Les médecins expliquent qu’il ne s’agit pas de chirurgie, mais seulement de soins esthétiques relevant d’une activité philanthropique.
À Rio, où le culte du corps frise l’obsession, des centaines de personnes pauvres se ruent chaque jour dans un centre médical qui propose des soins gratuits comme le peeling superficiel, le lissage des rides ou l’épilation définitive au laser.
« Je suis arrivé hier à 23h00 et j’ai dormi sur le trottoir pour avoir l’un des premiers numéros », a déclaré à l’AFP Vander Rodrigues, un travesti âgé de 28 ans qui « rêve d’une épilation au laser et de faire disparaître quelques varices ».
Chaque jour, de 08h00 à midi, 200 numéros sont distribués par les responsables de la Société brésilienne de médecine esthétique (SBME) aux centaines de personnes qui affluent de la banlieue, une majorité écrasante de femmes. Ce programme s’inspire d’une initiative lancée par le « pape » de la chirurgie esthétique au Brésil, Ivo Pitanguy, âgé de 82 ans, dont l’équipe réalise tous les ans des dizaines d’opérations esthétiques et réparatrices pour les gens pauvres, à l’hôpital Santa Casa de Rio.
Minijupe fleurie, petite veste en jean et sac à main crème, Vander Rodrigues exhibe fièrement le numéro 15 qui lui permettra « d’être plus heureux et de se sentir mieux dans sa peau ». « Il y a très longtemps que je voulais m’épiler au laser, surtout le visage. Je perds un temps fou avec la pince à épiler et le miroir grossissant », dit-il affichant un grand sourire. Ancien coiffeur aujourd’hui au chômage, Vander Rodrigues a apporté toute la documentation requise et notamment la preuve qu’il gagne moins de 500 reals (230 dollars) par mois.
Ana Lucia Cortes, âgée de 46 ans, femme de ménage dans une école, est arrivée également la veille, à minuit, mais « par hasard ». Elle allait au tribunal des droits de la femme pour entamer sa procédure de divorce quand le concierge du tribunal lui a dit : « Maintenant que tu vas divorcer, pourquoi ne vas-tu pas faire la queue là-bas pour devenir plus belle ? » Après une nuit passée assise sur un morceau de journal, Ana Lucia Cortes a reçu le numéro 24. Elle « souhaite atténuer sa cellulite, ses varices et la flaccidité de son ventre ». « C’est une occasion unique. Personne ici n’a les moyens de s’offrir de tels soins », souligne-t-elle.
La télévision locale a annoncé le programme et c’est ce qui a provoqué une telle ruée.
Ana Lucia Cortes, comme Vander Rodrigues, devront revenir le 16 mars pour commencer leur traitement. Auparavant, on leur expliquera les soins proposés et ils auront un entretien avec un psychologue. Les médecins expliquent aux futurs patients qu’ils ne sont pas des cobayes, qu’il ne s’agit pas de chirurgie, mais seulement de soins esthétiques, comme le comblement de rides au botox, et qu’ils n’auront droit qu’à un traitement.
Le docteur Nelson Rosas, directeur du Centre d’études et de recherches de la SBME, a déclaré à l’AFP qu’il s’agit d’une « activité philanthropique qui vise à former des spécialistes en médecine esthétique au bénéfice des populations démunies ». « Nous avons des accords avec des laboratoires et avec une université privée qui nous parraine. Quelque 180 médecins participent à l’initiative », souligne-t-il.
Du 10 au 19 novembre, 1 800 personnes ont été sélectionnées. Depuis le début de ce programme en 1998, près de 17 000 personnes en ont bénéficié. Les résultats sont manifestement appréciés par les patients : « Avant, quand je souriais, j’avais d’horribles pattes d’oie autour des yeux. En quatre séances d’injection de toxine botulique, cela s’est déjà beaucoup amélioré », se réjouit Denise Vieira, âgée de 38 ans, qui attend une nouvelle séance de soins.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les médecins expliquent qu’il ne s’agit pas de chirurgie, mais seulement de soins esthétiques relevant d’une activité philanthropique.
À Rio, où le culte du corps frise l’obsession, des centaines de personnes pauvres se ruent chaque jour dans un centre médical qui propose des soins gratuits comme le peeling superficiel, le lissage des rides ou l’épilation définitive au laser.
« Je suis arrivé hier à 23h00 et j’ai dormi sur le trottoir pour avoir l’un des premiers numéros », a déclaré à l’AFP Vander Rodrigues, un travesti âgé de 28 ans qui « rêve d’une épilation au laser et de faire disparaître quelques varices ».
Chaque jour, de 08h00 à midi, 200 numéros sont distribués par les responsables de la Société brésilienne de médecine esthétique (SBME) aux centaines de personnes qui affluent...