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Crise La Conférence alimentaire de Madrid laisse les pays pauvres sur leur faim

La centaine de pays participants a peiné à élaborer une feuille de route pour réduire la famine et a manqué d’annonces concrètes. Six mois après le sommet de la FAO à Rome sur la crise alimentaire, une centaine de pays réunis à Madrid sous l’égide de l’ONU ont peiné à élaborer une « feuille de route » pour réduire la faim dans le monde, se contentant d’un projet d’« alliance globale » et de dons espagnols. La conférence ministérielle s’est conclue, hier, sur la promesse par l’Espagne de verser un milliard d’euros sur cinq ans pour aider « les pays les plus vulnérables ». « L’Espagne va apporter 200 millions d’euros par an sur les cinq prochaines années pour les politiques publiques en faveur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire », a déclaré le chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, en clôture d’une réunion convoquée pour concrétiser les promesses faites à Rome en juin. M. Zapatero a ajouté qu’une quinzaine de pays s’étaient « déjà engagés » à verser un total de 5,5 milliards de dollars (sans indiquer l’identité des pays concernés) et que l’Union européenne (UE) promettait de mobiliser 1,3 milliard de dollars, en référence manifeste à de précédentes annonces. Si elle a manqué d’annonces concrètes, la réunion qui avait débuté lundi a en revanche permis d’avancer sur l’idée française de « partenariat global », reprise par le gouvernement espagnol sous le terme « Alliance globale ». Présent à la réunion, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a indiqué qu’il accueillait « favorablement » ce projet de « partenariat global pour l’agriculture et la sécurité alimentaire ». « Nous avons besoin d’une coordination plus efficace (...) avec des ressources financières nettement plus importantes », a-t-il expliqué. La centaine de pays participants ont signé une « déclaration de Madrid » dans laquelle ils approuvent l’engagement de « consultations » pour établir cette « Alliance globale pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition ». L’Alliance pourrait être formellement lancée lors d’un prochain sommet de la FAO pouvant se tenir en novembre, a indiqué à la presse le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier. Pour Ambroise Mazal, du Comité catholique contre la faim et le développement (CCFD), et représentant des ONG françaises à Madrid, le résultat de la réunion « est assez désolant, mais c’était prévisible ». « On a constaté une fois de plus que les engagements financiers pris à Rome n’ont pas été tenus dans leur grande majorité », a-t-il déclaré à l’AFP. Les pays membres de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations unies s’étaient engagés à Rome à réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim, mais en s’abstenant d’accompagner leur promesse de financements adéquats. Les experts estiment qu’il faudrait entre 25 et 40 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité alimentaire mondiale et éradiquer la faim, selon des chiffres cités par M. Zapatero. « Où est le sens de l’urgence, où est l’argent ? Des gens meurent de faim, mais nos leaders ne s’intéressent qu’à sauver un système financier irresponsable », a critiqué Sylvia Borren, coprésidente de l’Appel mondial contre la pauvreté (AMCP), une plate-forme internationale d’ONG. M. Mazal espère pour sa part que la future « Alliance globale » servira à « remettre à plat le système » en matière de lutte contre la pauvreté. « Il n’existe pas aujourd’hui d’outil, de lieu qui rassemble les acteurs du développement. Il y a la FAO et l’OMC (Organisation mondiale du commerce) avec des positions diamétralement opposées. Il faut réunir ces acteurs, y ajouter la société civile et construire un consensus sur ce qui marche pour lutter contre la faim », explique-t-il.
La centaine de pays participants a peiné à élaborer une feuille de route pour réduire la famine et a manqué d’annonces concrètes.
Six mois après le sommet de la FAO à Rome sur la crise alimentaire, une centaine de pays réunis à Madrid sous l’égide de l’ONU ont peiné à élaborer une « feuille de route » pour réduire la faim dans le monde, se contentant d’un projet d’« alliance globale » et de dons espagnols. La conférence ministérielle s’est conclue, hier, sur la promesse par l’Espagne de verser un milliard d’euros sur cinq ans pour aider « les pays les plus vulnérables ». « L’Espagne va apporter 200 millions d’euros par an sur les cinq prochaines années pour les politiques publiques en faveur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire », a déclaré le chef de gouvernement...