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Actualités - Chronologie

Conflit Le Hamas s’efforce d’afficher son autorité à Gaza

Le mouvement islamiste minimise ses pertes, alors que le territoire palestinien tente de renouer avec la normalité. Le Hamas s’est efforcé lundi d’afficher son autorité au lendemain de l’arrêt d’une offensive meurtrière israélienne de 22 jours à Gaza, où certains ont rompu le silence en critiquant le mouvement islamiste palestinien qui a crié victoire. Le Hamas, dont le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a proclamé dimanche une « victoire historique » contre Israël, a minimisé les pertes subies lors de l’offensive, se disant toujours en mesure de tirer des roquettes sur Israël. Dans sa première apparition depuis le début de la guerre le 27 décembre, le porte-parole de la branche armée du Hamas, Abou Oubeida, a ainsi assuré que son mouvement n’avait perdu que « 48 combattants » alors qu’Israël affirme en avoir tué plus de 500. Il a aussi affirmé que les tentatives d’Israël d’empêcher l’armement du Hamas, notamment en détruisant les tunnels de contrebande entre Gaza et l’Égypte, étaient vouées à l’échec. « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Introduire des armes pour la résistance et les fabriquer est notre mission et nous savons très bien comment acquérir des armes », a-t-il dit. Des groupes liés au parti Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas ont pour leur part annoncé la mort de 37 de leurs combattants, le Jihad islamique 34, les Comités de la résistance populaire 17 et le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) 13. Dans les rues de Gaza, des policiers du Hamas en tenue se sont déployés aux principaux carrefours alors que d’autres réglaient la circulation. Des députés du Hamas, emmenés par le chef de son groupe parlementaire Moushir al-Masri, ont inspecté des quartiers dévastés par les frappes israéliennes dans le nord de la bande de Gaza, allant à la rencontre de propriétaires de maisons détruites ou endommagées. « Ces destructions montrent que la bataille était dirigée contre le peuple palestinien. Ils veulent une terre sans peuple pour prendre le contrôle de la bande de Gaza », a déclaré lors de la tournée l’un des députés, Fathi Hammad. « Nous proclamons la victoire contre l’ennemi sioniste », a-t-il ajouté, debout devant les ruines d’une maison détruite. À Gaza-ville de nombreux commerces ont rouvert. Des employés de la municipalité ramassaient les ordures et les gravats des bâtiments détruits dans les attaques. Abou Ihab, un homme d’affaires de 55 ans, contemplait les ruines. « Cette guerre nous a ramenés 50 ans en arrière. C’est comme la Nakba de 1948 », a-t-il dit, en se référant à la « catastrophe » que fut pour les Palestiniens la création d’Israël. « À mon avis, le Hamas a commis une erreur car toute guerre doit avoir des objectifs politiques et s’appuyer sur des plans militaires. Le Hamas n’a compté que sur des promesses mensongères de l’Iran et de la Syrie », a-t-il ajouté. Selon le Bureau palestinien des statistiques, 4 100 habitations ont été totalement détruites et 17 000 autres endommagées. Douze corps ont été retirés des décombres hier. Des centaines de Palestiniens ont profité du cessez-le-feu proclamé séparément par Israël puis par le Hamas pour se ruer dans les banques, qui ont rouvert après 22 jours de fermeture. « La peur pour nos enfants nous a empêchés de dormir pendant la guerre. Qu’est-ce que le Hamas et toutes ces organisations nous ont apporté à part la destruction ? Elle est où, cette victoire dont ils parlent ? » s’est interrogé Karim Abou Chariah, en faisant la queue devant un guichet. Dimanche, les chars israéliens se sont redéployés aux frontières, côté palestinien, afin de faire face à d’éventuelles attaques palestiniennes. Des sources militaires israéliennes ont affirmé qu’aucun incident n’avait été signalé et que les forces poursuivaient leur repli du territoire palestinien contrôlé par le Hamas. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a affirmé que les troupes sortiraient de Gaza « le plus vite possible, dès que la sécurité du sud du pays sera assurée ». Selon une source diplomatique égyptienne, Le Caire a invité Israël et les organisations palestiniennes de Gaza à tenir de nouveaux entretiens séparés au Caire jeudi, dans l’optique d’obtenir leur accord. Parallèlement, l’Union européenne veut garder l’initiative au Proche-Orient en invitant demain la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni et dimanche prochain ses homologues jordanien, turc, palestinien et turc pour des discussions à Bruxelles. La présidence tchèque a indiqué hier avoir envoyé des invitations pour ces deux dîners séparés. Tous les ministres des Affaires étrangères de l’UE sont appelés à y participer. Selon une source proche de la présidence tchèque, il s’agit pour les Européens de voir « comment on peut arriver à un cessez-le-feu permanent à Gaza », après le cessez-le-feu fragile déclaré unilatéralement par Israël, et d’examiner « les possibilités d’augmenter l’aide humanitaire » pour la population après l’offensive israélienne. Israël est « en paix avec lui-même » après son offensive à Gaza, mais il doit se préparer à réfuter diverses accusations de crimes de guerre fusant de l’étranger, a déclaré de son côté la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Elle a assumé ces pertes civiles au micro de Radio Israël, les qualifiant de « produit des circonstances ». « Nous cherchions les terroristes et cela arrive que des civils soient atteints dans le combat contre le terrorisme », a déclaré la chef de file du parti centriste Kadima. Ban à Gaza aujourd’hui D’autre part, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, prévoit de se rendre aujourd’hui à Gaza, a annoncé hier à l’AFP un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. « Ban (Ki-moon) prévoit de débuter son voyage à Jérusalem et de là il doit visiter plusieurs sites des Nations unies à Gaza », a déclaré Yossi Levy, précisant que le projet « peut encore faire l’objet de changements ». M. Ban doit ensuite se rendre dans la ville israélienne de Sdérot. Israël veut contrôler la reconstruction L’État d’Israël entend contrôler étroitement la reconstruction de la bande de Gaza et cherche à obtenir la garantie qu’aucun projet ne bénéficiera au Hamas, dit-on dans les milieux diplomatiques occidentaux. Le gouvernement d’Ehud Olmert conserve le contrôle de la circulation aux points de passage vers l’enclave palestinienne, que les matériaux nécessaires à cette reconstruction devront emprunter. L’État hébreu aura donc tout loisir d’influer sur la reconstruction, financée pour l’essentiel par la communauté internationale. Les premières estimations font état de près de deux milliards de dollars de dégâts. Selon des diplomates occidentaux ayant requis l’anonymat, les autorités israéliennes ont demandé aux Nations unies et aux organisations humanitaires de leur fournir des listes détaillées des biens et du personnel qu’elles ont l’intention de dépêcher dans la bande de Gaza. Avant l’offensive, l’État d’Israël s’opposait au passage de l’essentiel du ciment, de l’acier et des devises, qui pouvaient, selon lui, permettre au mouvement islamiste de fabriquer bunkers et roquettes, et de payer ses « fonctionnaires ». Les ONG ont été informées que la liste des biens autorisés allait être allongée, mais le gouvernement israélien, qui leur réclame des « garanties » que leur aide ne profitera pas au Hamas, a l’intention d’encadrer le processus, en donnant par exemple son feu vert projet par projet, disent les diplomates. Selon un responsable israélien, les agences de l’ONU devront vérifier que « chaque dollar qu’elles versent » va directement au sous-traitant choisi. Le message, a-t-il dit, est le suivant : « Ne pas permettre au Hamas de s’attribuer quelque mérite que ce soit. » Le Likoud reste en tête pour les élections de février L’opposition de droite dirigée par le chef du Likoud, Benjamin Netanyahu, reste en tête pour les élections législatives du 10 février, selon un sondage d’intentions de vote effectué après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Gaza et publié hier. Le parti Likoud, qui dispose de 12 sièges sur 120, obtiendrait 29 sièges, selon le sondage effectué par un institut indépendant, publié par le site Internet du quotidien Haaretz. La formation Kadima (centre-droit), au pouvoir, dirigée par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, est créditée de 26 sièges, contre 29 dans la présente législature. Les travaillistes (centre-gauche), dirigés par le ministre de la Défense Ehud Barak, obtiendrait 14 sièges, contre 19 actuellement, enregistrant une hausse vis-à-vis des sondages d’intention de vote effectués avant l’offensive israélienne à Gaza. Le parti d’extrême droite Israël Beitenou est crédité lui aussi de 14 sièges contre 11 dans la présente législature. Une coalition de droite, sous la direction du Likoud, disposerait de la sorte d’une courte majorité grâce à l’appui des partis d’extrême droite et religieux.
Le mouvement islamiste minimise ses pertes, alors que le territoire palestinien tente de renouer avec la normalité.
Le Hamas s’est efforcé lundi d’afficher son autorité au lendemain de l’arrêt d’une offensive meurtrière israélienne de 22 jours à Gaza, où certains ont rompu le silence en critiquant le mouvement islamiste palestinien qui a crié victoire.
Le Hamas, dont le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a proclamé dimanche une « victoire historique » contre Israël, a minimisé les pertes subies lors de l’offensive, se disant toujours en mesure de tirer des roquettes sur Israël. Dans sa première apparition depuis le début de la guerre le 27 décembre, le porte-parole de la branche armée du Hamas, Abou Oubeida, a ainsi assuré que son mouvement n’avait perdu que « 48 combattants » alors qu’Israël affirme...