L'Irak est en train de regagner sa place au Moyen-Orient et n'est plus vu comme une marionnette des Etats-Unis, d'autant plus qu'il ne figure plus en tête des priorités de Washington, affirme le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, dans une interview à l'AFP.
"On m'a interrogé récemment sur le fait que l'Irak ne constituait pas la première des priorités pour la nouvelle administration (de Barack Obama). Pour moi, c'est une bonne nouvelle de ne plus être (dans) une situation de crise, de ne plus être la première des priorités", dit-il.
M. Zebari attribue cette nouvelle image à l'accord de sécurité signé avec les Etats-Unis en novembre, mais aussi au fait que Washington s'est tourné vers des sujets plus brûlants, comme l'Afghanistan et la crise financière.
Toutefois, "nous avons des problèmes politiques, des tensions sur les réformes constitutionnelles, la loi sur le pétrole, les performances du gouvernement", a-t-il dit. Pour Bagdad, ces questions "font partie (du processus) de réconciliation".
M. Zebari, un Kurde, a également cité les bonnes relations avec Téhéran, bête noire des Etats-Unis, comme un autre exemple de la capacité de l'Irak à s'affranchir de la tutelle américaine.
"Nous avons prouvé que quels que soient les différends entre les Etats-Unis et un pays voisin, nous avons nos propres intérêts et prenons nos propres décisions", affirme-t-il.
L'image de l'Irak a également évolué depuis 2003 dans le monde arabe, selon lui.
"Maintenant, l'impression a complètement changé, surtout après l'accord avec les Etats-Unis et la manière dont nous l'avons débattu au Parlement et dans les médias", a-t-il estimé.
"Tout cela a envoyé des signaux positifs", a-t-il affirmé, évoquant l'ouverture de plusieurs ambassades arabes à Bagdad et le fait que plusieurs responsables arabes étaient attendus pour discuter, en priorité, de questions économiques.
"Le Premier ministre syrien et le ministre des Affaires étrangères viendront bientôt", a-t-il affirmé. "Nous pensons à rouvrir notre oléoduc à travers la Syrie vers la Méditerranée, c'est une question-clé".
D'après lui, les relations entre Bagdad et Damas se sont "bien améliorées".
"Il y a moins d'inflitrations venant de la frontière syrienne. (Le flux) ne s'est pas arrêté mais les Syriens ont pris des mesures, et ils ont aussi senti que cela allait se retourner contre eux".
M. Zebari a reconnu que l'Iran avait de l'influence sur le nouvel Irak, où les chiites sont majoritaires.
"Ils ont de l'influence, je dois être honnête (..). Mais notre attitude est de traiter l'un avec l'autre en tant que pays souverain, par le biais de canaux officiels", a-t-il dit.
Mais "dire qu'ils nous dictent (notre politique), cela est faux", a-t-il ajouté, citant l'opposition de Téhéran au pacte de sécurité avec Washington.
"Nous leur avons dit que c'était une décision irakienne souveraine. Ils ont pris cela comme un signe, je pense, que l'Irak affirme plus son indépendance", selon M. Zebari.
Même les relations avec le Koweït, que l'Irak a envahi en 1990, ont connu de gros progrès, selon le ministre.
Le Premier ministre koweïtien, cheikh Mohammed Sabah al-Sabah, est d'ailleurs bientôt attendu pour la première fois à Bagdad, pour discuter de questions épineuses comme la délimitation des frontières et les milliards de dollars de compensations réclamés par Koweït.
"On m'a interrogé récemment sur le fait que l'Irak ne constituait pas la première des priorités pour la nouvelle administration (de Barack Obama). Pour moi, c'est une bonne nouvelle de ne plus être (dans) une situation de crise, de ne plus être la première des priorités", dit-il.
M. Zebari attribue cette nouvelle image à l'accord de sécurité signé avec les Etats-Unis en novembre, mais aussi au fait que Washington s'est tourné vers des sujets plus brûlants,...

