Pour sa première célébration de la fête de l’Indépendance en sa qualité de président de la République, le général Michel Sleiman a tenu à donner un cachet particulier à cette cérémonie du 22 novembre. Tant sur le plan de la forme que du fond… Il a d’abord innové en prononçant le traditionnel message à la nation devant près de 165 étudiants de diverses universités, représentant en toute vraisemblance les différentes sensibilités politico-communautaires du pays. Détail qui n’est pas sans importance puisque le discours a été immédiatement suivi d’un débat et d’une discussion à bâtons rompus avec les jeunes présents au palais de Baabda.
Sur le plan du fond, le chef de l’État a sans conteste donné le ton et défini la ligne de force de son mandat en appelant, en substance, les Libanais à consentir désormais des sacrifices afin d’édifier un État rassembleur, fort et juste, susceptible d’engager le pays sur la voie de la stabilité et de la prospérité. Et le président de souligner dans ce même contexte que dès le début de son mandat, il s’est employé à restaurer la présence et le rôle du Liban sur la scène internationale en multipliant à cette fin les déplacements à l’étranger et les concertations avec les leaders de ce monde. Pour le chef de l’État, cette redynamisation de la présence du Liban devrait avoir pour aboutissement naturel la consolidation de l’indépendance du Liban.
Force est de se rappeler toutefois, ne fut-ce que pour le devoir de mémoire, que ces traditionnelles célébrations de l’indépendance sont désormais entachées, à cette même date du 22 novembre, des commémorations des assassinats du président René Moawad et de Pierre Gemayel, piliers de la lutte incessante pour le recouvrement et la réaffirmation de la souveraineté nationale.
Dans ce contexte, l’importante visite de travail que le Premier ministre français, François Fillon, et les ministres et hommes d’affaires français qui l’accompagnaient ont effectuée à Beyrouth au cours des dernières quarante-huit heures a sans doute valeur de symbole, non pas tant au niveau de son timing (à la veille de la célébration de l’Indépendance), mais plutôt au plan de sa signification politique. Car François Fillon a fermement réaffirmé l’engagement traditionnel et historique de la France aux côtés du Liban, soulignant au passage que Paris suivait de près le comportement du régime syrien à l’égard du pays du Cèdre, en ce sens que le gouvernement français tirerait les conséquences qui s’imposent si Damas ne respectait pas, à court terme (en l’occurrence d’ici à la fin de l’année) ses engagements pris vis-à-vis du Liban, notamment en ce qui concerne l’échange d’ambassadeurs. Et comme pour souligner encore plus que l’attitude de Paris concernant le dossier libanais demeure inchangée, le Premier ministre français a bien mis l’accent sur le caractère irréversible du processus d’établissement du tribunal international appelé à juger les assassins de Rafic Hariri et des autres martyrs tombés lors de la révolution du Cèdre. Et cerise sur le gâteau, François Fillon a souligné que la France, à l’instar de ses partenaires européens, est disposée à dépêcher des observateurs au Liban pour s’assurer de la bonne marche des élections législatives, cruciales et historiques, du printemps prochain. Aux Libanais, donc, de savoir saisir la balle au vol pour concrétiser cet apparent engouement international pour le processus démocratique dans le pays.
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Sur le plan du fond, le chef de l’État a sans conteste donné le ton et défini la ligne de force de son mandat en appelant, en substance, les Libanais à...