Des milliers de personnes ont manifesté hier dans plusieurs régions contre le blocus imposé par Israël à Gaza. Les allocutions prononcées ont déploré
« le silence arabe » et appelé l’Égypte à prendre une « position historique » pour aider le peuple palestinien.
« Non aux accords (de paix) s’ils doivent mener à une catastrophe humanitaire », « Que Dieu protège notre leader Nasrallah », « Mort à l’Amérique, mort à Israël ! »… Ils étaient des dizaines de milliers à scander hier ces slogans, dans le cadre du rassemblement organisé dans la banlieue sud de Beyrouth, en réponse à l’appel lancé lundi dernier par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah à une manifestation dans les principales villes du pays contre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
Les principales rues de la banlieue étaient noires de monde en début d’après-midi et plusieurs d’entre elles étaient fermées à la circulation. En tête de cette marche, encadrée par le service d’ordre du Hezbollah, des femmes en tchador noir et des scouts du mouvement portaient deux énormes drapeaux palestiniens ainsi que des photos du fondateur de la République islamique iranienne, l’ayatollah Khomeyni, et des « martyrs » du Hezbollah.
« La Palestine est notre cause centrale. Nous avons la responsabilité comme tous les Arabes et musulmans d’œuvrer en vue de libérer (la Palestine) tout entière », a affirmé le vice-secrétaire du Hezbollah, Naïm Kassem, s’adressant aux manifestants à partir d’une tribune installée sur l’autoroute.
Rendant hommage au peuple palestinien, « l’exemple des hommes libres », cheikh Kassem a souligné que « le Conseil de sécurité » des Nations unies est complice dans le blocus imposé à Gaza et « les grandes nations et les pays arabes témoignent » de ce « crime humanitaire ».
« Nous, au Hezbollah, n’abandonnerons pas notre cause, la cause de la Palestine », a-t-il ajouté, assurant que le parti de Dieu restera aux côtés du peuple palestinien jusqu’à ce qu’il libère l’ensemble de son territoire. « Nous n’accepterons pas les compromis injustes, ratés et humiliants », a encore assuré le vice-secrétaire général du Hezbollah.
« Nous n’accepterons pas que la cause palestinienne soit réduite à une trêve fragile et nous n’accepterons pas que la Palestine soit réduite à un simple camp sûr à Gaza », a-t-il poursuivi, indiquant que la cause palestinienne est une cause juste qui doit pousser « les pays arabes et occidentaux à intervenir » pour protéger le peuple palestinien de « ce projet injuste ».
L’Égypte
Cheikh Kassem a de même vivement critiqué les pays arabes qui « observent » ce qui se passe à Gaza. « Il est de votre responsabilité de soutenir la cause palestinienne par l’argent, les armes et par une prise de position courageuse », a-t-il insisté. « Se taire face au blocus est une participation à l’occupation », a déclaré cheikh Kassem. Et d’appeler l’Égypte à « prendre une position historique » en ce sens. « L’Égypte a tous les motifs religieux, politiques, moraux, humanitaires et légaux pour soutenir le peuple palestinien », a-t-il remarqué. « Le monde arabe et islamique vous soutiendra », a poursuivi cheikh Kassem, en s’adressant aux dirigeants égyptiens.
S’adressant enfin au peuple palestinien, il a réitéré la position du Hezbollah qui « fera son devoir pour aider Gaza », soulignant dans ce cadre que « la Résistance est plus forte qu’elle ne l’a été avant l’offensive de juillet ».
Des haut-parleurs ont par ailleurs diffusé un discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et des chants à la gloire de Jérusalem.
« Manifester ne suffit pas. Il faut une action militaire pour éliminer Israël », a affirmé un manifestant, Mosbah Karout, 42 ans, venu du sud du Liban.
En outre, dans le prêche du vendredi, l’uléma Mohammad Hussein Fadlallah a indiqué que « le blocus imposé à Gaza est voué à se transformer d’un blocus sécuritaire, alimentaire et sanitaire en un blocus politique qui ouvre la voie à l’exode du peuple palestinien ». Il vise aussi à « pousser les Palestiniens à accepter les conditions d’Israël en ce qui concerne les négociations ».
De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite islamique, cheikh Abdel-Amir Kabalan, a invité « le peuple arabe et islamique » à tenir « un congrès populaire à La Mecque, au Caire ou à Téhéran » pour aider le peuple palestinien.
Parallèlement à cette manifestation, d’autres rassemblements étaient organisés, par des mouvements islamistes et palestiniens, notamment à Nabatiyé. Dans une allocution, le député Hassan Houballah, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a dénoncé le « silence arabe » face au blocus imposé à Gaza. Il a de même appelé l’Égypte à « prendre une prise de position courageuse » pour soutenir les palestiniens à Gaza et à « défier ainsi l’administration américaine et sioniste et à ouvrir le point de passage au peuple palestinien de Gaza ».
Des manifestations de soutien à la cause palestinienne et avec les habitants de Gaza ont également eu lieu au Akkar, à Denniyé, dans les camps de Nahr el-Bared et de Beddaoui au Liban-Nord, ainsi qu’à Rachaya el-Wadi dans la Békaa, au camp al-Jalil à Baalbeck, au Hermel, à Tyr, ainsi qu’à Kfarmatta, à Chéhim et à Chemlane, dans le Chouf.
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« le silence arabe » et appelé l’Égypte à prendre une « position historique » pour aider le peuple palestinien.
« Non aux accords (de paix) s’ils doivent mener à une catastrophe humanitaire », « Que Dieu protège notre leader Nasrallah », « Mort à l’Amérique, mort à Israël ! »… Ils étaient des dizaines de milliers à scander hier ces slogans, dans le cadre du rassemblement organisé dans la banlieue sud de Beyrouth, en réponse à l’appel lancé lundi dernier par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah à une manifestation dans les principales villes du pays contre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
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