À 35 ans, l’effacé rennais Mickael Pagis semble connaître une seconde jeunesse et joue les premiers rôles au classement des buteurs avec six buts inscrits lors des six derniers matches de Ligue 1, même si le sélectionneur français Raymond Domenech l’a oublié pour affronter l’Uruguay.
Passeur, buteur, grand technicien, artiste aux inspirations fulgurantes digne du Cantona de la grande époque, il démontre encore qu’il est un des joueurs les plus purs d’une élite nationale qui n’en compte plus tant que ça... et laisse planer le doute sur son avenir alors qu’il arrive en fin de contrat.
Recruté en juillet 2007 par Pierre Dréossi, alors entraîneur de Rennes, l’ex-Marseillais a pourtant souffert à son arrivée en Bretagne. Un peu à l’image de sa carrière, lui qui a attendu 28 ans pour découvrir la Ligue 1 et n’a jamais été un grand modèle de constance.
Alternant coups d’éclat et coups de mou, Pagis joue plus que jamais selon son humeur : cinq de ses six buts ont d’ailleurs été inscrits lors de deux matches qui ont marqué les esprits.
Les trois premiers en octobre, comme l’an passé lorsqu’il avait peiné à débloquer son compteur, à l’occasion de la première défaite de l’ogre lyonnais, et les deux derniers dimanche à Saint-Étienne, synonyme de l’éviction de l’entraîneur Laurent Roussey et de la première victoire à l’extérieur de Bretons jusque-là muets en déplacement.
Le beau plutôt que l’efficace
L’arrivée de Guy Lacombe, avec lequel il s’était pris le bec à Sochaux, a pourtant servi de déclic au sosie de Brad Pitt qui avait même failli en venir aux mains avec un supporteur virulent.
« Je sais comment faire jouer Mike : comme un 9 et demi », avait clamé Lacombe.
Avec le moustachu, cet amateur de pêche a donc retrouvé sa ligne, inscrivant dix de ses 12 buts lors de la 2e moitié de championnat.
Avec son début de saison, auquel il faut ajouter trois passes décisives, « Pagicien », comme l’appelle son coéquipier Fanni, semble même lancé sur des bases supérieures.
Pourtant, les statistiques ne disent pas tout.
Notamment que Pagis s’économise parfois et rechigne à participer à l’effort défensif.
Qu’il préfère souvent le beau à l’efficace.
Et aussi qu’il peut agacer ses coéquipiers en oubliant de les servir alors que Briand qui, lui, peine à se forger une réputation de finisseur, lui a offert deux caviars dimanche dans le Chaudron stéphanois.
« On me reproche souvent de tenter des gestes difficiles, répondait-il d’ailleurs après son triplé contre l’OL. Mais je crois que c’est ce que les gens veulent voir lorsqu’ils viennent au match, non ? »
Ce soir-là, le footballeur esthète, qui continue d’assurer qu’il n’est « pas un buteur », avait apprécié son exploit avec une joie réelle, mais contenue. « Je savoure, mais il ne faut pas en faire tout un plat. »
Du Pagis tout craché, lui dont le profil reste des plus atypiques au sein d’un monde professionnel très formaté.
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Passeur, buteur, grand technicien, artiste aux inspirations fulgurantes digne du Cantona de la grande époque, il démontre encore qu’il est un des joueurs les plus purs d’une élite nationale qui n’en compte plus tant que ça... et laisse planer le doute sur son avenir alors qu’il arrive en fin de contrat.
Recruté en juillet 2007 par Pierre Dréossi, alors entraîneur de Rennes, l’ex-Marseillais a pourtant souffert à son arrivée en Bretagne. Un peu à l’image de sa carrière, lui qui a attendu 28 ans pour découvrir la Ligue 1...