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Actualités - Opinion

Le commentaire d’Émile Khoury Spéculations électorales sur le timing de Bellemare

Le commissaire-procureur Bellemare va-t-il publier son acte d’accusation dans l’assassinat du président Hariri avant ou après les législatives ? La question a beaucoup d’importance en termes de stratégie politique. Certains estiment que des parties déterminées vont s’efforcer d’obtenir le gel de la procédure pour qu’elle n’ait pas d’effets négatifs tant sur le déroulement du scrutin que sur la stabilité du pays. Ou encore sur une situation économique saturée de secousses. Ils font valoir qu’en bonne logique, les conclusions du parquet ne devraient pas tomber avant la fin de l’enquête policière et judiciaire. Sans doute plusieurs longs mois après la mise en place du tribunal, le 1er mars. Mais d’autres prévoient que l’acte d’accusation serait rendu public dès avril pour marquer le passage de témoin entre Bellemare le commissaire et Bellemare le procureur, entre la commission d’enquête et les investigations que le parquet aurait à poursuivre. Ils soulignent que dans un crime de sang et de terrorisme, l’instruction n’a pas besoin de réunir une totalité de preuves, à charge ou à décharge pour requérir, inculper ou blanchir. Car une mise en examen, ou une relaxe préventive, ne constitue pas un verdict. Ils pensent, de plus, que les mesures de protection des témoins, comme des suspects, nécessitent d’être couvertes par l’ombrelle légale d’un réquisitoire. Pour qu’on puisse transférer à La Haye les détenus actuels ou futurs. L’un ou l’autre choix de Bellemare, qui s’affirme soucieux de parer à toute politisation abusive du dossier, politique en soi, serait lourd de conséquences. D’un côté, le report de son coup d’envoi recèlerait un danger manifeste de voir se conclure, après les législatives, un bazar aux dépens du Liban libre et de la justice. Mais, d’un autre côté, la publication avant les élections produirait un risque au moins égal de séisme politico-sécuritaire, selon les termes de l’ambassadeur Johnny Abdo. À son avis, le tribunal ne démarrerait pas dès le 1er mars s’il ne disposait pas déjà d’éléments essentiels lui permettant de ne pas avoir besoin, pour procéder, des aveux directs des coupables. Il estime que les pressions régionales et internationales peuvent, certes, retarder le processus, mais ne peuvent, en aucun cas, l’annuler ni l’empêcher d’aller jusqu’au bout. Encore que, précise-t-il, des arrangements pourraient être conclus ultérieurement quand il faudra appliquer les sentences rendues. L’ambassadeur ajoute : « Ce ne sont pas les législatives libanaises qui décident au sujet de la publication de l’acte d’accusation. Elle se fera en temps dû, indépendamment des élections et de tout autre considération. Comme Bellemare le souligne volontiers, il n’a pas pris en charge le dossier pour échouer. » De son côté, le sénateur US démocrate Gary Ackerman a assuré au président Sleiman que le tribunal n’est pas du tout soumis à l’influence, et encore moins à l’autorité, des États-Unis, en précisant que les Américains ne peuvent en aucun cas renoncer à soutenir la quête de vérité « car c’est une question d’honneur concernant tous les peuples épris de justice ». Le mot de la fin revient au fils de la victime, Saad Hariri. Il estime que lorsque le tribunal aura rendu son verdict, le Liban abordera une nouvelle page de son histoire politique. Annonçant que le 14 Mars publiera alors les principes d’une solution à négocier avec le Hezbollah et Amal.
Le commissaire-procureur Bellemare va-t-il publier son acte d’accusation dans l’assassinat du président Hariri avant ou après les législatives ? La question a beaucoup d’importance en termes de stratégie politique.
Certains estiment que des parties déterminées vont s’efforcer d’obtenir le gel de la procédure pour qu’elle n’ait pas d’effets négatifs tant sur le déroulement du scrutin que sur la stabilité du pays. Ou encore sur une situation économique saturée de secousses. Ils font valoir qu’en bonne logique, les conclusions du parquet ne devraient pas tomber avant la fin de l’enquête policière et judiciaire. Sans doute plusieurs longs mois après la mise en place du tribunal, le 1er mars.
Mais d’autres prévoient que l’acte d’accusation serait rendu public dès avril pour marquer le passage de...