Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a exhorté jeudi la Turquie à respecter la liberté et l'indépendance des médias, après la récente condamnation à une amende du premier groupe de presse turc, qui a aussi vu ses comptes bancaires gelés.
"Le plein respect de la liberté de la presse est une valeur importante pour nous" dans l'Union européenne, de même que le respect de son "indépendance et du pluralisme" des médias, a déclaré M. Barroso lors d'une conférence de presse aux côtés du président turc Abdullah Gül, qu'il venait de recevoir.
"Il est très important d'avoir un respect entier de ce droit fondamental", a-t-il ajouté.
M. Barroso était interrogé sur l'amende de 500 millions de dollars pour fraude fiscale récemment infligée par la direction des impôts en Turquie au groupe Dogan, numéro un turc des médias, qui y voir un sanction politique du gouvernement destinée à museler la presse.
"Nous respectons tout-à-fait la souveraineté" des Etats "sur les questions fiscales", a dit M. Barroso, "en même temps j'ai exprimé notre préoccupation au président (Gül) au sujet de toute décision qui pourrait remettre en cause le pluralisme nécessaire de la presse et sa liberté entière".
Le fisc turc reproche au groupe Dogan, propriétaire entre autres des quotidiens Hürriyet et Milliyet et de chaînes de télévisions comme CNN-Türk, des retards d'impôts, ce que le groupe nie, affirmant avoir payé à temps.
Dogan et l'opposition au Parlement ont vu dans cette condamnation une nouvelle offensive du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan contre la liberté de la presse.
Le groupe a annoncé avoir été l'objet d'un gel de ses comptes bancaires à la suite de sa condamnation, et a parlé d'une "violation de la loi".
Le président turc Abdullah Gül se trouvait à Bruxelles pour tenter de dynamiser les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, qui n'avancent que très lentement.
"La Turquie et l'Union européenne ont un lien stratégique de long terme", a dit M. Barroso.
Mais il a aussi appelé Ankara à oeuvrer pour aider à ce que les négociations sur la réunification de Chypre, engagées il y a six mois, aboutissent. Chypre est divisée depuis 1974, à la suite de l'invasion par l'armée turque du nord de l'île.
"Il est important que ceux qui ont des liens avec le problème, à savoir la Turquie et d'autres, fassent preuve de bonne volonté et jouent les bons offices pour essayer de parvenir à une solution", a dit M. Barroso.
L'année 2009 pourrait être une année de vérité pour l'avenir des relations entre Ankara et Bruxelles puisque la date limite fixée par l'UE pour l'application par la Turquie de l'union douanière à la République de Chypre sera atteinte à la fin de l'année. Un blocage pourrait être lourd de conséquences pour l'adhésion turque.
Seuls 10 des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les négociations d'adhésion ont été ouverts et plusieurs Etats, dont la France, sont hostiles à une pleine adhésion de la Turquie. Huit autres chapitres sont gelés depuis décembre 2006 en raison du refus turc d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions de la République de Chypre, qu'Ankara ne reconnaît pas.
"Le plein respect de la liberté de la presse est une valeur importante pour nous" dans l'Union européenne, de même que le respect de son "indépendance et du pluralisme" des médias, a déclaré M. Barroso lors d'une conférence de presse aux côtés du président turc Abdullah Gül, qu'il venait de recevoir.
"Il est très important d'avoir un respect entier de ce droit fondamental", a-t-il ajouté.
M. Barroso...

