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Actualités - Analyse

La situation La diplomatie bouillonne – le calme avant la tempête ?

Ils vont venir – ils seront (presque) tous là. Et pour une fois, ce n’est pas que cette mamma-Liban agonise. Au contraire : grosso modo, ce Liban va mieux et il faut que cela se sache avant que la situation, c’est ici une règle de la nature, ne se détériore sensiblement. Plus l’on s’approche des législatives 2009 et du lancement de la campagne électorale, plus les choses risquent d’aller mal (déjà, l’immense grève des enseignants d’aujourd’hui, ostensiblement applaudie par le 8 Mars, peut être vue comme un prélude à la guerre des tranchées à laquelle vont certainement se livrer les deux camps). Quoi qu’il en soit, et indépendamment de leurs feuilles de route et autres objectifs respectifs, le chef de la diplomatie britannique David Miliband (aujourd’hui), le Premier ministre français François Fillon (le jeudi 20), le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa (le mercredi 26), le Premier ministre belge Yves Leterme (le vendredi 28), et même l’ancien président américain Jimmy Carter (le 9 décembre), s’en viennent tous au Liban, porte d’accès du Proche-Orient, pour promouvoir deux concepts particulièrement sexy en ce troisième millénaire – et surtout très vendeurs : la défense de la démocratie et de la légalité libanaises, et la lutte contre le terrorisme made in Lebanon. Le message que tout ce beau monde entend transmettre est en réalité très simple : notre présence est un témoignage de soutien au Liban, le seul pays démocratique de la région – ce tout petit pays entouré de deux voisins par trop gloutons et qui s’emploie, tout seul, à combattre le terrorisme. Un tout petit pays aux dix-huit communautés, qui peut réellement devenir un centre de convergence pour les civilisations et les cultures. Bref, chacun des visiteurs de cet automne entend enregistrer à Beyrouth un succès politique – fût-il illusoire. Et chacun de ces pays s’emploie à marquer des points, surtout par rapport à ses amis-rivaux au sein d’une communauté internationale que le pape Benoît XVI a promis de solliciter pour que le Liban soit « protégé », sanctuarisé. Tout cela en sus, naturellement, de la volonté de chacune de ces puissances d’aider très concrètemnet ce pays, d’accélérer sa guérison : on pense, entre autres, à l’armada d’hommes d’affaires qui accompagneront François Fillon à Beyrouth et à la détermination française de booster les relations économiques avec le Liban. On viendra beaucoup à Beyrouth donc dans les jours à venir, mais on part aussi, pas mal, de Beyrouth. Ainsi, Nabih Berry se démène dans les capitales sunnites du Golfe, notamment pour assurer le financement des opérations de déminage au Liban-Sud. Le très pince-sans-rire président de la Chambre ne manquera toutefois pas d’évoquer des dossiers purement politiques avec ses interlocuteurs. Ainsi, Walid Joumblatt, arrivé hier avec Marwan Hamadé à Washington en provenance de Los Angeles, multipliera-t-il aussi, selon notre correspondante dans la capitale fédérale US, Irène Mosalli, ses rencontres avec les responsables américains. Avec sans doute, en toile de fond, cette assurance véhiculée par le député Hamadé, selon laquelle l’administration américaine accorde un intérêt « prépondérant » au Liban. Hier donc, et avant un dîner donné en son honneur par l’ambassadeur du Liban, Antoine Chédid, le chef du PSP, censé s’exprimer à Washington au nom de la majorité, s’était entretenu avec l’un des bras droits de la secrétaire d’État, David Welch. Aujourd’hui, il sera reçu par Condoleezza Rice elle-même, puis discutera à bâtons rompus avec plusieurs congressmen. Ce soir, il sera l’invité d’honneur d’un dîner qui regroupera les responsables des plus grands think tanks américains. Un dîner auquel participera un conseiller du président élu US, Barack Obama – sachant que ce dernier a fait comprendre à toute son équipe d’éviter tout contact direct avec les visiteurs étrangers avant le 20 janvier. Enfin, demain mercredi, Walid Joumblatt sera reçu par le vice-président Dick Cheney, puis par le patron de la Sécurité intérieure, Stephen Headly. Reste une visite particulièrement attendue, qui débutera lundi prochain et qui sera particulièrement observée : celle, à caractère officiel, du chef de l’État en Iran. Selon des sources bien informées, citées par notre correspondant au palais Bustros Khalil Fleyhane, les Iraniens (Ahmadinejad, Larijani, Khatami…) répéteront à Michel Sleiman à quel point sa gestion « sage et raisonnable » des affaires libanaises, et notamment du dialogue national sur la stratégie de défense, les « rassure ». Le chef de l’État aura à cœur d’activer ou de réactiver plusieurs protocoles d’accord entre Beyrouth et Téhéran – cette opération, outre la symbolique de la visite, permettra de redynamiser les relations interétatiques entre les deux pays, et même si cela ne risque pas de primer sur les liens viscéraux entre l’Iran et le Hezb, ce coup de fouet reste fortement bienvenu. La diplomatie bouillonne, le Liban est au cœur de la symphonie des nations – et pour une fois sans guerre ou autres conflits internes. Tout le monde (ou presque) en est content (même Michel Aoun, qui a comparé Walid Joumblatt à Christophe Colomb, en sourit – c’est dire…). On sait bien pourtant qu’ici rien ne dure et que la tempête préélectorale ne va pas tarder à se rappeler au mauvais souvenir de tout le monde… Z. M.
Ils vont venir – ils seront (presque) tous là. Et pour une fois, ce n’est pas que cette mamma-Liban agonise. Au contraire : grosso modo, ce Liban va mieux et il faut que cela se sache avant que la situation, c’est ici une règle de la nature, ne se détériore sensiblement. Plus l’on s’approche des législatives 2009 et du lancement de la campagne électorale, plus les choses risquent d’aller mal (déjà, l’immense grève des enseignants d’aujourd’hui, ostensiblement applaudie par le 8 Mars, peut être vue comme un prélude à la guerre des tranchées à laquelle vont certainement se livrer les deux camps).
Quoi qu’il en soit, et indépendamment de leurs feuilles de route et autres objectifs respectifs, le chef de la diplomatie britannique David Miliband (aujourd’hui), le Premier ministre français François...