Berlin, Londres, Paris et Rome se sont dit prêts à contrecarrer la constitution d’un arsenal dans l’enclave palestinienne.
Un des buts majeurs de la guerre d’Israël dans la bande de Gaza, la fin de la contrebande d’armes, reste une gageure malgré les raids massifs contre les tunnels et des accords en trompe-l’œil. L’armée israélienne a, pendant les 22 jours de son opération meurtrière, pilonné le millier de tunnels creusés sous la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza, affirmant en avoir détruit la moitié. Mais au premier jour du cessez-le-feu, le patron de la sécurité intérieure israélienne, Youval Diskin, admettait dimanche qu’il ne faudrait que « quelques mois » au Hamas pour les reconstruire et s’alimenter ainsi en armes. « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Introduire des armes pour la résistance et les fabriquer est notre mission », a renchéri lundi le porte-parole de la branche militaire du Hamas à Gaza, Abou Oubeida.
Si la parade au trafic est incertaine, d’autant que l’Égypte ne s’est pas engagée à l’éradiquer, Israël peut se targuer d’avoir fait partager sa préoccupation aux pays occidentaux, États-Unis en tête.
Durant l’opération « Plomb durci », le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait affirmé qu’elle s’arrêterait quand cesserait aussi « la contrebande d’armes du Sinaï (égyptien) vers Gaza ». Il avait exigé de l’Égypte de garantir l’éradication des galeries sous la ligne de Philadelphie marquant les 14 km de sa frontière, et de mieux contrôler les bédouins qui acheminent les armes à travers le Sinaï. Mécontente d’être accusée d’avoir laissé se transformer sa frontière en gruyère, l’Égypte s’est défendue avec mauvaise humeur, refusant le déploiement d’une force internationale sur son sol. Les Israéliens « comparent notre frontière aux (zones tribales) du nord-ouest du Pakistan, mais nous en avons le plein contrôle ! », avait lancé le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul Gheit.
Le Caire a suggéré le doublement ou le triplement du bataillon de 750 gardes-frontières munis d’armes légères, autorisé à se déployer avec l’accord d’Israël après son départ de Gaza en 2005. S’agissant d’un amendement aux accords de paix de 1979, le gouvernement Olmert aurait dû soumettre à la Knesset, le Parlement israélien, ce surcroît de « remilitarisation » de l’Égypte, ce qui était exclu en pleine bataille électorale. Israël a décidé de faire baisser la pression sur l’Égypte. Il lui a été seulement demandé d’en faire plus « en évitant les polémiques publiques ». Alors qu’une source israélienne a fait état lundi d’une « entente écrite » sur ce sujet sensible, c’est par un « bien sûr que non » qu’est tombé un démenti du porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki.
En revanche, dans les dernières heures de l’administration Bush, Israël et les États-Unis ont signé un mémorandum pour « assécher » les filières d’approvisionnement en armes du Hamas, le doigt tendu vers l’Iran. Berlin, Londres, Paris et Rome ont emboîté le pas, sans parler d’accords spécifiques, mais d’engagements. Ils prévoient un partage de renseignements, de l’entraînement, plus d’experts et du matériel spécialisé envoyé en Égypte et désormais une surveillance maritime en Méditerranée, dans le golfe d’Aden et la mer Rouge. « Tout ceci est bien aléatoire » et sans solution politique et la levée du blocus de la bande de Gaza, « une guerre risque de reprendre, les mêmes causes reproduisant les mêmes effets », note l’ex-patron du service de renseignements européen.
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Un des buts majeurs de la guerre d’Israël dans la bande de Gaza, la fin de la contrebande d’armes, reste une gageure malgré les raids massifs contre les tunnels et des accords en trompe-l’œil. L’armée israélienne a, pendant les 22 jours de son opération meurtrière, pilonné le millier de tunnels creusés sous la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza, affirmant en avoir détruit la moitié. Mais au premier jour du cessez-le-feu, le patron de la sécurité intérieure israélienne, Youval Diskin, admettait dimanche qu’il ne faudrait que « quelques mois » au Hamas pour les reconstruire et s’alimenter ainsi en armes. « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Introduire des armes...