Insolite
Les narcotrafiquants colombiens
escroqués par les marchands d’art
le 15 janvier 2009 à 00h00
Des dizaines de faux Dali, Renoir ou encore Rubens, acquis à prix d’or, ont été saisis chez des trafiquants de drogue bien ingénus en matière d’art.
La Direction nationale de lutte contre les stupéfiants (DNE) a en sa possession quelque 500 toiles d’artistes colombiens et étrangers faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou déjà saisis. « Les murs de cet immeuble sont remplis d’œuvres sans aucune valeur artistique », déplore Omar Figueroa, le responsable des biens saisis par la DNE, en précisant qu’elles feront l’objet de ventes aux enchères. Selon la DNE, environ 70 % des toiles saisies seraient des faux, le reste faisant encore l’objet d’expertises. Omar Figueroa cite notamment, sans en donner le nom, une œuvre du peintre surréaliste espagnol Salvador Dali, récupérée après la mort d’une trafiquante, qui s’est avérée fausse.
Chaque tableau saisi est remis au Musée national de Colombie à Bogota pour expertise. Les faux sont entreposés dans des caves et les toiles de maître restent au musée pour y être exposées. Mais déterminer l’authenticité d’un tableau n’est pas toujours aisé, explique un responsable du musée sous le couvert de l’anonymat. L’expertise peut prendre des années et parfois nécessiter l’intervention d’experts européens à des frais excessifs pour la direction antidrogue. « C’est ce qui nous arrive avec un Rubens saisi à Hernando Gómez Bustamante, (un trafiquant arrêté à Cuba, avant d’être extradé vers la Colombie, puis les États-Unis). Il fait l’objet d’une expertise, mais nous devrions faire venir un spécialiste de cette école et nous n’en avons pas les moyens, explique Omar Figueroa. « Nous ne pensons pas qu’il s’agit d’un vrai Rubens, mais nous n’avons pas le moyen de le vérifier. Alors nous attendons, on ne sait jamais. »
La DNE se propose malgré tout d’organiser cette année une grande vente aux enchères où elle espère collecter 136 millions de dollars, une première en matière d’art. Les policiers antidrogue « ont déjà vendu en deux ans pour 63 millions de dollars » de biens, explique-t-on à la DNE, avant de préciser que contrairement à la croyance populaire, les voitures, avions, bateaux ou motos ayant appartenu à de grands trafiquants n’effraient pas les acquéreurs. « Il n’y a pas eu de méfiance. Mais notre but est de nous assurer que ce qui se vend ne retourne pas chez les trafiquants ou leurs familles après avoir été acquis par des hommes de paille », ajoute Omar Figueroa.
Des dizaines de faux Dali, Renoir ou encore Rubens, acquis à prix d’or, ont été saisis chez des trafiquants de drogue bien ingénus en matière d’art.
La Direction nationale de lutte contre les stupéfiants (DNE) a en sa possession quelque 500 toiles d’artistes colombiens et étrangers faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou déjà saisis. « Les murs de cet immeuble sont remplis d’œuvres sans aucune valeur artistique », déplore Omar Figueroa, le responsable des biens saisis par la DNE, en précisant qu’elles feront l’objet de ventes aux enchères. Selon la DNE, environ 70 % des toiles saisies seraient des faux, le reste faisant encore l’objet d’expertises. Omar Figueroa cite notamment, sans en donner le nom, une œuvre du peintre surréaliste espagnol Salvador Dali, récupérée après la mort...
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