Religion
Des intellectuels chiites contestent les bases de cette branche de l’islam
le 21 novembre 2008 à 00h00
Sept Saoudiens, un Koweïtien et deux Irakiens réfutent, dans un manifeste, le concept de « wilayet el-fakih ».
Des intellectuels chiites arabes ont remis en cause les bases de cette branche de l’islam au risque de provoquer la colère des milieux traditionalistes de cette confession, dans un communiqué reçu hier par l’AFP. Le communiqué, sous forme de manifeste, est signé par dix intellectuels dont sept d’Arabie saoudite, deux d’Irak (dont Ahmad al-Kateb, un religieux qui a rompu avec « la Houza », l’école chiite traditionnelle) et un du Koweït.
Le chiisme est né au VIIe siècle de la dispute sur la succession du prophète Mohammad, les chiites estimant qu’elle revenait de droit à ses descendants alors que les sunnites considéraient qu’elle devait être assurée par le plus qualifié des chefs musulmans.
Le communiqué s’intitule « Pour une correction du parcours des chiites dans le monde arabe » et s’articule autour de 19 points. Aux yeux de ses auteurs, rien ne justifie les célébrations des fêtes religieuses chiites avec des flagellations et automutilations. Or ces célébrations sont considérées par les chiites comme un acte fondateur de la foi puisqu’elles sont censées représenter le martyre de l’imam Hussein, le petit-fils du prophète Mohammad tué par les Omeyyades (une dynastie sunnite).
Ce groupe d’intellectuels conteste aussi le concept de « wilayet el-fakih », cher à l’imam Khomeyni, fondateur de le République islamique d’Iran, et qui affirme la primauté du religieux sur le politique. Ils contestent en outre la tradition chiite qui consiste à « suivre » un religieux dans tout ce qui concerne les actes spirituels et temporels. De même, ces intellectuels ne voient pas l’utilité de l’impôt religieux, le « Khoms », qui consiste à payer à un religieux le cinquième des revenus du fidèle. Ils préconisent de le consacrer à des œuvres d’utilité publique.
L’un des signataires, le Saoudien Nadhir al-Majed, a admis, dans une déclaration à l’AFP, la nature inhabituelle de la démarche, qui risque, selon lui, de provoquer la colère des chiites traditionalistes. Il a toutefois défendu cette démarche en déclarant que « les chiites ont besoin d’une réforme qui vienne de l’intérieur (...) et de se réconcilier avec eux-mêmes » pour pouvoir se réconcilier avec les sunnites et mettre fin aux tensions entre les deux principales branches de l’islam.
Sept Saoudiens, un Koweïtien et deux Irakiens réfutent, dans un manifeste, le concept de « wilayet el-fakih ».
Des intellectuels chiites arabes ont remis en cause les bases de cette branche de l’islam au risque de provoquer la colère des milieux traditionalistes de cette confession, dans un communiqué reçu hier par l’AFP. Le communiqué, sous forme de manifeste, est signé par dix intellectuels dont sept d’Arabie saoudite, deux d’Irak (dont Ahmad al-Kateb, un religieux qui a rompu avec « la Houza », l’école chiite traditionnelle) et un du Koweït.
Le chiisme est né au VIIe siècle de la dispute sur la succession du prophète Mohammad, les chiites estimant qu’elle revenait de droit à ses descendants alors que les sunnites considéraient qu’elle devait être assurée par le plus qualifié des chefs...
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