En pleine crise du secteur automobile mondial, le président de l’Association des importateurs de voitures au Liban, Samir Homsi, fait le point.
L’Orient-Le Jour : Les ventes de véhicules neufs ont accusé une forte baisse l’année dernière aux États-Unis et en Europe. Qu’en est-il du Liban ?
Samir Homsi : Globalement, 2008 a été une année exceptionnelle pour le secteur automobile au Liban. Avec 33 428 véhicules neufs écoulés sur le marché, la croissance des ventes a été de 78,88 % par rapport à 2007. Les ventes n’avaient jamais dépassé 19 000 unités ces dix dernières années. Cette performance s’explique par l’appétit des consommateurs pour les petites voitures et les facilités de paiements accordées. Nous n’avons commencé à sentir les effets de la crise mondiale qu’en décembre, avec une baisse des ventes de plus de 13 % par rapport au mois précédent.
OLJ : Comment la crise économique mondiale pourrait-elle affecter le marché local ?
S.H. : La crise risque de nous faire perdre la manne que représentent les expatriés libanais. Ces derniers pourraient perdre leurs emplois, notamment dans le Golfe, et venir grossir les rangs des chômeurs au Liban, ou réduire les transferts à leur famille restée dans le pays. Or ces transferts soutiennent la demande, notamment pour les voitures. La situation pourrait s’améliorer dans quelques mois. Mais si la crise s’intensifie, surtout dans la région, le marché pourrait se dégrader rapidement. La baisse des ventes de voitures neuves au Liban pourrait ainsi atteindre 30 à 40 % en 2009. D’autres facteurs influent également sur la situation locale, comme les évènements à Gaza, ou encore les prochaines élections législatives. La tenue du scrutin en juin est d’ailleurs une très mauvaise idée, car c’est à cette date en général que les touristes et les expatriés organisent leur voyage au Liban.
OLJ : Si les ventes baissent, les prix feront-ils de même ?
S.H. : Au contraire, les prix des voitures au Liban risquent d’augmenter en 2009. En effet, la production automobile dépend du volume des commandes. Dans un contexte de récession, les constructeurs automobiles vont réduire leur production et augmenter leur prix pour conserver un certain niveau de revenus. Trois vagues de hausses sont d’ores et déjà prévues courant 2009, dont la première a été appliquée au début de l’année. Les prix des nouveaux modèles ont ainsi augmenté entre 4 et 10 %.
OLJ : Mais les concessionnaires ne peuvent-ils pas grignoter sur les marges pour stimuler les ventes ?
S.H. : Nous avons en effet pu absorber la première hausse grâce aux bénéfices réalisés l’année dernière, et nous ne l’avons pas répercutée sur les consommateurs. Mais les marges de bénéfices des concessionnaires au Liban sont très réduites depuis 2005 en raison de la concurrence féroce qu’ils se livrent, comme en témoignent les multiples campagnes de promotion et les offres proposées. Les bénéfices découlent essentiellement du volume des ventes. Si ces dernières baissent rapidement, nous serons obligés d’augmenter les prix d’ici à trois mois.
OLJ : Le gouvernement pourra-t-il décider de soutenir le secteur, à travers une baisse des droits de douane par exemple ?
S.H. : Il n’y a aucun projet de ce type à l’ordre du jour. Nous avons toutefois soumis un plan qui propose notamment une baisse des frais d’enregistrement pour stimuler le renouvellement du parc par des véhicules neufs plutôt que par les véhicules usagers, qui représentent près de 60 % des importations de voitures au Liban. J’espère que nous serons entendus.
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L’Orient-Le Jour : Les ventes de véhicules neufs ont accusé une forte baisse l’année dernière aux États-Unis et en Europe. Qu’en est-il du Liban ?
Samir Homsi : Globalement, 2008 a été une année exceptionnelle pour le secteur automobile au Liban. Avec 33 428 véhicules neufs écoulés sur le marché, la croissance des ventes a été de 78,88 % par rapport à 2007. Les ventes n’avaient jamais dépassé 19 000 unités ces dix dernières années. Cette performance s’explique par l’appétit des consommateurs pour les petites voitures et les facilités de paiements accordées. Nous n’avons commencé à sentir les effets de la crise mondiale qu’en décembre, avec une...