L’OPEP a annoncé hier une baisse record de son offre de 2,2 millions de barils par jour à compter du 1er janvier, une décision destinée à surprendre le marché et doper des cours, mais qui a dans l’immédiat provoqué l’effet inverse.
Cette baisse sur un objectif officiel de production de 27,3 millions de barils, la troisième en quatre mois, est la plus importante décidée par le cartel depuis l’introduction de quotas en 1982.
L’OPEP n’a pas obtenu d’accord formel des producteurs non-membres invités à la réunion, mais la Russie et l’Azerbaïdjan se sont dit prêts à réduire leur offre pour soutenir le cartel dans ses efforts de stabilisation des prix.
« On ne parle pas au nom de la Russie, c’est à eux de décider », a expliqué le président actuel du cartel et ministre algérien de l’Énergie, Chakib Khelil, durant la conférence de presse ayant suivi la réunion.
Le vice-Premier ministre russe Igor Setchine s’est dit prêt hier à Oran à baisser de 320 000 bj les exportations russes si la « situation actuelle des prix continue », et l’Azerbaïdjan a promis de réduire de 300 000 bj son offre.
Dans l’heure suivant cette annonce, le baril de brut coté à Londres a touché un plus bas depuis juillet 2004 à 40,20 dollars.
Cette baisse record est pourtant une double surprise : elle allait au-delà des attentes les plus avancées des analystes, qui tablaient sur 1,5 à 2 mbj, et elle dépasse l’annonce faite dans la matinée par le chef de file du cartel, le Saoudien Ali al-Nouaïmi, d’un consensus à 2 mbj.
« Nous avons fait mieux que ce que vous attendiez, j’espère que nous vous avons surpris », a ainsi lancé M. Khelil.
« Une tentative de doper les prix de manière agressive, en procédant à une baisse plus forte qu’attendue, pourrait être contre-productive, en renforçant le pessimisme entourant l’économie », avait averti hier matin Harry Tchilinguirian, de la banque BNP Paribas.
L’OPEP s’inquiète de l’effondrement des prix qui sont passés sous la barre des 40 dollars début décembre à Londres, malgré ses deux baisses de production décidées depuis septembre, de 2 mbj au total.
« L’impact du ralentissement économique a contribué à une destruction de la demande, entraînant un effondrement sans précédent des prix, qui ont perdu plus de 90 dollars le baril depuis juillet », affirme le communiqué de clôture de la réunion, ajoutant que si les prix chutaient davantage « ils mettraient en péril les investissements requis pour garantir un approvisionnement énergétique à moyen-long terme ».
« Nous sommes dans un environnement très dégradé », a abondé M. Khelil.
David Ernsberger, de l’agence spécialisée en énergie Platts, estime toutefois que « si la demande n’est pas stimulée, toutes ces réductions ne vont pas aider l’OPEP à atteindre leurs objectifs » d’une stabilisation des cours.
Dans le même temps, le seul facteur capable de stimuler la demande reste un prix du baril peu élevé, une option à laquelle l’OPEP résiste, analyse-t-il.
L’OPEP, qui s’attend dorénavant à une contraction de la demande en 2008 et 2009, pour la première fois en un quart de siècle, a relevé que « le volume de brut entrant sur le marché est supérieur à la demande actuelle ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’OPEP a annoncé hier une baisse record de son offre de 2,2 millions de barils par jour à compter du 1er janvier, une décision destinée à surprendre le marché et doper des cours, mais qui a dans l’immédiat provoqué l’effet inverse.
Cette baisse sur un objectif officiel de production de 27,3 millions de barils, la troisième en quatre mois, est la plus importante décidée par le cartel depuis l’introduction de quotas en 1982.
L’OPEP n’a pas obtenu d’accord formel des producteurs non-membres invités à la réunion, mais la Russie et l’Azerbaïdjan se sont dit prêts à réduire leur offre pour soutenir le cartel dans ses efforts de stabilisation des prix.
« On ne parle pas au nom de la Russie, c’est à eux de décider », a expliqué le président actuel du cartel et ministre algérien de l’Énergie,...