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Actualités - Opinion

Ressources humaines Mesdames : au travail !

De nombreuses études statistiques à l’international confirment ce que l’on peut observer au quotidien : les femmes subissent dans le monde professionnel une discrimination que les sociologues appellent la « ségrégation verticale », plus connue sous la dénomination du « plafond de verre ». Il s’agit en fait d’un ensemble de faits : les femmes accèdent peu aux postes-clés du top management d’une entreprise, elles sont souvent surdiplômées pour la fonction qu’elles occupent, et en plus, pour des fonctions et des qualifications semblables, une femme perçoit une rémunération moindre que l’homme. Les sociologues apportent différentes explications à l’existence de ce plafond de verre, dont l’importance varie d’un pays à l’autre. Avant tout, la femme prend en charge les responsabilités familiales. Non seulement elle élève les enfants, elle doit également s’occuper des parents vieillissants. Le temps que la femme consacre à sa famille se fait au détriment de son temps de travail. En plus, les naissances des enfants induisent des interruptions professionnelles temporaires qui cassent la dynamique de la trajectoire de carrière des femmes. Aussi, d’après les travaux de Geert Hofstede, de nombreux pays sont caractérisés par une « culture nationale masculine », donnant une surimportance aux caractéristiques masculines, telle que la force ou l’autorité, au détriment des caractéristiques plus féminines, telles que le relationnel ou l’écoute. À propos de ces caractéristiques féminines, les sociologues parlent de compétences oubliées. Celles-ci ne sont pas assez valorisées dans nos sociétés, induisant des inégalités, voire de la discrimination et du sexisme. En quoi cette situation est nuisible. D’abord, parce que dans les sociétés modernes on a envie d’une justice sociale. Mais certains argueront que la charge familiale, grand facteur explicatif du plafond de verre, incombe naturellement à la femme. Donc, allons sur le terrain économique pour faire deux constats. Le premier constat est que la plupart des pays occidentaux connaissent une démographie vieillissante. Dans de nombreux secteurs économiques, il se profile à très court terme un manque de jeunes cadres pour remplacer ceux qui partent à la retraite. Au lieu de courir derrière les jeunes diplômés masculins de plus en plus rares, entraînant une compétition de salaires, regardons le réservoir de talents féminins disponible. Aujourd’hui, les universités et les écoles diplôment autant de jeunes femmes que de jeunes hommes. Le deuxième constat est plus surprenant. Différents travaux académiques démontrent une certaine corrélation entre le nombre de femmes dans le top-management d’une entreprise et sa performance économique. Des entreprises ayant plus de femmes à des postes-clés de management seraient plus compétitives. La raison réside dans le fait qu’une entreprise a aussi besoin des compétences féminines, dites oubliées, que sont l’écoute, l’esprit d’équipe et le partage des informations et responsabilités. Quelle est situation au Liban ? D’abord, le taux d’activité des femmes est très bas. Puis, un nombre important de managers masculins quittent le pays vers des destinations plus lucratives. Enfin, comme ailleurs, nous constatons à l’ESA que les MBAs et Masters ont autant d’étudiants que d’étudiantes. Ainsi, pour soutenir le développement des entreprises et de l’économie libanaises, il faudra que les normes sociales évoluent et accorder aux femmes, qui le souhaitent, la place qu’elles méritent dans le management des entreprises. Les entreprises y gagneront. Jan SCHAAPER, maître de conférences HDR, coordinateur académique à l’École supérieure des affaires, Beyrouth En coopération avec : ESA
De nombreuses études statistiques à l’international confirment ce que l’on peut observer au quotidien : les femmes subissent dans le monde professionnel une discrimination que les sociologues appellent la « ségrégation verticale », plus connue sous la dénomination du « plafond de verre ». Il s’agit en fait d’un ensemble de faits : les femmes accèdent peu aux postes-clés du top management d’une entreprise, elles sont souvent surdiplômées pour la fonction qu’elles occupent, et en plus, pour des fonctions et des qualifications semblables, une femme perçoit une rémunération moindre que l’homme.
Les sociologues apportent différentes explications à l’existence de ce plafond de verre, dont l’importance varie d’un pays à l’autre. Avant tout, la femme prend en charge les responsabilités familiales....