Avec ses 17 buts en 15 matches et son parcours atypique, l’attaquant bosniaque Vedad Ibisevic est le premier rôle de l’affiche de la 16e journée du championnat d’Allemagne qui oppose demain son club, le leader Hoffenheim, au Bayern Munich.
Alors qu’il se morfondait sur le banc des remplaçants la saison dernière, Ibisevic, 24 ans, n’en finit plus de surprendre. Même le légendaire Gerd Müller, très prompt à critiquer les attaquants modernes, ne trouve rien à redire.
« Il peut battre mon record s’il continue à ce rythme. S’il le bat, je serai le premier à le féliciter », assure Müller, dont le record de 40 buts marqués en une saison de Bundesliga tient depuis 1972.
S’il se dit flatté par les compliments du « Bombardier », serial buteur des années 1970 sous le maillot du Bayern Munich, Ibisevic garde les pieds sur terre.
« Cela fait bien sûr plaisir d’entendre de telles paroles, mais je sais que je dois encore travailler. Je sais d’où je viens, les périodes difficiles de ma carrière m’ont beaucoup appris », insiste-t-il.
Car avant d’en arriver là, Ibisevic a bien cru qu’il n’allait jamais percer. Il y a d’abord eu l’exil en Suisse, puis aux États-Unis pour fuir la guerre en Bosnie (1992-1995). En 2004, il tente sa chance en France, au Paris-SG où, sous la direction de son compatriote Vahid Halilhodzic, il ne reste que six mois (quatre matches et aucun but).
Après une saison et demie en 2e division française avec Dijon, Ibisevic rejoint Aix-la-Chapelle, alors dans l’élite allemande, avant de s’engager avec l’ambitieux club de Hoffenheim en août 2007.
Prolifique
Mais comment est-il passé de cinq buts la saison dernière à 17 depuis août, soit plus que les seize « pions » cumulés de Luca Toni, Miroslav Klose et Lukas Podolski, les artificiers du Bayern ?
« Moi non plus, je ne m’y attendais pas. Je dois parfois me pincer pour constater que je ne rêve pas. J’ai toujours beaucoup travaillé, et cette saison est la récompense de tous les efforts que j’ai fournis », tente-t-il d’expliquer.
Alors qu’il est le buteur le plus prolifique d’Europe – sans compter les 29 buts de l’Autrichien Marc Janko avec Salzbourg –, Ibisevic, arrivé en 2007 pour 1,2 million d’euros, commence à susciter bien des convoitises.
Les plus grands clubs européens voudraient le débaucher dès la réouverture du marché des transferts en janvier. Mais l’attaquant, qui aurait aimé devenir acteur, les a déjà prévenus.
« Tout cela me rend fier, mais je porterai encore la saison prochaine le maillot de Hoffenheim », insiste-t-il.
Avec son physique de costaud (1,89 m, 80 kg) et la réussite actuelle de Hoffenheim, bourgade de 3 300 habitants qui évoluait encore en 3e division en 2006, Ibisevic ne doute de rien.
« On peut battre le Bayern, on ne va pas à Munich pour visiter leur stade », assène-t-il.
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Alors qu’il se morfondait sur le banc des remplaçants la saison dernière, Ibisevic, 24 ans, n’en finit plus de surprendre. Même le légendaire Gerd Müller, très prompt à critiquer les attaquants modernes, ne trouve rien à redire.
« Il peut battre mon record s’il continue à ce rythme. S’il le bat, je serai le premier à le féliciter », assure Müller, dont le record de 40 buts marqués en une saison de Bundesliga tient depuis 1972.
S’il se dit flatté par les compliments du « Bombardier », serial buteur des années 1970 sous le maillot du Bayern Munich, Ibisevic garde...