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Cette année, les Libanais auront la tête dans les étoiles

Quelle place pour l’astronomie au Liban ?

À première vue, on pourrait se dire que l'astronomie est un domaine bien sophistiqué pour un pays comme le Liban. Mais il est utile de savoir que cinq astrophysiciens enseignent actuellement dans plusieurs universités, qu'ils forment désormais un groupe de travail, que, sous la houlette du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) et des universités, plus d'un projet de recherche sont initiés, et que les activités destinées au grand public ont commencé depuis plusieurs années déjà. Outre Roger Hajjar, astrophysicien à la NDU et coordinateur de la campagne nationale, il y a Bassem Sabra (NDU), Mounib el-Eid (AUB), Jihad Touma (AUB) et Jamal Bitar, directeur de l'École évangélique de Tripoli.
Roger Hajjar, qui a fondé le club d'astronomie de la NDU, affirme qu'il en existe plusieurs autres actuellement, notamment dans les universités qui ont des cours d'astronomie ou d'astrophysique dans leurs cursus de physique, comme l'Université libanaise, l'Université Saint-Joseph, l'AUB et l'Université arabe, sans compter la NDU. « Je constate qu'il y a de plus en plus d'amateurs, souligne-t-il. Nous tentons de nous organiser. Les clubs coordonnent entre eux et comptent fonder une association. Pour l'instant, nous formons le Groupe libanais d'astronomie. »
Roger Hajjar rappelle qu'en juillet 2008, les astronomes avaient placé leurs télescopes à Aïn Mreïssé pour permettre aux passants d'observer le ciel, avec de la musique et une bonne dose d'ambiance. Idem à Saïda et à Nabatiyeh. « Les gens se sont montrés très intéressés », indique-t-il. Ce n'était pas la première activité du genre.
Fait-on de la recherche dans ce domaine au Liban ? « Il y a différents niveaux de recherche à entreprendre, précise le professeur. Toutes les informations issues des différents satellites et des observations terrestres sont stockées dans des bases de données sur Internet. Certains projets reposent sur ces bases de données. Il y a, à titre d'exemple, des recherches sur des étoiles spécifiques, ou alors des sujets plus théoriques. »
M. Hajjar souligne que deux projets de recherche sont actuellement financés par le CNRS et occupent les astrophysiciens au Liban, regroupés dans le cadre de la Task Force. Le premier porte sur l'étude et l'observation des étoiles actives (celles qui varient dans certaines de leurs propriétés). Pour cela, le télescope de la NDU est mis à contribution, ainsi que des simulations numériques effectuées à l'AUB.

Vers un observatoire national
Le second projet est particulièrement important : il consiste à rechercher, à la demande du CNRS, le meilleur site pour la construction d'un futur observatoire. Pour cela, les astrophysiciens inspectent des lieux possibles, étudient des archives météorologiques. La source de financement éventuelle d'un tel projet national n'est pas encore connue. « L'installation d'un observatoire avec un grand télescope surmonté d'un dôme facilitera la recherche et la dynamisera (puisque, quand on acquiert un télescope, mieux vaut l'utiliser), mais favorisera aussi un certain genre de tourisme, estime M. Hajjar. Pour l'instant, nous recherchons toujours le site idéal. Le plus grand problème auquel nous faisons face est la pollution lumineuse, en raison de l'urbanisation qui a atteint pratiquement toutes les contrées. »
Comment se place le Liban dans la région ? « À un niveau régional, nous pouvons considérer que nous avons dépassé de loin en nombre d'experts la Jordanie, la Syrie, l'Irak et même les pays du Golfe, précise-t-il. Dans les pays d'Afrique du Nord, le nombre d'astrophysiciens reste légèrement plus élevé qu'ici. Et, vu que des cours d'astrophysique sont donnés actuellement dans plusieurs établissements, il y a possibilité d'embaucher encore plus de spécialistes. »
Actuellement, outre les astrophysiciens au Liban, il y a une vingtaine d'experts d'origine libanaise exerçant de par le monde, qui seront à Beyrouth en avril. « Nous remarquons qu'il y a un grand nombre de femmes parmi eux, fait-il remarquer. C'est peut-être lié au fait qu'elles sont plus libres de choisir leur spécialité que les hommes, que les familles ont tendance à diriger davantage les jeunes, chez nous, vers des domaines plus lucratifs. »
Comment justifier l'intérêt pour l'astronomie ? « D'une part, l'astronomie est un très bon facteur pour l'invention de nouvelles technologies qui serviront dans d'autres domaines également, parce que les astrophysiciens sont obligés d'utiliser et de développer un matériel de pointe, explique M. Hajjar. D'autre part, à un niveau éducatif, cela aide à populariser les sciences et développer l'intérêt pour le domaine scientifique. »
Y a-t-il des applications pratiques à l'astronomie ? « Pas directement, mais il y a des retombées sur certains secteurs comme la mesure du temps par exemple, explique M. Hajjar. Il faut préciser que beaucoup d'instruments proviennent à la base de l'astronomie. »
L'expert, qui se dit lui-même intéressé par la formation des étoiles, rappelle que les découvertes mondiales importantes abondent ces dernières années, mais que la découverte majeure reste probablement celle des planètes extrasolaires, en d'autres termes des planètes qui tournent autour d'autres étoiles.
À première vue, on pourrait se dire que l'astronomie est un domaine bien sophistiqué pour un pays comme le Liban. Mais il est utile de savoir que cinq astrophysiciens enseignent actuellement dans plusieurs universités, qu'ils forment désormais un groupe de travail, que, sous la houlette du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) et des universités, plus d'un projet de recherche sont initiés, et que les activités destinées au grand public ont commencé depuis plusieurs années déjà. Outre Roger Hajjar, astrophysicien à la NDU et coordinateur de la campagne nationale, il y a Bassem Sabra (NDU), Mounib el-Eid (AUB), Jihad Touma (AUB) et Jamal Bitar, directeur de l'École évangélique de Tripoli. Roger Hajjar, qui a...