Le commentaire d’Émile Khoury
Pas d’issue possible sans stratégie arabe commune
le 20 janvier 2009 à 00h00
Un ambassadeur libanais expérimenté estime que les Arabes doivent décider une fois pour toutes s’ils sont prêts à libérer la Palestine par la guerre ou s’ils préfèrent se lancer dans le processus de négociations pour tenter de parvenir à un accord qui puisse restaurer les droits du peuple palestinien. D’ailleurs est-il possible que les pays arabes puissent trouver un consensus unanime autour de la première option, alors que plusieurs d’entre eux sont tenus par des accords de paix avec Israël ? s’est interrogé ce diplomate.
L’ambassadeur note également que les accords en question ont été signés à l’issue de guerres qui non seulement ont échoué à libérer les terres occupées, mais ont également permis à Israël d’en investir davantage. L’Égypte a ainsi fini par signer les accords de Camp David, la Jordanie ceux de Wadi Araba et la Syrie par accepter la cessation des hostilités avec Israël dans le Golan. Même la résistance palestinienne à partir du Liban-Sud n’a pas réussi à libérer la moindre parcelle de la Palestine, mais n’a fait qu’exposer le pays aux attaques et invasions israéliennes successives.
Toujours est-il que face à l’absence d’une stratégie arabe commune en matière de conflit avec Israël, les habitants de Gaza ont dû affronter seuls l’agression israélienne, tout comme les Libanais pendant la guerre de juillet 2006. Les deux offensives se sont même terminées de la même manière, à savoir par un cessez-le-feu assorti d’un retrait israélien, d’une levée du blocus, d’une promesse arabe et internationale de financer la reconstruction et d’un durcissement de la surveillance des frontières pour tenter de mettre un terme au trafic d’armes. Toujours est-il que les événements de l’été 2006 tout comme ceux de la fin 2008 ont montré que les pays arabes ne sont pas en mesure de remporter une guerre contre Israël tout comme ils sont incapables de rechercher une paix juste et globale. Il ressort des guerres contre Gaza et contre le Liban que ces pays sont plutôt enclins à publier des communiqués d’indignation et ne peuvent que geler leurs relations avec l’État hébreu et non les rompre, suspendre des pourparlers de paix qui pourraient être repris à tout moment et œuvrer pour le retrait d’une initiative de paix qu’Israël a d’ores et déjà rejeté.
Le diplomate précité estime donc que les Arabes doivent aujourd’hui adopter à l’unanimité des choix concrets et sans équivoque en la matière. Pour lui, il existe 3 stratégies possibles consistant soit à dénoncer les accords de paix pour lancer une guerre globale, soit à s’engager dans une guérilla populaire arabe contre Israël, soit enfin à recourir à une action diplomatique efficace et concertée. Toute stratégie diplomatique doit toutefois être fondée sur les décisions de la conférence de Madrid, les résolutions de l’ONU et sur l’initiative de paix arabe qui ne peut être purement et simplement retirée, sans une entente sur une alternative.
Il est d’autant plus urgent pour les Arabes de s’entendre sur la question qu’une nouvelle administration américaine prend ses fonctions aujourd’hui. Une administration Obama qu’il faudrait inciter à honorer les engagements de l’équipe républicaine sortante, en œuvrant pour la création d’un État palestinien indépendant permettant de mettre enfin un terme au conflit israélo-arabe.
Un ambassadeur libanais expérimenté estime que les Arabes doivent décider une fois pour toutes s’ils sont prêts à libérer la Palestine par la guerre ou s’ils préfèrent se lancer dans le processus de négociations pour tenter de parvenir à un accord qui puisse restaurer les droits du peuple palestinien. D’ailleurs est-il possible que les pays arabes puissent trouver un consensus unanime autour de la première option, alors que plusieurs d’entre eux sont tenus par des accords de paix avec Israël ? s’est interrogé ce diplomate.
L’ambassadeur note également que les accords en question ont été signés à l’issue de guerres qui non seulement ont échoué à libérer les terres occupées, mais ont également permis à Israël d’en investir davantage. L’Égypte a ainsi fini par signer les accords de Camp David,...
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