine des rebelles séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).
"J'ai personnellement fait une demande au Premier ministre pour la fermeture de cette chaîne. Mais cela n'a pas été fait", a-t-il dit.
M. Erdogan, qui se trouvait à Londres pour le sommet du G20, avait déjà exprimé son opposition à la candidature de M. Rasmussen lors d'un entretien à une chaîne de télévision turque, mais pas en des termes aussi clairs.
La Turquie est le seul pays musulman de l'Otan et la deuxième puissance en terme du nombre de soldats (environ 520.000), après les Etats-Unis.
M. Rasmussen est considéré comme le candidat le mieux placé pour succéder au Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer en août. La plupart des grandes puissances de l'Otan, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, soutiendraient sa nomination.
Le chef de l'Etat turc Abdullah Gül qui représente la Turquie au sommet de l'Otan, semble être plus conciliant au sujet de la nomination.
"Les décisions prises à l'Otan sont parfois douloureuses et longues. Mais en fin de compte elles sont prises à l'unanimité et sur la base du gagnant-gagnant", a déclaré M. Gül avant de s'envoler au sommet.
"Ce qui importe pour nous c'est que l'Alliance soit forte et puisse accomplir ses fonctions de la meilleure manière possible", a-t-il ajouté.
Lors d'un récent déplacement à Bruxelles, il avait laissé entendre que son pays ne bloquerait pas la désignation du Premier ministre danois. Le gouvernement turc est toutefois la seule instance à prendre la décision finale.
"Je suis personnellement opposé (...) Je doute de ses capacités à contribuer à la paix mondiale", a-t-il dit en réponse à une question lors d'un discours suivi d'une série de questions-réponses au centre de recherches de Chatham House.
Il a fait ces déclarations alors qu'un sommet de l'Otan se réunissait à Strasbourg (France) et à Kehl (Allemagne), et que M. Rasmussen a officialisé jeudi soir à Bruxelles sa...

