Rechercher
Rechercher

Culture

Rétrospective Giorgio de Chirico, peintre « métaphysique », à Paris

Giorgio de Chirico (1888-1978), peintre «métaphysique» adoré puis renié par les surréalistes, fait l'objet de la première rétrospective jamais dédiée à son oeuvre en France, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, jusqu'au 24 mai, écrit Fabienne Faur.
Quelque 170 toiles, sculptures et dessins du peintre italien venues de collections publiques et privées sont exposés dans «Giorgio de Chirico, la fabrique des rêves», dont l'objectif est de «rétablir l'unité» de 70 ans de peinture, a indiqué à l'AFP la commissaire Jacqueline Munck.
Il s'agit «d'aller à l'encontre des surréalistes» qui, après avoir considéré le peintre comme le «père» du mouvement, l'ont condamné et accusé de régression par un retour au classicisme. Pour eux, «Chirico était mort en 1918», ajoute la commissaire.
Or, ce fil conducteur d'une peinture métaphysique, où le réel se même à l'irréel, où le réel est «révélé» par le rêve, court sur les 70 ans de l'œuvre d'un artiste mort très âgé, à 90 ans, et qui a travaillé jusqu'à ses derniers instants, ajoute Mme Munck.
De Chirico est né en Grèce où se sont installés ses parents italiens. Le père, ingénieur des chemins de fer, installe des lignes ferroviaires. Enfant surdoué en dessin, Giorgio apprend l'art à Athènes puis à Munich où va vivre sa mère, veuve, avec ses deux enfants.
Il y admire l'œuvre du peintre symboliste Arnold Böcklin, où se croisent paysages irréels et animaux
étranges.
Quand il arrive à Paris en 1911, «c'est un ovni», dit Mme Munck, avec ces paysages métaphysiques qui font son succès et sa renommée, toujours aujourd'hui.
Dans L'énigme d'un jour comme La récompense du devin ou Place avec Ariane, d'immenses places décorées d'une statue antique sont encadrées par des arches, des tours qui semblent inhabitées. De minuscules personnages sont perdus dans l'espace. Au loin, des silhouettes de trains à vapeur - souvenirs du père - traversent mystérieusement la toile.
«C'est un mélancolique», dit la commissaire, qui s'enferme sur lui-même et s'évade par les images. Petit à petit, le peintre élimine l'homme de sa peinture et ne le représente plus que par le biais de mannequins, comme ceux que l'on trouve à la vitrine de boutique.
Pourtant, en 1925, et de là date sa rupture avec les surréalistes, ses thèmes s'enrichissent. Il peint des gladiateurs «en se servant des codes du classicisme, mais de manière ironique vis-à-vis de la tradition», dit Mme Munck. Les combats devraient «mettre aux prises de grands costauds, mais ce sont de vraies statues. C'est du cinéma, de la pantomime», ajoute-t-elle.
L'exposition consacre une section au «musée imaginaire», peu connu, que s'est constitué le peintre. De retour en Italie dans les années 20, il a visité les grands musées et copié, à sa manière, les maîtres comme Raphaël, Titien, Veronese ou Fragonard. Il cherche les secrets anciens, réapprend à broyer les pigments. Il se peint lui-même, comme le montrent ses nombreux autoportraits.

Giorgio de Chirico (1888-1978), peintre «métaphysique» adoré puis renié par les surréalistes, fait l'objet de la première rétrospective jamais dédiée à son oeuvre en France, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, jusqu'au 24 mai, écrit Fabienne Faur. Quelque 170 toiles, sculptures et dessins du peintre italien venues de collections publiques et privées sont exposés dans «Giorgio de Chirico, la fabrique des rêves», dont l'objectif est de «rétablir l'unité» de 70 ans de peinture, a indiqué à l'AFP la commissaire Jacqueline Munck.Il s'agit «d'aller à l'encontre des surréalistes» qui, après avoir considéré le peintre comme le...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut