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Culture - Vient De Paraître

La vie antérieure tel un thriller poétique…

Poésie, humour, sensualité, Orient troublant et troublé, choc des images, chats errants ou choyés, personnages cocasses et disjonctés, voilà le fond de décor de « La revenante », le dernier roman, plus baroque, improbable et invraisemblable que jamais, de Vénus Khoury-Ghata.
Trente-huitième opus de Vénus Khoury-Ghata qui a fait de la francophonie son cheval de bataille et de l'écriture son occupation favorite. Fidèle à son inspiration de toujours, c'est-à-dire un mélange d'images insolites, de passions débridées, d'humour noir et grinçant, de défense de la liberté de la femme, de personnages extravagants et d'un Orient coloré aux parfums tenaces, l'auteur de Bayarmine ajoute à ses thèmes de prédilection l'insoluble sujet de la réincarnation et des vies antérieures...
Cela donne un roman loufoque, au sens distillé au goutte-à-goutte, pas souvent crédible, plus proche d'un thriller poétique délirant aux divagations certes amusantes mais guère convaincantes. Il y a là l'impression d'un ouvrage bâclé.
 En devanture des librairies donc, La revenante de Vénus Khoury-Ghata (éditions Écriture - 203 pages) dont l'action se passe au Djebel druze en Syrie où les «pierres sont rancunières»... Pour la réincarnation et les métempsychoses, le cadre est par conséquent taillé sur mesure.
Juin 1941. Trois officiers français des troupes du Levant sont ensevelis sous les décombres d'un temple. Cinquante ans plus tard, les trois corps exhumés sont ceux de deux hommes et d'une femme.
Quel meilleur terreau pour piquer la curiosité d'une romancière et l'inviter à se pencher sur cette énigme, et d'en éplucher les parties sombres et empoussiérées ?
Pour percer le mystère et nourrir sa plume gourmande, VKG plonge à corps perdu (et plume éperdue), en archéologue surréaliste et peu portée aux précisions scientifiques, dans un monde onirique où passé et présents se recoupent et se rejoignent en constants flash-back. Et elle tente de dénuder lentement une vérité qui se dérobe comme du
mercure...
Un accident de voiture, un coma, suivis d'hallucinations, de rencontres, de visions, de hasards : Laura, jeune Française de 25 ans, serait-elle Nora ? Et s'enclenche une histoire un peu abracadabrante et confuse d'où surgissent un émir autoritaire, sa fille amoureuse d'un Français, un commandant bourru et sa vamp de femme aux désirs de séduction inassouvis... Avec des scènes coquines (notamment ce désopilant dîner au style colonialiste chez l'émir), peintes en touches chargées de sarcasme et de dérision, dignes parfois du libertinage et des mélodrames ampoulés des films égyptiens en noir et blanc...
Entre paraboles, dictons truffés de mots mâtinés de résonance arabe, aphorismes levantins, et vagabondage de l'esprit et de l'imaginaire, VKG entonne un luron et vibrant hymne à la dualité de la vie et de la mort. Hymne englobant aussi la dualité du rêve et de la réalité, de l'opulence et du dénuement, du désir et de la frustration, de la stabilité et de l'errance, de l'enracinement et de l'exil...
Mais avant de s'ériger en une impénitente conteuse, au verbe enfiévré et débridé, sans contrainte logique, Vénus Khoury-Ghata est une grande amoureuse des vocables. Sa poésie et son goût des sonorités de tout vent le certifient. Peu lui importe d'être crédible, elle voudrait surtout entraîner le lecteur dans le sillage de ses mots. Elle n'est pas une « hakawati » au sens conventionnel du terme, mais une « fouilleuse » de mots pour le plaisir des images qu'ils suscitent et des sons qu'ils font résonner... 
Trente-huitième opus de Vénus Khoury-Ghata qui a fait de la francophonie son cheval de bataille et de l'écriture son occupation favorite. Fidèle à son inspiration de toujours, c'est-à-dire un mélange d'images insolites, de passions débridées, d'humour noir et grinçant, de défense de la liberté de la femme, de personnages extravagants et d'un Orient coloré aux parfums tenaces, l'auteur de Bayarmine ajoute à ses thèmes de prédilection l'insoluble sujet de la réincarnation et des vies antérieures... Cela donne un roman loufoque, au sens distillé au goutte-à-goutte, pas souvent crédible, plus proche d'un thriller poétique délirant aux divagations certes amusantes mais guère...
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