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Actualités - Chronologie

Citoyen grognon Lorsque les enfants mendient d’Anne-Marie el-Hage

Difficile de ne pas les croiser lorsque l’on est bloqué aux carrefours ou sur les grandes artères dans d’inextricables embouteillages. Les petits mendiants font d’ailleurs tout pour se faire remarquer et récolter un tant soit peu d’attention de la part des automobilistes. Ils sautent sur les voitures alors que celles-ci ne sont même pas arrêtées, se collent aux vitres ou aux pare-brise, histoire de croiser votre regard, et se lancent dans d’interminables supplications pour vous atteindre au plus profond de vous-même. Même si l’on sait pertinemment qu’ils appartiennent à des bandes dirigées par des adultes, peut-on ne pas être pris de pitié à la vue de ces enfants déguenillés, sales, maigrichons, courant pieds nus ou dans des chaussures difformes d’une voiture à l’autre, dans l’espoir de recueillir ne serait-ce que 500 livres ? « Que Dieu te préserve, donne-moi 250 », répète inlassablement celui qui semble être le benjamin d’une petite bande d’enfants, sans décoller son nez de la vitre. Où sont donc les parents de ces enfants condamnés à respirer les gaz d’échappement des voitures, des journées durant, voire même des soirées entières ? Où est donc le ministère de l’Éducation qui a instauré l’enseignement obligatoire, mais qui continue d’ignorer royalement les enfants des rues ? Où sont donc les services sociaux et la justice qui affirment lutter contre le travail des enfants et la violence contre ces derniers, mais qui n’en font rien ? Un fait divers, qui s’est déroulé il y a deux jours, mérite qu’on s’y attarde quelque peu. À Tabaris, aux alentours de minuit, une femme a été délestée de son sac par un jeune mendiant posté au carrefour et qui a aussitôt pris la fuite. Un de ses camarades de rue, susceptible de fournir des informations, a été arrêté par la police, pour interrogatoire. Déjà délinquants dès leur plus jeune âge, à quelle sorte de vie sont donc voués les enfants des rues que l’on laisse ainsi mendier, de jour comme de nuit ? Quelles chances d’un lendemain meilleur leur donne-t-on si on ne trouve pas rapidement une solution à ce problème ? Et dire qu’il y a quelques années, l’épouse d’un président de la République avait fait de la question des enfants des rues sa priorité. Des maisons d’accueil ont alors été ouvertes pour les héberger, mais rapidement, les déficiences de la législation libanaise aidant, ces enfants sont retournés à la mendicité et errent aujourd’hui de nouveau sur les grandes artères. Comme si plus rien n’est envisageable pour les sauver de leur misère.
Difficile de ne pas les croiser lorsque l’on est bloqué aux carrefours ou sur les grandes artères dans d’inextricables embouteillages. Les petits mendiants font d’ailleurs tout pour se faire remarquer et récolter un tant soit peu d’attention de la part des automobilistes. Ils sautent sur les voitures alors que celles-ci ne sont même pas arrêtées, se collent aux vitres ou aux pare-brise, histoire de croiser votre regard, et se lancent dans d’interminables supplications pour vous atteindre au plus profond de vous-même.
Même si l’on sait pertinemment qu’ils appartiennent à des bandes dirigées par des adultes, peut-on ne pas être pris de pitié à la vue de ces enfants déguenillés, sales, maigrichons, courant pieds nus ou dans des chaussures difformes d’une voiture à l’autre, dans l’espoir de recueillir ne...