« Nous sommes prêts à baisser les taux d’intérêt » : le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a conforté hier en des termes d’une rare clarté les attentes d’un nouvel allègement imminent des conditions du crédit en zone euro.
« Ce n’est pas un scoop », a immédiatement ajouté le Français, qui s’exprimait au Caire lors d’une conférence de presse à l’occasion de la signature d’un accord de coopération avec la Banque centrale égyptienne.
Sa remarque intervient alors que la ministre française de l’Économie Christine Lagarde a appelé la BCE à aller plus loin pour aider l’économie. « Encore un effort, M. Trichet, ce serait bien », a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision LCI hier.
Et la veille, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker a également encouragé avant-hier l’institution de Francfort (Ouest) à ouvrir davantage les vannes du crédit.
Depuis un mois, la BCE n’a en fait guère laissé de doute sur l’imminence d’une nouvelle baisse du loyer de l’argent.
Début novembre, M. Trichet ne l’avait pas « exclue », façon de dire, dans son jargon, qu’elle aurait probablement lieu prochainement. Et depuis plusieurs jours, les gardiens de l’euro répètent à tour de rôle que la BCE a de « la marge ».
L’un des plus actifs, l’Allemand Axel Weber, l’a répété hier dans un entretien au Handelsblatt. « Il y a de la marge pour de nouvelles baisses de taux », a-t-il dit, face à une inflation qui se résorbe rapidement et une économie en récession.
Résultat : marchés et économistes misent tous sur un allègement monétaire le 4 décembre. Seule son ampleur les divise encore : baisse de 0,50 ou – du jamais-vu encore à la BCE – 0,75 point de pourcentage ?
Face à l’intensification de la crise financière et aux ravages qu’elle commence à provoquer dans l’économie réelle, la BCE a déjà baissé ses taux à deux reprises en un mois : d’abord le 8 octobre dans le cadre d’une action concertée avec ses homologues mondiales, puis lors de son conseil de novembre. Le principal taux directeur, qui détermine le niveau du crédit en zone euro, est ainsi tombé de 4,25 à 3,25 %.
« Avec une inflation qui a virtuellement disparu et les craintes grandissantes d’une dépression couplée à une déflation, nous pensons que la BCE va utiliser son arsenal monétaire et réduire les taux de manière agressive », juge UBS dans une note d’analyse.
L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) est du même avis. Dans son dernier rapport publié mardi, elle estime que le principal taux pourrait descendre à 2 % d’ici au printemps prochain, voire aller plus bas si la situation se dégradait davantage que prévu.
Jean-Claude Juncker a reconnu mardi que les gouvernements avaient aussi un rôle à jouer pour relancer la croissance. Hier, Bruxelles a annoncé son plan de relance d’un volume de 200 milliards d’euros, qui agrège essentiellement des mesures nationales et reste modeste au regard des centaines de milliards programmés aux États-Unis.
À cet égard, des responsables de la BCE ont commencé à mettre en garde contre des plans de soutien à l’économie faits d’allègements fiscaux dont les États n’ont pas les moyens et qui mettraient durablement en danger les finances publiques.
« Un actionnisme fiscal augmente l’endettement de l’État et peut détruire une confiance dont (les pays) ont amèrement besoin » en ces temps de crise, a ainsi estimé le chef économiste de la BCE, Jürgen Stark, dans une tribune au Handelsblatt de hier.
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« Ce n’est pas un scoop », a immédiatement ajouté le Français, qui s’exprimait au Caire lors d’une conférence de presse à l’occasion de la signature d’un accord de coopération avec la Banque centrale égyptienne.
Sa remarque intervient alors que la ministre française de l’Économie Christine Lagarde a appelé la BCE à aller plus loin pour aider l’économie. « Encore un effort, M. Trichet, ce serait bien », a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision LCI hier.
Et la veille, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro...