Les États-Unis réduisent leur
déficit courant mais vivent
largement à crédit
le 18 décembre 2008 à 00h00
Le besoin de financement des États-Unis a baissé au troisième trimestre mais reste très élevé, laissant le pays toujours fortement dépendant aux capitaux étrangers, comme l’indique la balance des paiements américaine publiée par le département du Commerce.
Le déficit des comptes courants américains s’est établi à 174,1 milliards de dollars au troisième trimestre, soit 3,8 % de moins qu’au trimestre précédent, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières. Cela représente 4,8 % du produit intérieur brut de la première économie mondiale, contre 5,1 % au deuxième trimestre.
À titre de comparaison, le rapport du déficit courant au PIB était en moyenne de 1,1 % en 2006 pour les 30 pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), dont font partie les États-Unis.
Le besoin de financement des États-Unis a été comblé essentiellement par un fort mouvement de rapatriement des capitaux américains à l’étranger et une hausse importante des investissements étrangers aux États-Unis, essentiellement sous la forme de bons du Trésor et d’investissements directs.
« À 4,8 % du PIB, l’énorme déficit des comptes courants montre que les Américains continuent de consommer beaucoup plus qu’ils ne produisent et à emprunter trop au reste du monde », estime Peter Morici, économiste à l’Université du Maryland.
Responsable de près du tiers du déficit commercial des États-Unis, la Chine est aussi le premier détenteur de bons du Trésor américain : Pékin avance aux Américains l’argent dont ils ont besoin pour acheter leurs produits chinois. Il en va de même pour la relation des États-Unis vis-à-vis des pays de l’OPEP.
Les États-Unis semblent néanmoins suivre une tendance de réduction de leur déficit courant depuis 2006. Les économistes Ian Shepherdson (HFE) et Elsa Dargent (Natixis) estiment que la récession actuelle devrait les laisser continuer dans cette voie en réduisant fortement la demande américaine pour les produits étrangers.
La Chine a averti hier qu’elle n’entendait pas financer indéfiniment l’économie américaine, bien que de nouveaux chiffres montrent que la Chine a raffermi sa position de premier acquéreur de fonds américains.
« Le fait que la Chine a augmenté ses achats de fonds américains ne doit pas être interprété comme un feu vert à la supposition selon laquelle les États-Unis peuvent à coups d’emprunts se dégager de la crise financière actuelle », souligne en éditorial le quotidien China Daily.
L’avertissement émanant du journal gouvernemental, un quotidien d’expression anglaise qui s’adresse principalement aux étrangers, intervient après que le Trésor américain eut signalé une forte augmentation de l’acquisition par la Chine de bons du Trésor. La Chine détenait pour 652,9 milliards de dollars de bons du Trésor américain fin octobre, soit 11,2 % de plus par rapport aux 587 milliards de dollars détenus un mois plus tôt, lorsque la Chine est devenue le premier créditeur des États-Unis, devançant le Japon, selon les données rendues publiques.
Le besoin de financement des États-Unis a baissé au troisième trimestre mais reste très élevé, laissant le pays toujours fortement dépendant aux capitaux étrangers, comme l’indique la balance des paiements américaine publiée par le département du Commerce.
Le déficit des comptes courants américains s’est établi à 174,1 milliards de dollars au troisième trimestre, soit 3,8 % de moins qu’au trimestre précédent, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières. Cela représente 4,8 % du produit intérieur brut de la première économie mondiale, contre 5,1 % au deuxième trimestre.
À titre de comparaison, le rapport du déficit courant au PIB était en moyenne de 1,1 % en 2006 pour les 30 pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), dont font partie les...
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