20e anniversaire du retrait russe d’Afghanistan : des leçons pour l’Occident
OLJ /
le 16 février 2009 à 23h36
La Russie a célébré hier la 20e commémoration du retrait des forces soviétiques d'Afghanistan. Le 15 février 1989, le dernier soldat soviétique quittait le sol de l'Afghanistan, tournant la page sur une guerre que l'URSS pensait ne devoir être qu'une brève incursion pour soutenir ses alliés afghans, mais qui fut en réalité une lutte sanglante s'étirant sur près de dix ans. Plus de 13 000 Soviétiques et un nombre estimé à 1 million d'Afghans ont péri lors de cette guerre, qui a conduit à l'effondrement de l'URSS et l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan. « Nous ne nous attendions pas à ce que la guerre prenne cette tournure », confie le vétéran russe Rouslan Aouchev. À ses yeux, la Russie a « peut-être adopté la mauvaise stratégie ». « Nous n'aurions pas dû envoyer nos troupes là-bas », affirme cet ancien général. « À un certain moment, nous avons commis une erreur militaire qui a conduit à une erreur politique », ajoute M. Aouchev au cours d'une récente table ronde. Un avis partagé par près d'une majorité de Russes, selon un sondage publié vendredi : 47 % des Russes pensent que l'invasion de l'Afghanistan était une « aventure politique dans laquelle des dirigeants politiques irresponsables ont mené le pays ». Des responsables ont toutefois saisi l'occasion pour louer l'« héroïsme » des soldats soviétiques face à leur devoir. « Les soldats ont été fidèles à leur serment envers le devoir militaire et la fraternité et ont fait preuve de force et de courage, comme l'armée russe l'a toujours fait », a ainsi déclaré le maire de Moscou Iouri Loujkov. Mais les commémorations de la guerre restent discrètes : des gerbes de fleurs ont été déposées et des médailles distribuées aux vétérans, alors que nombre d'entre eux se plaignent de la modestie des compensations financières qu'on leur a attribuées. 20 ans après la guerre, l'Afghanistan continue de faire les gros titres et l'insurrection talibane gagne du terrain malgré les quelque 70 000 soldats des forces internationales qui y sont déployés. Les experts pointent les parallèles et les différences avec les opérations militaires actuellement menées par la coalition dirigée par des Occidentaux. « Les Soviétiques n'ont jamais été confrontés à quelque chose comme les talibans », relève un expert au Conseil européen pour les Affaires étrangères, Daniel Korski, soulignant les disparités entre les moudjahidin soutenus par les États-Unis et le mouvement rebelle islamiste fanatique. Le général Aouchev juge toutefois que l'expérience soviétique est utile aux Occidentaux : il y a deux décennies, « nous voulions créer un Afghanistan soviétique. Mais si voulons un Afghanistan stable, nous devons donnons aux Afghans l'opportunité de construire leur propre État », estime-t-il. L'anniversaire du retrait soviétique coïncide avec les efforts entrepris par Moscou pour renforcer sa présence en Asie centrale après la guerre qui l'a opposé l'été dernier à la Géorgie dans le Caucase. La Russie a annoncé qu'elle allait permettre le transit de matériel envoyé par les États-Unis en Afghanistan, au moment où ceux-ci se voient contraints de fermer leur base militaire au Kirghizstan voisin.
La Russie a célébré hier la 20e commémoration du retrait des forces soviétiques d'Afghanistan. Le 15 février 1989, le dernier soldat soviétique quittait le sol de l'Afghanistan, tournant la page sur une guerre que l'URSS pensait ne devoir être qu'une brève incursion pour soutenir ses alliés afghans, mais qui fut en réalité une lutte sanglante s'étirant sur près de dix ans. Plus de 13 000 Soviétiques et un nombre estimé à 1 million d'Afghans ont péri lors de cette guerre, qui a conduit à l'effondrement de l'URSS et l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan. « Nous ne nous attendions pas à ce que la guerre prenne cette tournure », confie le...
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