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Thaïlande Le Premier ministre Somchai contraint à la démission

L’opposition annonce la fin des manifestations aujourd’hui. La crise thaïlandaise a connu hier deux rebondissements majeurs avec le départ forcé du Premier ministre Somchai Wongsawat et un accord avec les manifestants antigouvernementaux en vue d’une reprise rapide du trafic aérien à Bangkok. La Cour constitutionnelle a rendu un verdict décisif hier ordonnant la dissolution du parti au pouvoir et l’exclusion de M. Somchai de la scène politique pendant cinq ans. Le parti au pouvoir et deux formations alliées ont été sanctionnés car certains de leurs responsables ont été reconnus coupables de fraude électorale, notamment « d’achats de voix », pendant les législatives de décembre 2007 qui avaient mis fin à quinze mois de gouvernement militaire. Au total, 109 dirigeants ont été exclus de la scène politique. En vertu de la Constitution adoptée en août 2007, sous l’impulsion d’une junte, un parti peut être dissout en Thaïlande si un seul de ses responsables est coupable de fraude électorale. Le parti au pouvoir regroupait les lieutenants de l’ex-Premier ministre et homme d’affaires Thaksin Shinawatra, renversé en septembre 2006 par l’armée. M. Somchai est le beau-frère de M. Thaksin, en exil. Le clan Thaksin, populaire parmi les masses rurales du nord de la Thaïlande, est honni par une bonne partie des élites traditionnelles et des classes moyennes de Bangkok. En mai 2007, sous l’impulsion de généraux, un tribunal avait ordonné la dissolution du parti fondé par M. Thaksin, le Thai Rak Thai (TRT). Il avait en outre interdit à 111 dirigeants, dont M. Thaksin, d’exercer toute activité politique pendant cinq ans. Anticipant un scénario similaire, le PPP, successeur du TRT, a déjà créé une « coquille » politique vide, le Pheu Thai, où 216 députés épargnés par la justice ont l’intention de se regrouper. « L’Alliance du peuple pour la démocratie » (PAD) a menacé de reprendre son combat si les alliés de M. Thaksin revenaient aux affaires ou tentaient d’« amender la Constitution ou de brider le pouvoir de la monarchie ». Hier soir, a indiqué la police, plus de 7 000 partisans du gouvernement sortant, vêtus de rouge, étaient rassemblés devant l’administration métropolitaine de Bangkok (centre-ville) pour protester contre ce « coup d’État déguisé », alors que l’armée a refusé de prêter main-forte à la police pour débloquer les aéroports. En signe de protestation contre le gouvernement, des manifestants, vêtus de jaune, en signe d’allégeance au roi, occupaient depuis une semaine les deux grands aéroports commerciaux de la capitale, Suvarnabhumi (700 vols quotidiens) et Don Mueang (vols intérieurs). Ils ont lâché du lest après le verdict sans détour de la Cour constitutionnelle. Le président de l’autorité chargée des aéroports de Thaïlande (AOT), Vudhihaandhu Vichairatama, a annoncé un accord avec la PAD en vue d’une évacuation de ses militants de l’aéroport international Suvarnabhumi. Un premier avion pourrait partir « d’ici à 24 heures, s’il n’y a pas de problème technique », a-t-il dit. Mais d’autres responsables ont indiqué que la remise en état du site et toutes les vérifications d’usage pourraient prendre plusieurs jours avant un retour à la normale. Le fondateur de la PAD, Sondhi Limthongkul, a promis l’arrêt de toutes les manifestations aujourd’hui, deux jours avant le 81e anniversaire du très respecté monarque Bhumibol Adulyadej. La PAD « a accepté de cesser les manifestations après une longue campagne de 192 jours. Nous avons remporté une victoire et atteint nos objectifs », a affirmé M. Sondhi. La fermeture des aéroports a bloqué en Thaïlande plus de 350 000 passagers et de nombreux touristes tentaient encore hier de partir depuis les aéroports secondaires de Phuket (Sud), de Chiang Mai (Nord) et une base navale au sud-est de Bangkok. La crise thaïlandaise a pris une tournure parfois violente entre pro et antigouvernementaux (sept morts, des centaines des blessés depuis août). Elle n’a cependant pas perturbé le défilé militaire en grande pompe organisé hier à l’occasion de l’anniversaire du roi qui n’a pas dit un mot sur les désordres. Le chaos a également coûté la vie à quatre étrangers – deux Canadiens, un Néerlandais et un Hongkongais – qui tentaient de prendre des vols dans le sud et ont été tués dans des accidents de la route ces derniers jours.
L’opposition annonce la fin des manifestations aujourd’hui.
La crise thaïlandaise a connu hier deux rebondissements majeurs avec le départ forcé du Premier ministre Somchai Wongsawat et un accord avec les manifestants antigouvernementaux en vue d’une reprise rapide du trafic aérien à Bangkok.
La Cour constitutionnelle a rendu un verdict décisif hier ordonnant la dissolution du parti au pouvoir et l’exclusion de M. Somchai de la scène politique pendant cinq ans. Le parti au pouvoir et deux formations alliées ont été sanctionnés car certains de leurs responsables ont été reconnus coupables de fraude électorale, notamment « d’achats de voix », pendant les législatives de décembre 2007 qui avaient mis fin à quinze mois de gouvernement militaire. Au total, 109 dirigeants ont été exclus de la scène...