L’Institut de la finance internationale prévoit une croissance au Liban de 5,5 % en 2008 et de 3,5 % en 2009
Dans son premier rapport sur le Liban depuis le déclenchement de la crise financière, l’Institut de la finance internationale (Institute of International Finance-IIF) estime que la crise n’aura pas d’effets directs notables sur le Liban, en indiquant que les « spread » sur les bons du Trésor libanais ont moins augmenté que dans les autres pays émergents, en octobre et en novembre derniers.
Le rapport, cité par le Lebanon this Week du groupe Byblos Bank, souligne que les banques libanaises entretiennent peu de liens directs avec les banques internationales touchées par la crise, tandis que le cadre réglementaire a limité leur exposition aux produits structurés à l’origine de la débâcle. Selon l’institut, le système bancaire libanais reste bien capitalisé et très liquide, les dépôts représentant plus de 80 % des passifs bancaires et les avoirs étrangers nets s’élevant actuellement à 4 milliards de dollars. Le rapport note que le ratio des crédits sur les dépôts, à 35 %, est l’un des plus bas de la région.
L’institut affirme également que la situation macroéconomique du Liban s’est considérablement améliorée depuis l’accord de Doha en mai dernier, mais il prévient que le principal risque pour l’avenir provient d’une éventuelle détérioration de la situation politique ou sécuritaire, dans la perspective des élections législatives de 2009. Globalement, l’institut prévoit une croissance économique de 5,5 % en 2008 et de 3,5 % en 2009, en soulignant que le ralentissement économique mondial pourrait affecter les secteurs du tourisme et de la construction. Il note aussi que l’inflation a atteint un pic à 14 % en juillet dernier, sur un an, avant de se replier à 10 % en septembre. La moyenne sur l’ensemble de l’année devrait atteindre 12 %, et 7,5 % en 2009.
Par ailleurs, l’IIF considère que les finances publiques se sont améliorées en 2008 en estimant que l’excédent primaire dépassera légèrement 2 % du PIB cette année. Le déficit reste toutefois très élevé à cause du service de la dette, ajoute-t-il, en prévoyant un déficit à 9,8 % du PIB en 2008 et à 9 % du PIB en 2009.
Mais la dette publique reste le principal facteur de vulnérabilité macroéconomique, prévient l’institut. Le pays a réussi à maintenir un ratio de dette sur le PIB exceptionnellement élevé grâce à la capacité des banques locales à financer le déficit public avec les dépôts, poursuit-il. En 2009, le gouvernement devra faire face à des besoins de financement bruts de 5,5 milliards de dollars, qu’il devrait être en mesure de lever sur les marchés ou à travers les donateurs.
L’institut prévoit une baisse de la dette à 165 % du PIB en 2008 et à 140 % en 2009. Enfin, l’IIF estime que le déficit des comptes courants externes devrait augmenter à environ 12,9 % du PIB cette année et à 13,1 % en 2008, mais les réserves brutes officielles devraient atteindre 17,5 milliards de dollars en 2008 puis 21,7 milliards en 2009.
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Dans son premier rapport sur le Liban depuis le déclenchement de la crise financière, l’Institut de la finance internationale (Institute of International Finance-IIF) estime que la crise n’aura pas d’effets directs notables sur le Liban, en indiquant que les « spread » sur les bons du Trésor libanais ont moins augmenté que dans les autres pays émergents, en octobre et en novembre derniers.
Le rapport, cité par le Lebanon this Week du groupe Byblos Bank, souligne que les banques libanaises entretiennent peu de liens directs avec les banques internationales touchées par la crise, tandis que le cadre réglementaire a limité leur exposition aux produits structurés à l’origine de la débâcle. Selon...