Les Bourses mondiales étaient hésitantes hier face aux mauvaises nouvelles qui continuent d’émaner des entreprises et aux inquiétudes grandissantes sur l’état d’esprit des consommateurs.
Les craintes d’un effondrement du géant automobile américain General Motors, qui emploie plus d’un quart de million de personnes, pesaient encore sur les investisseurs, à peine rassurés par un plan d’aide aux propriétaires immobiliers surendettés annoncé mardi par Washington.
En Europe, où la récession se profile, la production industrielle a baissé au mois de septembre.
Après un rebond technique en ouverture corrigeant les importantes pertes de la veille, les Bourses européennes sont devenues plus hésitantes, dans le sillage de places asiatiques en baisse.
En Asie, Tokyo a terminé la séance hier sur une baisse de 1,29 %. Également en clôture, Sydney a perdu 0,85 %, la Nouvelle-Zélande 0,98 %, Séoul 0,43 % et Taipei 0,50 %. Shanghai a de son côté terminé en hausse de 0,84 %, dopée par le plan de relance de 586 milliards de dollars annoncé par Pékin ce week-end, permettant à Hong Kong de limiter sa baisse à 0,69 %.
« L’économie mondiale continue de faiblir à cause des problèmes aux États-Unis », a commenté Hiroishi Nishi, courtier chez Nikko Cordial à Tokyo. Selon lui, les investisseurs « sont tiraillés entre le pessimisme et l’espoir de nouvelles mesures de relance » en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.
Mais les nouvelles n’étaient pas bonnes hier, avec notamment l’annonce par Eurostat d’une chute de 1,6 % de la production industrielle en septembre par rapport à août dans la zone euro. En glissement annuel, la baisse est de 2,4 %, le plus fort recul depuis plus de six ans et demi.
Un groupe de cinq économistes faisant office de conseillers du gouvernement allemand ont de leur côté prévu une croissance nulle en Allemagne en 2009, avec une hausse du chômage de 1,1 %, tout en critiquant sévèrement les mesures prises par Berlin pour contrer la crise.
Et les investisseurs attendent avec nervosité les chiffres des ventes de détail et de la confiance des consommateurs américains, demain, à l’approche des fêtes de fin d’année. Au Japon, l’indice de confiance des consommateurs a chuté en octobre à son plus bas niveau historique.
« La consommation des ménages devrait être durement touchée partout et les ventes de fin d’année s’annoncent très mauvaises », a relevé Valérie Plagnol, directrice de la stratégie au Crédit Mutuel-CIC.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a de son côté appelé hier à de nouvelles baisses de taux d’intérêt dans les pays développés et notamment la zone euro, afin de relancer la croissance.
L’Union européenne et les États-Unis estiment pour leur part que la conclusion rapide des négociations sur la libéralisation du commerce international, qui traînent depuis des années, pourrait également atténuer la crise.
Mardi, Washington et Bruxelles ont souhaité que le sommet du G20 à Washington samedi, qui vise à amorcer une réforme de la finance mondiale, puisse également envoyer un « signal clair » à cet effet.
À la Bourse de New York, l’indice Dow Jones avait terminé mardi en baisse de 1,99 %, réduisant ses pertes après l’annonce par Washington d’un plan destiné à aider les propriétaires immobiliers ayant du mal à rembourser leurs dettes.
Ces mesures sont destinées à prévenir la saisie des logements par le biais d’une modification des termes des emprunts immobiliers, et pourraient concerner une grande partie des 7,3 millions de foyers qui risquent de faire défaut sur leur emprunt immobilier entre 2008 et 2010.
En Allemagne, la banque immobilière Hypo Real Estate (HRE), en grosses difficultés depuis l’aggravation de la crise financière mi-septembre, a annoncé hier une perte nette de 3,1 milliards d’euros pour le troisième trimestre 2008, beaucoup plus lourde qu’attendue par les analystes.
En France, Natixis a évalué ses pertes en octobre à environ 250 millions d’euros, démentant toutefois des informations du quotidien économique La Tribune affirmant que la banque d’investissement détenue par les groupes Banque populaire et Caisse d’épargne avait perdu 975 millions d’euros sur les marchés en octobre. Son cours en Bourse s’est effondré de 10,10 %.
Enfin, selon le Wall Street Journal, le géant financier American Express chercherait à obtenir une aide fédérale d’environ 3,5 milliards de dollars.
Après l’immobilier et les banques, le secteur automobile est désormais au centre de toutes les inquiétudes. Mardi à Wall Street, l’action General Motors a reculé de 13,10 %, au plus bas depuis 65 ans, après avoir déjà chuté de plus de 20 % lundi.
Le président élu Barack Obama aurait demandé selon la presse à George W. Bush d’apporter une aide immédiate au secteur automobile américain.
En Allemagne, le constructeur américain Ford a confirmé hier avoir demandé de nouvelles aides au gouvernement, comme l’avait fait Opel, filiale de General Motors.
Les cours du pétrole poursuivaient leur repli hier. Après avoir atteint des plus bas depuis début 2007, en séance le Brent de mer du Nord cédait 70 cents à 54,98 dollars et le « light sweet crude » perdait 1,02 dollar à 58,31 dollars.
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Les craintes d’un effondrement du géant automobile américain General Motors, qui emploie plus d’un quart de million de personnes, pesaient encore sur les investisseurs, à peine rassurés par un plan d’aide aux propriétaires immobiliers surendettés annoncé mardi par Washington.
En Europe, où la récession se profile, la production industrielle a baissé au mois de septembre.
Après un rebond technique en ouverture corrigeant les importantes pertes de la veille, les Bourses européennes sont devenues plus hésitantes, dans le sillage de places asiatiques en baisse.
En Asie, Tokyo a terminé la séance hier sur une baisse de...