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Société Parquets, moulures et dorures pour les sans-abri de Berlin

Une artiste allemande a rénové en version cossue un foyer pour sans-abri afin de rendre à ses occupants la fierté perdue au fil des coups durs de la vie. Récemment, des touristes s’y sont trompés. Ils cherchaient leur hôtel et sont entrés dans le hall de la « Maison Schneweide » dans le sud-est de Berlin, rebaptisée « Richesse 2 » par l’artiste Miriam Kilali. « On était plutôt fiers » de cette erreur, confie Edeltraud Hrnschemeyer, la directrice du foyer. Il a fallu un an et demi pour transformer l’immeuble, où des canapés en cuir marron et rouge trônent désormais dans un décor agrémenté de lustres et de plantes vertes. Une vingtaine d’hommes, âgés d’une quarantaine à une soixantaine d’années, résident là. Tous souffrent de problèmes d’alcoolisme et presque tous ont connu la rue. « Et pourquoi est-ce que des gens qui vont mal ne mériteraient pas de vivre quelque chose de beau ? » demande Susanne Kahl-Passoth, qui dirige l’œuvre caritative protestante Diakonie, propriétaire de l’immeuble. Miriam Kilali, 42 ans, n’en est pas à son coup d’essai. En 2005, elle avait transformé un foyer pour sans-abri dans le nord de Moscou, « l’Hôtel Marfino ». Son prochain chantier est déjà prévu à New York, le projet « Richesse 3 ». « Ces gens ont connu les coups du destin et le sentiment de pauvreté les a accablés », dit Mme Kilali, qui vit à Berlin. Son objectif : leur offrir « le plus beau foyer du monde ». Pour réaliser ce qu’elle considère comme « un vaste projet artistique dans lequel vivent des gens », l’artiste a réuni plus de 100 000 euros de dons. Une chaîne d’ameublement suédoise a notamment mis au pot. Les pensionnaires du foyer ont activement aidé à décoller des carrelages, poncer les murs, installer de nouveaux planchers, et ont pu choisir une partie du nouveau mobilier. Lorsqu’elle faisait ses études d’art, Miriam Kilali œuvrait en parallèle dans un centre de conseil pour les sans-abri. Leur situation l’a profondément touchée. Mais elle voulait « faire davantage que des photos ou des peintures » sur le sujet. Elle s’émeut que les sans-abri soient les oubliés de notre société, « eux qui n’ont pas de lobby ». Certains des habitants de la « Maison Schneweide » ont d’abord perdu leur travail, d’autres d’abord leur femme puis leur famille. À la fin, ils ont tout perdu et sombré dans l’alcool. Wolfgang Binder laisse aujourd’hui volontiers la porte de sa chambre ouverte. Chacun doit pouvoir constater comme elle belle désormais : un lustre, des dorures au plafond, un parquet clair, des tapisseries bleu ciel et des rideaux blancs. Sur le mur au-dessus du lit est accrochée une photographie d’une scène de rue à New York. Cela lui rappelle sa sœur, qui vit là-bas. Dans la chambre, il y a aussi un aquarium, une radio, un cendrier. « C’est le rêve », dit Wolfgang Binder. Et un sourire éclaire son visage de cinquantenaire cabossé. « Ceux qui viennent ici attendent encore quelque chose de la vie », confie la directrice du foyer. « Notre objectif n’est pas qu’ils parviennent à l’abstinence, mais qu’ils développent des perspectives » d’avenir, souligne Mme Hrnschemeyer. Miriam Kilali est persuadée que dans le beau, on s’épanouit mieux. « Nombreux sont ceux qui pensent que lorsqu’on parle de richesse, il s’agit d’argent. Mais moi, je veux donner quelque chose de beau à vivre à ceux qui ont apparemment tout perdu », dit-elle. À Moscou, la rénovation du foyer a euphorisé certains de ses habitants, selon l’artiste. « Pour ces hommes, c’était comme un miracle. » Plusieurs se sont aussitôt mis à rechercher du travail. Et plusieurs en ont trouvé.
Une artiste allemande a rénové en version cossue un foyer pour sans-abri afin de rendre à ses occupants la fierté perdue au fil des coups durs de la vie.
Récemment, des touristes s’y sont trompés. Ils cherchaient leur hôtel et sont entrés dans le hall de la « Maison Schneweide » dans le sud-est de Berlin, rebaptisée « Richesse 2 » par l’artiste Miriam Kilali. « On était plutôt fiers » de cette erreur, confie Edeltraud Hrnschemeyer, la directrice du foyer. Il a fallu un an et demi pour transformer l’immeuble, où des canapés en cuir marron et rouge trônent désormais dans un décor agrémenté de lustres et de plantes vertes. Une vingtaine d’hommes, âgés d’une quarantaine à une soixantaine d’années, résident là. Tous souffrent de problèmes d’alcoolisme et presque tous ont connu la rue. « Et...