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Actualités - Opinion

L’application incomplète de la 1701 fragilise le Liban Le commentaire d’Émile Khoury

Le même scénario qu’en juillet 2006 : le Conseil de sécurité tarde à rendre un arrêt de cessez-le-feu, donnant à Israël plus de temps pour neutraliser le Hamas, comme il lui avait laissé une marge de plusieurs semaines face au Hezbollah. Cette fois, le délai risque d’être plus étendu. Les Israéliens sont unis sur la nouvelle guerre, alors qu’ils ne l’étaient pas lors de la précédente. Et ils bénéficient, contrairement à l’expérience antérieure, de plusieurs conflits qui font blocage : les divisions interpalestiniennes, les frictions interarabes qui gèlent la tenue d’un sommet et les différends entre grandes puissances, les USA rejetant toute motion ne condamnant pas le Hamas. Le Liban attend la suite d’événements qui peuvent peser lourd sur sa destinée. Car, à cause de l’application (largement) incomplète de la 1701, il n’est pas à l’abri des retombées régionales. Cette résolution capitale édictait l’arrêt des opérations militaires et des actes de violence. Elle ordonnait la libération inconditionnelle des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah. Le Conseil de sécurité délivrait un satisfecit au président Fouad Siniora pour les efforts qu’il déployait et exprimait son appui au plan en sept points publié par le gouvernement libanais pour étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Le Conseil soulignait qu’il ne devait plus y avoir au Liban d’armement non autorisé par la légalité. Il s’engageait à épauler le pouvoir en renforçant la Finul, déployée sur la ligne bleue frontalière avec l’armée libanaise. Et il enjoignait à Israël de se retirer immédiatement du Sud-Liban. La résolution invitait Israël et le Liban à promouvoir un cessez-le-feu de longue durée. En établissant, entre la ligne bleue et le Litani, une zone exempte de tout élément armé, de tout armement et de tout équipement non réguliers. Allant plus loin, la 1701 exige l’exécution totale des dispositions de l’accord de Taëf, comme des résolutions 1559 et 1680 relatives au désarmement de tous les groupes au Liban, conformément à une décision prise dans ce sens par le gouvernement libanais le 27 juillet 2006. Imprévoyance Deux ans et demi plus tard, le Liban n’a toujours droit qu’à la partie émergée de l’iceberg. L’application de la 1701 se limite encore au déploiement de l’armée et de la Finul dans la région frontalière, au retrait du Hezbollah derrière le Litani, à l’arrêt des tirs, mais sans véritable armistice, du moment qu’Israël poursuit ses violations de l’espace aérien et maritime du Liban. Sous couvert de l’impératif de surveiller les activités du Hezbollah. Qui ne cesse de son côté de s’armer. La situation reste donc dangereuse. Il y va, certes, de la négligence du Conseil de sécurité qui n’a pas prévu ce qu’il y aurait à faire si les parties concernées faisaient capoter la 1701. Mais il y va également des divisions entre les Libanais au sujet de l’armement du Hezbollah et des moyens de l’intégrer à la légalité. On peut relever que l’imprévoyance reste une solide constante marquant les édits de la communauté internationale. On ne trouve en effet trace d’aucune disposition « au cas où » dans les innombrables résolutions concernant la cause palestinienne, le problème libanais ou le conflit arabo-israélien. Il n’est que de rappeler la 242 et la 338 toujours en suspens. Et ce n’est que contraint et forcé qu’Israël s’est retiré du Liban, non parce que la 425 le lui commandait. De Gaulle à Fouad Boutros, venu le remercier en 68 d’avoir condamné le raid israélien sur l’aéroport de Beyrouth : « Écoutez, mon ami, je suis avec le Liban quand il est avec lui-même. J’interviendrai si Israël tente de l’attaquer. Mais si cela s’embrase entre Basta et Achrafieh, je n’y pourrai strictement rien ! » Cette leçon vaut pour les Libanais, les Palestiniens et les Arabes, aujourd’hui encore plus qu’hier.
Le même scénario qu’en juillet 2006 : le Conseil de sécurité tarde à rendre un arrêt de cessez-le-feu, donnant à Israël plus de temps pour neutraliser le Hamas, comme il lui avait laissé une marge de plusieurs semaines face au Hezbollah. Cette fois, le délai risque d’être plus étendu. Les Israéliens sont unis sur la nouvelle guerre, alors qu’ils ne l’étaient pas lors de la précédente. Et ils bénéficient, contrairement à l’expérience antérieure, de plusieurs conflits qui font blocage : les divisions interpalestiniennes, les frictions interarabes qui gèlent la tenue d’un sommet et les différends entre grandes puissances, les USA rejetant toute motion ne condamnant pas le Hamas.
Le Liban attend la suite d’événements qui peuvent peser lourd sur sa destinée. Car, à cause de l’application...