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Voyance : lorsque l’insécurité mène à la dépendance

Une pratique occulte rejetée par l’Église

« Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille, qui s'adonne à la divination, aux augures, aux superstitions et aux enchantements, qui ait recours aux charmes, qui consulte les évocateurs et les sorciers, et qui interroge les morts. » (Deutéronome 18.10-12).
L'opposition et le rejet de l'Église à toute activité relevant de l'occultisme, du spiritisme ou encore de l'ésotérisme trouvent leurs racines dans l'Ancien Testament, plus précisément dans le Deutéronome, cinquième et dernier livre de la Bible, qui contient le récit des derniers discours de Moïse aux israélites et le récit de sa mort.
« La voyance fait partie de ces pratiques occultes que l'Église rejette, explique le père Issam Ibrahim, supérieur du Collège de La Sagesse - Brasilia. Elle considère que les personnes qui exercent ces activités et qui recherchent à connaître l'invisible font appel aux mauvais esprits. D'ailleurs le Christ avait répondu à ses disciples, venus le voir pour lui annoncer que certaines personnes font des miracles, que cela est possible lorsqu'on fait un pacte avec Satan. »
Le père Ibrahim explique qu'il existe « de bons et de mauvais anges ». « Les mauvais anges peuvent prendre la forme de personnes ou encore recourir à des moyens susceptibles de capter les autres et de leur permettre d'avoir une emprise sur eux », remarque-t-il. C'est ainsi que certaines choses « prédites » par ces voyant(e)s se réalisent. Cela ne signifie pas pour autant que tout ce qu'ils (elles) annoncent se réalisera ou est une vérité. « En traitant avec les esprits, ces voyant(e)s en deviennent les esclaves, constate le prélat. Ils ou elles ne deviennent plus libres de leurs actions. Or nous, chrétiens créés à l'image de Dieu, sommes des êtres libres. »
Le gain matériel, la volonté de dominer les autres et les visées politiques ou sociales demeurent les principaux objectifs des voyant(e)s, estime-t-il. « Leurs clients sont généralement des personnes qui ne retrouvent pas dans la foi leur consolation et leur réconfort, ajoute le père Ibrahim. Ce sont des personnes qui vivent dans l'insécurité et l'insatisfaction. Mais n'est-ce pas le cas de tout le monde ? Nous ne serons satisfaits que lorsque nous serons devant la Perfection, c'est-a-dire devant Dieu. Saint Augustin l'a bien exprimé en disant : "Tu nous as fait pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en Toi". »

Vide spirituel
Reconnaissant l'astrologie en tant que science, l'Église refuse toutefois « que les astres soient utilisés pour influencer le ou les parcours des individus ou encore des situations ». « Les astres n'ont rien à faire dans tout cela, insiste le père Ibrahim. Ils ont été créés par Dieu pour le glorifier. Utiliser les astres pour influencer la vie des individus et changer leur parcours sous-entend traiter avec des êtres invisibles. Or dans notre religion, Dieu a tout créé. C'est Lui qui influence notre vie. Notre religion est une vraie liberté. Celle-ci n'est pas acquise théoriquement, mais par cette relation qu'on entame avec Dieu lorsque nous sentons Sa présence dans notre vie. C'est alors que nous découvrons l'immensité de notre vie et nous devenons sûrs de notre présence parce que nous sommes sûrs de Sa présence. »
Et le prélat de poursuivre : « L'Église ne rejette ni ne nie le travail de la science. Elle refuse néanmoins qu'un être humain ordinaire touche à l'invisible, d'autant que l'invisible s'est rendu visible une fois avec l'avènement de Jésus-Christ. Nous avons un seul Dieu. »
L'Église prend-elle position à l'égard des voyant(e)s et des personnes qui les consultent ? « L'Église est claire sur ce point, elle refuse que les chrétiens aient recours aux services de ces personnes, répond père Ibrahim. Elle estime que les personnes qui vont vers les voyants vivent un vide spirituel. Leur foi n'est pas solide et il leur manque une certaine sécurité ou conviction quant à la présence de Dieu. Elles vont à la recherche de l'invisible pour se satisfaire. L'Église refuse catégoriquement cela et prévient les individus qui le font du danger qui les guette. En fait, en se "vendant" à d'autres entités spirituelles, ces personnes se mettent dans une situation périlleuse dont il est parfois difficile de s'en sortir. Les personnes qui se livrent à ces esprits, qui ne sont autres que les démons, deviennent leurs esclaves. Ces esprits peuvent même prendre possession de leur corps. Ils commanderont ainsi leur réflexion. S'en libérer nécessitera alors l'intervention de la force qui les a vaincus, c'est-à-dire Dieu. Lui seul pourra chasser le démon. »

Dieu notre « berger »
L'Église ne croit pas en outre qu'un être humain puisse jeter un mauvais sort à un autre. Il faudrait toutefois être conscient du fait que « les personnes possédées peuvent nuire à d'autres individus avec l'aide des mauvais esprits qui, eux, existent ». « Ce sont des êtres spirituels invisibles, mais qui agissent à travers les autres, souligne le père Ibrahim. Pour s'immuniser contre eux, il faudrait avoir une foi solide et se fier à Dieu dans toute chose, puisqu'il est notre "berger". À ce moment-là, ces esprits ne pourront plus nous atteindre, puisque Jésus, par sa Résurrection, a chassé le démon et l'a vaincu à jamais. »
Aux voyants qui reprochent à l'Église de « croire dans les prophètes et non pas en eux », le prêtre explique que « les prophètes ne prédisaient pas l'avenir ». « Ils prévoyaient des catastrophes naturelles pour pousser les peuples à se repentir et à suivre les commandements de Dieu, note-t-il. Seul Dieu et certaines personnes qui possèdent un don spécial émanant de Lui peuvent voir l'avenir. Mais ces dernières ne font pas la propagande de leur don de "voyance" ni y ont recours pour gagner de l'argent. Ces personnes ont des dons supplémentaires, comme les saints à titre d'exemple. Telle est la transparence chrétienne. »
« Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille, qui s'adonne à la divination, aux augures, aux superstitions et aux enchantements, qui ait recours aux charmes, qui consulte les évocateurs et les sorciers, et qui interroge les morts. » (Deutéronome 18.10-12).L'opposition et le rejet de l'Église à toute activité relevant de l'occultisme, du spiritisme ou encore de l'ésotérisme trouvent leurs racines dans l'Ancien Testament, plus précisément dans le Deutéronome, cinquième et dernier livre de la Bible, qui contient le récit des derniers discours de Moïse aux israélites et le récit de sa mort.« La voyance fait partie de ces pratiques occultes que l'Église...