Le chef des FL, Samir Geagea, a
annoncé hier que le 14 Mars fera le nécessaire pour gagner les élections législatives, sans trop
se préoccuper du côté personnel des candidatures.
Après avoir fait savoir il y a quelques jours qu’il serait prêt à des concessions pour que le 14 Mars gagne les élections législatives du printemps prochain, le chef du comité exécutif des Forces libanaises est revenu à la charge lundi soir, soulignant que la dimension individuelle « sera la moins importante » aux yeux de l’alliance au moment où il faudra composer les listes.
M. Geagea s’exprimait lors d’un dîner donné à l’hôtel Regency Palace, à Adma, à l’occasion de la célébration du trentième anniversaire de Radio-Liban libre.
« Nous resterons engagés jusqu’au bout dans l’application de l’accord de Doha et dans la pacification, et cela pour une raison bien simple : c’est parce que nous sommes confiants en notre avenir. Nous ne sommes pas pressés et nous n’avons nulle intention de recourir à des méthodes violentes car nous savons où nous allons. La révolution du Cèdre suit son chemin dans le sens de l’histoire et tôt ou tard elle triomphera », a commencé par dire M. Geagea.
« Il est vrai que nous traversons une phase difficile, mais elle n’est pas catastrophique. La route est dure en raison de la nature politique et confessionnelle du Liban, mais nous parviendrons au bout du compte à un Liban réellement souverain et indépendant », a-t-il assuré.
« Nous resterons attachés au dialogue jusqu’au bout. D’aucuns s’interrogent sur l’utilité de ces séances, je leur réponds que cela vaut mieux que le discours politique transposé dans la rue. N’importe quel dialogue est mieux que pas de dialogue du tout », a-t-il ajouté.
Sur les relations libano-syriennes, M. Geagea a dit : « Nous avons intérêt, en tant que peuple libanais, à entretenir les meilleures relations possibles avec la Syrie. Hélas, il y a souvent une falsification à ce sujet dans ce sens où l’on s’efforce de montrer les Libanais comme étant ceux qui entravent les rapports avec la Syrie. Comme si c’était le Liban qui occupait la Syrie, qui spoliait son pouvoir de décision et sa liberté, et qui refuse aujourd’hui de procéder au tracé des frontières. »
« Si j’étais à la place des responsables syriens après le changement intervenu en 2005, j’aurais volontiers tourné la page. J’aurais établi un bilan avec les Libanais, je leur aurais formulé des excuses, remis les détenus en Syrie et divulgué le sort de ceux qui ont été tués. J’aurais ouvert une nouvelle page entre les deux pays. Mais hélas, cela n’a pas eu lieu. En revanche, il y a eu des assassinats », a accusé le chef des FL.
En allusion à la visite du général Michel Aoun en Syrie, il a dit : « Ceux qui se préparent à aller en Syrie et qui affirment qu’il n’y a plus de problème avec ce pays doivent savoir que cela n’est pas vrai. Ceux qui croient que nous sommes amateurs de confrontation avec la Syrie se trompent. »
« Si la fille de Boutros Khawand (ancien responsable Kataëb présumé détenu en Syrie) rencontrait l’un de ceux qui vont et qui viennent continuellement à Damas et qu’elle lui demandait des nouvelles de son père, que lui répondra-t-il ? Qu’il n’y a plus de problème et que les choses se sont arrangées ? Cela n’est pas permis car il faudrait un minimum de solidarité à l’égard des autres Libanais, et aujourd’hui, qu’on le veuille ou pas, plus de la moitié des Libanais se considèrent visés par les attentats perpétrés par la Syrie », a poursuivi M. Geagea.
Il a à cet égard réaffirmé que si l’avenir montrait que la Syrie n’était pas responsable des assassinats politiques, il serait le premier à lui présenter des excuses.
Enfin, au sujet des législatives, il a dit : « Ce ne seront pas des élections ordinaires, car elles devront déterminer si le Liban continuera sur la voie prise en 2005 ou bien s’il reviendra à la situation antérieure, lorsqu’il n’était qu’une entité fictive dont le pouvoir de décision stratégique se trouvait hors de ses frontières. »
« Dans ces élections, il ne s’agira pas d’individus. Dans la composition des listes, il apparaîtra que la dimension des personnes candidates sera la moins importante. Personne au sein du 14 Mars n’accordera de l’importance aux individus. Ce qui comptera, c’est de faire ce qu’il faudra pour remporter la bataille électorale », a-t-il lancé.
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