Le différend entre Chypre et la Turquie pourrait avoir des retombées néfastes sur le processus d’exploration du fond marin libanais à la recherche d’éventuelles réserves d’hydrocarbures.
Les fonds marins entre Chypre et le Liban, et entre Chypre et l’Égypte renfermeraient en effet d’importantes réserves d’hydrocarbures, selon certains experts. L’île a signé des accords d’exploration et d’exploitations pétrolière et gazière avec l’Égypte et le Liban, suscitant des protestations turques. Le gouvernement chypriote souhaite actuellement ouvrir 11 blocs d’exploration, mais aucun contrat n’a encore été signé.
Cependant, l’an dernier, Ankara avait critiqué le fait que Nicosie lance des appels d’offres pour des licences d’exploration sur cette zone. Et cette affaire a pris de l’envergure au cours des deux derniers jours, vu que la Turquie a dénoncé hier une violation de ses droits territoriaux en Méditerranée orientale par une mission d’exploration pétrolière chypriote, et prévenu qu’elle protesterait auprès d’institutions internationales en réponse aux accusations dont elle est l’objet sur le sujet.
Face à la sensibilité de ce dossier, le Liban n’a toujours pas ratifié le traité, signé avec Chypre le 17 janvier 2007 et définissant les zones économiques exclusives, « de crainte de vexer la Turquie », a indiqué à L’Orient-Le Jour une source officielle autorisée. Cette source a estimé que le différend entre Chypre et la Turquie autour de la prospection pétrolière « n’aura pas de retombées sur le Liban tant qu’il n’aura pas ratifié le traité » signé avec Nicosie. « En tout état de cause, le conflit opposera la Turquie, qui tente d’intimider Chypre, et l’Union européenne, a-t-elle indiqué. Beyrouth gagnera à ratifier le traité en question. »
La riposte de Chypre
En réponse aux accusations turques, la République de Chypre a réaffirmé que les navires en question, battant pavillon norvégien, se trouvaient dans ses eaux territoriales, jugeant, par la voix de son chef de la diplomatie, Marcos Kyprianou, qu’Ankara adoptait « une politique du XIXe siècle ». « Aucun État moderne, surtout ceux qui aspirent à rejoindre l’Union européenne, n’envoie des navires de guerre pour empêcher que le droit ne s’applique », a-t-il proclamé, annonçant que son pays avait saisi l’ONU et la Commission européenne.
« Nous considérons comme un geste aventureux de mener des activités sur le plateau continental de la Turquie au moment où des négociations pour une résolution pacifique sont en cours à Chypre », a de son côté déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Burak Ozügergin.
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Les fonds marins entre Chypre et le Liban, et entre Chypre et l’Égypte renfermeraient en effet d’importantes réserves d’hydrocarbures, selon certains experts. L’île a signé des accords d’exploration et d’exploitations pétrolière et gazière avec l’Égypte et le Liban, suscitant des protestations turques. Le gouvernement chypriote souhaite actuellement ouvrir 11 blocs d’exploration, mais aucun contrat n’a encore été signé.
Cependant, l’an dernier, Ankara avait critiqué le fait que Nicosie lance des appels d’offres pour des licences d’exploration sur cette zone. Et cette affaire a pris de l’envergure au...