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Actualités - Chronologie

Témoignages Nuit de cauchemar à l’hôtel

Certains sont restés allongés des heures durant sur le sol dans leur chambre, dans le noir. D’autres ont réussi à fuir par un escalier de secours. D’autres, enfin, ont vu les terroristes de très près. « Cela a été, sans aucun doute, la pire expérience de ma vie », raconte à l’AFP l’une des clientes du Taj Mahal, sauvée par les pompiers, alors que le palace a ensuite été victime d’un gigantesque incendie. « On ne savait vraiment pas ce qui se passait. Les six heures que cela a duré ont été extrêmement pénibles », ajoute cette femme, qui est restée allongée sur le sol d’une chambre de l’hôtel, aux côtés de 25 autres clients terrifiés, pendant que les assaillants répliquaient à l’intervention d’unités des commandos de marine venus les secourir. « Nous pouvions au moins entendre l’armée intervenir dans l’hôtel. Nous avons entendu des tirs et des explosions », ajoute-t-elle. Des unités antiterroristes sont intervenues dans l’hôtel tôt hier matin pour déloger les hommes lourdement armés de fusils d’assaut et de grenades qui avaient pris en otages un nombre indéterminé de clients du palace. Un gigantesque incendie s’est déclaré dans une aile historique de l’établissement, prenant au piège de nombreux occupants dans leur chambre. « Finalement, les pompiers ont brisé les fenêtres et nous sommes descendus par les échelles des secours », raconte la même femme. Pour les clients des hôtels de Bombay ciblés par les terroristes, il a suffi de quelques minutes pour qu’une soirée dans un cadre luxueux tourne au cauchemar. Quelques minutes avant les premières détonations mercredi soir, Faisul Nagel, un agent de sécurité sud-africain et son équipe, venue en Inde pour veiller sur la sécurité des joueurs lors d’un championnat de cricket, dînaient tranquillement au 25e étage de la tour de l’hôtel Taj Mahal, juste à côté de la partie ancienne du bâtiment. Soudain, « on a entendu des bruits sourds et on a vu des gens courir dans tous les sens. C’est là qu’on a réalisé qu’il s’agissait d’une attaque terroriste », expliquer Faisul Nagel, joint par téléphone par le bureau de l’AFP de Johannesburg. La salle de restaurant est entourée de fenêtres et de portes vitrées très exposées : les professionnels de la sécurité décident immédiatement d’emmener les clients apeurés vers la cuisine puis une salle de conférences plus sûre. Ils barricadent la pièce avec des tables et des frigos, et s’arment de ce qu’il leur tombe sous la main, couteaux de cuisine et hachoirs. « Nous avons éteint les lumières dans le restaurant pour créer un effet de surprise et on s’est placé à toutes les entrées de la pièce. On a surveillé les deux ascenseurs, qui n’arrêtaient pas de monter et descendre », raconte Faisul Nagel, désormais installé dans un autre hôtel de Bombay. « Nous attendions au cas où quelqu’un monterait. Ils ne sont pas venus, mais il y avait beaucoup de bruit, une explosion, des tirs d’armes automatiques », se rappelle ce chargé de la division sport pour la compagnie de sécurité sud-africaine Nicholls Steyn and Associates. « C’était difficile d’obtenir des informations sur ce qui se passait durant les premières heures », renchérit le directeur de cette société, Bob Nicholls, également présent dans le palace. Les agents arrivent finalement à prendre contact avec le responsable de la sécurité de l’hôtel, et face au risque d’incendie qui se propage dans la partie ancienne du Taj Mahal, ils décident d’évacuer les lieux. « Les gens avaient très peur. Nous leur avons expliqué ce que nous allions faire, souligne Faisul Nagel. J’ai demandé au responsable de dire à la police de ne pas tirer (...) Nous avons évacué tout le monde, sans faire le moindre bruit, par l’escalier de secours derrière l’hôtel. » Une « grand-mère » de 90 ans étant dans l’incapacité de marcher, l’équipe de gros bras n’a eu d’autre choix que de la transporter sur une chaise... et descendre avec elle les 25 étages de la tour. Selon les témoignages, les terroristes cherchaient en particulier les Britanniques et les Américains. « Ils ont dit à tout le monde de ne pas bouger, de mettre les mains sur la tête puis nous ont demandé s’il y avait des Britanniques ou des Américains », raconte Alex Chamberlain, un client anglais de l’hôtel Oberoi Trident. « Mes amis m’ont dit : “Ne joue pas les héros, ne dis pas que tu es britannique” », poursuit-il. Il a pu s’enfuir par un escalier de secours alors que des otages étaient emmenés par leurs ravisseurs dans les étages supérieurs de l’établissement. Même stratégie au Taj Mahal. « Ils cherchaient les étrangers, réclamant les passeports britanniques ou américains », témoigne Rakesh Patel, un Britannique résidant à Hong Kong. « Ils sont arrivés depuis le restaurant et nous ont fait grimper les escaliers », explique-t-il, le visage noirci par la fumée, à la télévision NDTV. David Coker, un étudiant australien de 23 ans qui dînait mercredi soir au Café Leopold, un restaurant de Bombay visé par l’une des fusillades, a raconté au journal australien The Courier-Mail que les assaillants avaient « des têtes de petits garçons. Ils saccageaient tout ». Son amie, 24 ans, a reçu une balle dans la jambe et lui-même a été éraflé par un autre tir. « Je me suis retourné et je l’ai vue ramper vers l’extérieur parce qu’elle ne pouvait pas marcher. Je l’ai agrippée et nous sommes sortis le plus vite possible. » La jeune fille était, hier, dans un état stable.
Certains sont restés allongés des heures durant sur le sol dans leur chambre, dans le noir. D’autres ont réussi à fuir par un escalier de secours. D’autres, enfin, ont vu les terroristes de très près.
« Cela a été, sans aucun doute, la pire expérience de ma vie », raconte à l’AFP l’une des clientes du Taj Mahal, sauvée par les pompiers, alors que le palace a ensuite été victime d’un gigantesque incendie. « On ne savait vraiment pas ce qui se passait. Les six heures que cela a duré ont été extrêmement pénibles », ajoute cette femme, qui est restée allongée sur le sol d’une chambre de l’hôtel, aux côtés de 25 autres clients terrifiés, pendant que les assaillants répliquaient à l’intervention d’unités des commandos de marine venus les secourir. « Nous pouvions au moins entendre...