Grands chantiers lancés, stades et moyens de transport, programme de recrutement dans la police : le comité exécutif de la FIFA qui s’est tenu cette semaine à Johannesburg a permis de faire le point sur les promesses et défis de l’Afrique du Sud à un an et demi du Mondial 2010.
Sécurité
Aux discours péremptoires d’il y a un an – « Le pays sera sûr » – ont succédé des projets plus précis dans un pays où une cinquantaine de meurtres sont commis chaque jour. Un budget de 100 millions d’euros environ a été alloué, englobant recrutement de personnels (objectif: dépasser les 190 000 policiers dès 2009) et équipements (drones, hélicoptères, canons à eau, etc.). André Pruis, directeur adjoint de la police nationale sud-africaine, admet qu’une des clés de la sécurité pendant le Mondial sera de déplacer les forces de l’ordre le plus rapidement possible d’un point à un autre, face à une circulation déjà congestionnée en temps normal dans les grandes villes en l’absence de transports publics. Dans le cadre de sa préparation, la police sud-africaine a pris contact avec ses homologues français, allemands et anglais pour s’inspirer de leurs méthodes et matériels. La formation d’un personnel compétent, pour une réponse graduée en cas d’incidents parmi les supporters, sera capitale.
Transports
C’est le signe le plus visible d’un grand projet. Routes, gares, voies ferrées et aéroports sont en chantier, soit pour des rénovations, soit pour des créations d’infrastructures, avec un investissement de plus de 16 milliards de dollars sur la période 2005-2006 à 2009-2010. Il n’est pas seulement question pour le pays de préparer la Coupe du monde mais de laisser un « héritage », comme le souligne Danny Jordaan, président du comité d’organisation. Mais là aussi, la sécurité revient dans le débat. La police ferroviaire doit passer de 1 400 membres à 5 000 en 2010. Dans les gares de Johannesburg, le panneau des interdictions à l’entrée retient l’attention : s’y côtoient les symboles barrés du skate ou du vélo, comme en Europe, mais aussi ceux d’une machette ou d’une mitraillette, rappel de la dure réalité d’un pays où les armes sont en circulation dans les mégalopoles.
Stades
L’Afrique du Sud veut éviter le syndrome de « l’éléphant blanc », c’est-à-dire des beaux stades construits pour l’événement devenus coquilles vides ensuite, comme le Miyagi Stadium au Japon, érigé pour le Mondial 2002. La plupart des enceintes du Mondial existent déjà et continueront de servir pour les matches de football ou de rugby, voire pour l’accueil d’académies sportives destinées à la formation des jeunes espoirs. Tout n’est pas parfait. La pelouse de Bloemfontein aura besoin d’être nivelée, et le stade de Rustenburg a obtenu un délai supplémentaire pour finir ses ouvrages (au 30 janvier au lieu du 21 décembre, ce stade devant accueillir aussi des matches de la Coupe des confédérations). « Soccer City », qui accueillera la finale à Johannesburg, projet colossal de rénovation (94 000 places), avance bien. Ce chantier en est à 65 % de sa réalisation, avec 2 700 ouvriers mobilisés dans cette enceinte ressemblant à l’Allianz Arena de Munich et qui se veut ici une calebasse colorée, pot africain traditionnel.
Ambiance
L’ambiance sera-t-elle au rendez-vous ? Les matches de championnat se déroulent habituellement dans une atmosphère de fête, où les tribunes de béton vibrent au sens propre du terme sous les pas cadencés des supporters dansant et chantant sans discontinuer. Pour le Mondial, l’adhésion des supporteurs sud-africains dépendra aussi des résultats de leur équipe, les « Bafana Bafana » (« Les garçons », en zoulou), 80e nation FIFA, qui passera un gros test lors de la Coupe des confédérations dans une poule avec l’Espagne, l’Irak et la Nouvelle-Zélande. Pour le reste, la projection d’un demi-million de supporteurs étrangers attendus en 2010 laisse encore les observateurs sceptiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Grands chantiers lancés, stades et moyens de transport, programme de recrutement dans la police : le comité exécutif de la FIFA qui s’est tenu cette semaine à Johannesburg a permis de faire le point sur les promesses et défis de l’Afrique du Sud à un an et demi du Mondial 2010.
Sécurité
Aux discours péremptoires d’il y a un an – « Le pays sera sûr » – ont succédé des projets plus précis dans un pays où une cinquantaine de meurtres sont commis chaque jour. Un budget de 100 millions d’euros environ a été alloué, englobant recrutement de personnels (objectif: dépasser les 190 000 policiers dès 2009) et équipements (drones, hélicoptères, canons à eau, etc.). André Pruis, directeur adjoint de la police nationale sud-africaine, admet qu’une des clés de la sécurité pendant le Mondial sera de...