Le taux de croissance économique a été de 0,6 % en 2006 et de 7,5 % en 2007, selon les comptes nationaux publiés hier.
Le gouvernement a publié hier les comptes nationaux de 2006 et de 2007, élaborés par Robert Kasparian, en collaboration avec l’Insee. Le Premier ministre, Fouad Siniora, s’est félicité « d’un retour aux normes internationales » avec la publication des comptes nationaux « quelques mois » après l’achèvement de l’année en question, tout en espérant que ceux de 2008 seront prêts dans moins de onze mois.
Pour sa part, le conseiller de la présidence du Conseil en charge de la comptabilité nationale, Robert Kasparian, a détaillé les principaux faits qui se sont dégagés des comptes, notamment un taux de croissance de 7,5 % en 2007, soit « le niveau record atteint en 2004 », contre seulement 0,6 % en 2006, en raison de la guerre de juillet.
« Une fois l’effet de la guerre amorti et en phase avec la conjoncture régionale favorable, l’économie libanaise s’est remise sur la voie de la croissance » en 2007, a-t-il affirmé, en soulignant toutefois que « les effets de la conjoncture n’ont pas eu la même ampleur dans tous les secteurs ».
« L’agriculture a ainsi vu sa part dans le PIB baisser constamment de 1997 à 2005, passant de 6,7 % à 5,2 % pour remonter en 2006 et 2007 à un niveau légèrement supérieur à 6 %. Par contre, la part des industries a continué à régresser, tombant de 13,7 % en 1997 à 8,1 % en 2007 », a-t-il poursuivi. Pour M. Kasparian, « la dégradation de la valeur ajoutée dans le secteur de l’énergie est en grande partie responsable de cette régression ». Au total, la contribution de ces deux secteurs de production de biens se situe désormais autour de 15 %, a-t-il ajouté.
Concernant les importations, elles ont reculé de 3,2 % en 2006, en réponse à une baisse de la demande globale de 0,5 % seulement. Inversement, le volume de la demande globale a augmenté de 10,4 % en 2007, entraînant une hausse des importations de 17,2 %.
Du côté de la demande, M. Kasparian a indiqué que la consommation, qui représente environ les deux tiers de la demande globale, est le facteur ayant le plus influencé le taux de croissance. Après avoir reculé de 2,1 % en 2006, la consommation privée, notamment, a augmenté de 6,6 % en 2007. « Il s’agit surtout d’achat de biens durables, tels que les voitures ou les biens d’équipements » (-6,1 % en 2006 et +15,8 % en 2007), les ménages ayant rattrapé les achats non réalisés en 2006 à cause de la guerre.
Quant aux investissements privés, « ils ont très vite repris avec l’arrêt des hostilités », progressant de 4 % en 2006, et de 27,3 % en 2007, « en raison d’un effet rattrapage mais aussi du fait d’un regain d’activité de reconstruction et de la nécessité de reconstituer les stocks ». Les investissements publics ont également augmenté sous l’effet des travaux de reconstruction.
La reprise des exportations, en revanche (comprenant les dépenses des touristes sur le territoire), a été modeste en 2007, avec une hausse de 13,5 % contre une baisse de 0,3 % l’année précédente.
Les comptes indiquent également que la hausse des prix à l’importation n’a pas été entièrement répercutée sur les prix à la consommation, en raison des subventions étatiques de certains produits (électricité, blé…).
« Le déficit des échanges avec l’extérieur, qui comble l’écart structurel entre dépense nationale et production intérieure, a reculé en 2006, pour augmenter à nouveau en 2007 », a poursuivi M. Kasparian. Cet écart s’est élevé à 25 % du PIB en 2007.
Le déficit commercial en biens et services, qui avait reculé à 15,6 % de la dépense nationale en 2002, est remonté à 20,1 % en 2007.
Enfin, M. Kasparian a souligné la hausse de la dépendance des transferts extérieurs. En effet, la part des revenus et des transferts extérieurs courants dans le revenu national brut disponible, qui était tombée de 18,6 % en 1997 à 7,5 % en 2002, est remontée à 13,6 % en 2003 et à 15,6 % en 2007.
« En 2007, ce sont les transferts qui ont permis de dégager un excédent malgré la forte hausse des importations et le déficit de la balance commerciale », a conclu Robert Kasparian.
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Le gouvernement a publié hier les comptes nationaux de 2006 et de 2007, élaborés par Robert Kasparian, en collaboration avec l’Insee. Le Premier ministre, Fouad Siniora, s’est félicité « d’un retour aux normes internationales » avec la publication des comptes nationaux « quelques mois » après l’achèvement de l’année en question, tout en espérant que ceux de 2008 seront prêts dans moins de onze mois.
Pour sa part, le conseiller de la présidence du Conseil en charge de la comptabilité nationale, Robert Kasparian, a détaillé les principaux faits qui se sont dégagés des comptes, notamment un taux de croissance de 7,5 % en 2007, soit « le niveau record atteint en 2004 », contre...