Le Caire a accusé ouvertement le mouvement islamiste palestinien d’avoir torpillé ses efforts pour une réconciliation interpalestinienne. L’échec de la réconciliation interpalestinienne est dû « au manque d’enthousiasme du Hamas », a affirmé le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit, cité hier par la presse.
Seul pays arabe frontalier avec la bande de Gaza, l’Égypte s’efforce en vain depuis plus de trois mois de trouver un terrain d’entente entre les deux mouvements rivaux, le Fateh et le Hamas, pour éviter un débordement sur son territoire du conflit qui les oppose depuis le coup de force du Hamas à Gaza en juin 2007. Le Caire craint une répétition du scénario de janvier dernier lorsque des centaines de milliers de Palestiniens de Gaza ont afflué pendant plusieurs jours dans le Sinaï après la destruction à l’explosif du mur frontalier à Rafah.
Le chef des services des renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, s’est investi depuis fin août dans des consultations avec les représentants de 13 factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas, pour leur arracher un accord sur la formation d’un gouvernement de consensus national. L’Égypte souhaite qu’un tel gouvernement, qui ne comprendrait pas de figures politiques des deux rivaux mais des technocrates proches des deux mouvements, puisse être accepté par la communauté internationale et permette une réouverture du terminal de Rafah en vertu des dispositions prévues par l’accord signé en 2005 par Israël, l’Autorité palestinienne et l’Union européenne.
Mais les tensions entre l’Égypte et le Hamas ne sont pas sans liens avec la conjoncture dans la région, où une guerre d’influence oppose depuis la guerre du Liban en 2006 deux camps opposés : l’un, dit des « modérés », regroupe notamment l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Jordanie, alors que l’autre, qualifié de « dur », comprend l’Iran et la Syrie, le Hamas et le Hezbollah.
Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe la semaine dernière au Caire, le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Moallem a accusé implicitement l’Égypte de soutenir le Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas aux dépens du mouvement islamiste. « Le médiateur (égyptien) doit garder une distance égale de toutes les factions », a-t-il dit. Le Caire a rétorqué par un communiqué officiel affirmant que « c’est plutôt la Syrie qui doit adopter une position impartiale » et cesser de soutenir le Hamas.
Mercredi, l’Égypte est allée encore plus loin, cette fois-ci en durcissant sa position vis-à-vis de l’Iran. M. Gheit a pour la première fois affirmé que son pays « soutenait les efforts internationaux pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ». Jusqu’ici le Caire se contentait d’appeler à « une solution négociée du dossier nucléaire iranien » et hésitait à soutenir les sanctions imposées à Téhéran par la communauté internationale. « Les dirigeants du Hamas ont reconnu ouvertement qu’ils sont financés par un pays de la région », a dit mercredi, dans une allusion à l’Iran, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement égyptien, Moustafa el-Fekki.
La fermeture du point de passage de Rafah se répercute également sur la situation intérieure en Égypte.
L’institution religieuse officielle, l’imam d’al-Azhar Mohammad Sayyed Tantaoui, nommé par le chef de l’État Hosni Moubarak, est également intervenu pour dénoncer le « crime abominable » du Hamas après que le mouvement eut bloqué des Palestiniens de la bande de Gaza désireux d’effectuer le pèlerinage à La Mecque.
Parallèlement, la police égyptienne a arrêté hier 64 membres des Frères musulmans, le principal mouvement d’opposition en Égypte, qui avaient organisé des manifestations de protestation contre le blocus de la bande de Gaza, a rapporté le groupe. Il n’était pas possible de confirmer ces arrestations auprès des autorités.
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Seul pays arabe frontalier avec la bande de Gaza, l’Égypte s’efforce en vain depuis plus de trois mois de trouver un terrain d’entente entre les deux mouvements rivaux, le Fateh et le Hamas, pour éviter un débordement sur son territoire du conflit qui les oppose depuis le coup de force du Hamas à Gaza en juin 2007. Le Caire craint une répétition du scénario de janvier dernier lorsque des centaines de milliers de Palestiniens de Gaza ont afflué pendant plusieurs jours dans le Sinaï après...