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Liban-Sud Nouvelle volée de roquettes sur Kyriat Shmona, Israël riposte

Pour la deuxième fois depuis le début de l’offensive israélienne contre Gaza, des roquettes tirées à partir du secteur du Arkoub, au Liban-Sud, ont touché hier le nord d’Israël sans faire de victimes ni de dégâts. Pour la seconde fois également, personne n’a revendiqué ces tirs, ce qui laisse le champ libre à de nombreuses spéculations sur l’identité des auteurs aussi bien que sur les objectifs visés. Du déjà-vu. Sitôt après le tir des roquettes, l’État hébreu a riposté en bombardant la zone à partir de laquelle les engins ont été lancés, au moment où l’armée libanaise et la Finul désamorçaient 3 autres roquettes, de type Grad, prêtes au lancement et qui avaient été auparavant piégées. Ces engins ont été trouvés dans le secteur d’où les autres roquettes avaient été tirées. Ils étaient piégés au TNT et placés sur des rampes en bois, comme le précise le commandement de l’armée. Celle-ci affirme que ses unités et des Casques bleus de la Finul ont désamorcé les 3 roquettes qui devaient être tirées une heure après leur découverte. Pour sa part, la porte-parole de la Finul, Yasmina Bouziane, a précisé que ces roquettes ont été découvertes à proximité du village de Hibbariyyeh. Quant à l’armée libanaise, elle a indiqué dans un communiqué que « des personnes non identifiées ont tiré plusieurs roquettes en direction du territoire palestinien occupé à partir du secteur du Arkoub ». « L’ennemi israélien a ensuite tiré à deux reprises des obus en direction de la zone en question, sans faire de victimes », a ajouté le texte. Selon des responsables des services de sécurité libanais, une des trois roquettes tirées n’a pas franchi la frontière et a explosé sur le sol libanais. L’Agence nationale a indiqué pour sa part que deux roquettes sont tombées à proximité du village frontalier de Aïn-Arab, n’arrivant pas à atteindre le nord d’Israël. Du côté israélien, le porte-parole de l’armée israélienne, Micky Rosenfeld, a indiqué que 3 roquettes ont été tirées à partir du Liban et sont tombées dans des champs à la périphérie de la colonie de Kiryat Shmona. « L’armée israélienne a ensuite répliqué en tirant dans la zone à partir de laquelle ces roquettes ont été lancées », a pour sa part précisé un porte-parole de l’armée israélienne. « Israël considère qu’il est de la responsabilité de l’armée et du gouvernement libanais d’empêcher des tirs de roquettes à partir du territoire libanais. La population a été appelée par la Défense passive à rester près des abris ou dans des pièces protégées », a-t-il ajouté sans donner d’autres détails. La piste salafiste La dégradation de la situation au Liban-Sud a suscité hier une valse d’informations contradictoires notamment sur le nombre de fusées lancées ou prêtes au lancement aussi bien que celui des fusées qui ont atterri sur le sol libanais. Ce n’est qu’en début de soirée que certains détails se sont précisés, sans plus de renseignements sur l’identité des auteurs de ce nouveau round de tirs. Selon une source militaire proche du dossier, « la piste salafiste, qui avait été retenue la semaine dernière, reste valable et, pour les mêmes raisons, à savoir que ni le Hezbollah ni les factions palestiniennes qui se sont unanimement engagées à faire preuve de retenue n’ont intérêt à remettre en cause le modus vivendi qui prévalait jusque-là au Sud, quand bien même les deux parties l’auraient souhaité à la lumière des misères que subit la population de Gaza ». La source, qui confirme que « les enquêteurs militaires avaient clairement pointé le doigt en direction de Fateh el-Islam, accusé d’avoir planté les roquettes à Tayrharfa, jeudi dernier », reste convaincue que « c’est la même mouvance qui est derrière la tentative d’hier ». « Les deux obus piégés étaient un message dirigé contre l’armée, histoire de lui rendre la tâche difficile au cas où elle chercherait à désamorcer les obus, devenus d’autant plus dangereux pour les artificiers militaires qu’ils ont été auparavant piégés au TNT », précise la source. Celle-ci ajoute que ce type de roquette devait également provoquer, à son départ, la destruction de la base artisanale sur laquelle elle était posée. Fateh el-Islam Selon un observateur proche du dossier salafiste, la piste islamiste est d’autant plus vérifiée qu’une douzaine d’obus avaient été acheminés, il y a quelque temps, en dehors de Aïn el-Héloué par des partisans de Fateh el-Islam. Les forces de sécurité, qui avaient été entre-temps alertées, en avaient repéré 8 le 26 décembre dernier. Une semaine plus tard, trois roquettes du même type artisanal, de 122 mm, devaient être lancées à partir de Tayrharfa en direction d’Israël. Interrogée sur ces propos, une source sécuritaire a affirmé que les roquettes lancées hier, de 107 mm cette fois-ci, étaient également de type artisanal, placées sur des bases en bois. Les milieux militaires soupçonnent d’ailleurs l’existence d’une autre série de roquettes artisanales qui serait aux mains des groupuscules salafistes. Un autre avis va plutôt dans le sens d’une piste israélienne, « car les agents de l’État hébreu auraient également tout intérêt à déstabiliser la situation au Liban ». Sur le terrain, la tension s’est immédiatement fait ressentir dès l’annonce du lancement des roquettes et de la riposte de l’État hébreu, qui s’est accompagnée d’un survol intensif par les avions militaires israéliens de l’espace aérien libanais. La veille, à 23h30, un navire militaire israélien avait également violé la résolution 1701 en sillonnant les eaux territoriales libanaises, face à Naqoura. Tout au long de la bande frontalière, l’armée a aussitôt renforcé son dispositif de défense et ses unités ont patrouillé dans ce secteur, en collaboration avec les forces onusiennes, pour tranquilliser la population et veiller à sa sécurité. L’armée a également lancé une enquête « pour identifier les auteurs des tirs en vue de les poursuivre ». « Le commandement de l’armée réitère son respect méticuleux des dispositions de la résolution 1701, a ajouté le communiqué publié par l’institution militaire. Il rappelle également son refus de permettre à quiconque de troubler la sécurité et la stabilité du pays en se servant du Liban-Sud comme boîte aux lettres pour lancer des messages absurdes qui ne servent que les intérêts de l’ennemi Israël. » Le commandement note toutefois que « l’ennemi s’est empressé de violer la 1701 et d’agresser le Liban, sans permettre à la Finul de remplir la mission qui est la sienne ». De son côté, la porte-parole de la Finul, Yasmina Bouziane, a indiqué que les Casques bleus, « en coopération avec l’armée libanaise, enquêtent sur le terrain pour localiser le site d’où ont été tirées les roquettes ». La porte-parole a en outre affirmé que le commandant en chef des forces onusiennes, le général Claudio Grazziano, appelle les parties concernées à faire preuve d’un maximum de retenue et continue à travailler avec le Liban et Israël au maintien de la cessation des hostilités. Jeanine JALKH Kahwagi décide d’envoyer des unités spéciales au sud du Litani Le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, a décidé hier d’envoyer des unités spéciales dans la région du sud du Litani pour renforcer la capacité de la troupe à se défendre contre une éventuelle agression israélienne. Les unités ont été immédiatement déployées dans la région. Le général Kahwagi a, par ailleurs, inspecté hier les unités de l’armée stationnées au sud du Litani. Il a ainsi rencontré des officiers et des militaires, auxquels il a donné ses directives, appelant les troupes à rester en état d’alerte pour défendre le territoire. Le commandant en chef de l’armée a précisé que la troupe n’hésitera pas à consentir tous les sacrifices nécessaires en cas d’agression israélienne contre le pays et que le Liban « se tiendra comme un seul homme pour faire face à toute agression qui toucherait la population et le territoire ». Le général Kahwagi a exprimé son respect le plus rigoureux des résolutions internationales dans toutes leurs dispositions, appelant toutes les parties à les mettre en application. Il a également mis en exergue la coopération totale de l’armée avec la Finul au Liban-Sud. « Il ne sera pas permis à ceux qui ont des intentions qui vont à l’encontre de l’intérêt national de nous entraîner dans une confrontation (...) en dehors du timing déterminé par le Liban », a-t-il noté. Il a enfin appelé l’armée à respecter le climat de démocratie, de liberté et d’intégrité, et à rester à égale distance de tous, dans la perspective des prochaines législatives. Israël met en garde les habitants du Sud Suite aux tirs de roquettes qui l’ont visé hier, Israël a mis en garde, par voie d’appels téléphoniques, les habitants du Liban-Sud. « Peuple libanais, le tir de roquettes depuis le Liban-Sud contre des innocents dans le nord d’Israël va à l’encontre de vos intérêts », affirme un des avertissements téléphoniques. « Nous vous mettons en garde contre toute répétition de ces actes de destruction », poursuit le message préenregistré. Un autre prévient : « Ceci est un message de l’État d’Israël aux habitants du Liban-Sud. Si vous permettez à des groupes tels qu’el-Qaëda et le Hezbollah de lancer des roquettes contre des innocents du nord d’Israël, comme vous l’avez fait auparavant, souvenez-vous de ce qui vous est arrivé la dernière fois. »
Pour la deuxième fois depuis le début de l’offensive israélienne contre Gaza, des roquettes tirées à partir du secteur du Arkoub, au Liban-Sud, ont touché hier le nord d’Israël sans faire de victimes ni de dégâts. Pour la seconde fois également, personne n’a revendiqué ces tirs, ce qui laisse le champ libre à de nombreuses spéculations sur l’identité des auteurs aussi bien que sur les objectifs visés.
Du déjà-vu. Sitôt après le tir des roquettes, l’État hébreu a riposté en bombardant la zone à partir de laquelle les engins ont été lancés, au moment où l’armée libanaise et la Finul désamorçaient 3 autres roquettes, de type Grad, prêtes au lancement et qui avaient été auparavant piégées. Ces engins ont été trouvés dans le secteur d’où les autres roquettes avaient été tirées. Ils...