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Koweït : le Parlement dissout, des élections anticipées à la mi-mai

Le Parlement koweïtien a été dissous et des élections anticipées seront organisées à la mi-mai dans ce riche émirat du Golfe en vertu d'un décret de l'émir, deux jours après la démission du gouvernement au terme d'un nouveau conflit avec le législatif.

Dans un discours à la nation, l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a justifié ces mesures par "des agissements déplorables (d'élus) qui ont nui à la démocratie" et qui ont "entravé la coopération souhaitée entre le législatif et l'exécutif".

Il a vivement critiqué les députés pour avoir outrepassé les prérogatives que leur accorde la Constitution, avertissant qu'il "n'hésitera pas à prendre les mesures nécessaires pour préserver la sécurité et la stabilité du pays et à sauvegarder ses intérêts".

Ces mesures avaient été annoncées à l'AFP peu auparavant par une source gouvernementale, ajoutant que des élections anticipées devront être organisées vers la mi-mai.

La Chambre est ainsi dissoute pour la deuxième mois depuis mai 2008 et la troisième depuis juin 2006.

L'émir avait accepté lundi la démission du gouvernement de son neveu, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah, et lui avait demandé d'expédier les affaires courantes. Le gouvernement a démissionné après une dispute avec des élus.

Le chef du gouvernement était sous la menace d'un interrogatoire au Parlement, cinq députés islamistes l'accusant de mauvaise gestion, de violation de la Constitution et de manque de prudence dans la politique économique, outre des détournements de fonds publics.

La dissolution de la Chambre est intervenue après une réunion mercredi de la famille régnante des Al-Sabah, qui a décidé cette mesure ainsi que la nomination d'un nouveau Premier ministre, selon des élus.

Le prince héritier, cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, un demi-frère de l'émir, va devenir Premier ministre après le scrutin législatif, a précisé à l'AFP un parlementaire.

Le Koweït a été frappé par une série de crises politiques au cours des dernières années comme il a été touché de plein de fouet par la crise économique mondiale et la chute des cours du brut.

Les marchandages politiques sont considérés comme l'une des raisons qui empêchent le pays de lancer de grands projets et de moderniser son économie malgré d'énormes revenus pétroliers.

L'émirat dispose de quelque 300 milliards de dollars de surplus investis essentiellement aux Etats-Unis et en Europe.

En décembre, le Koweït avait, sous la pression des députés, annulé un méga-contrat de partenariat de 7,5 milliards de dollars avec la firme américaine Dow Chemical, après que des élus eurent remis en cause sa faisabilité.

Dimanche, le Premier ministre a annoncé que son gouvernement renonçait à une nouvelle raffinerie de pétrole pour 15 milliards de dollars et d'une capacité de production de 630.000 barils/jour, un projet dénoncé par des députés.

Un plan de relance économique soutenu par le gouvernement pour aider les compagnies d'investissement et des banques locales en difficulté a été bloqué à la Chambre pendant six semaines en raison d'une opposition parlementaire.

Bien que le Parlement dispose de larges prérogatives législatives et de contrôle sur le gouvernement, il ne peut pas voter de motion de censure contre le gouvernement mais uniquement contre des ministres pris individuellement.

Mardi, plusieurs députés avaient laissé entendre que l'émir pourrait suspendre le Parlement pour deux ans en raison de la crise actuelle.

Depuis que le Koweït a choisi le système parlementaire en 1962, le Parlement a été suspendu deux fois en raison de conflits entre des élus et l'exécutif: la première en 1976 avait duré cinq ans et la seconde, décidée en 1986, six ans.

Le Parlement koweïtien a été dissous et des élections anticipées seront organisées à la mi-mai dans ce riche émirat du Golfe en vertu d'un décret de l'émir, deux jours après la démission du gouvernement au terme d'un nouveau conflit avec le législatif.
Dans un discours à la nation, l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a justifié ces mesures par "des agissements déplorables (d'élus) qui ont nui à la démocratie" et qui ont "entravé la coopération souhaitée entre le législatif et l'exécutif".
Il a vivement critiqué les députés pour avoir outrepassé les prérogatives que leur accorde la Constitution, avertissant qu'il...