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Joumblatt : Il faut éviter de créer des comités sécuritaires mixtes libano-syriens

Le chef du PSP a très fermement condamné les « aveux » télévisés de membres de Fateh el-Islam concernant l’attentat de Damas, soulignant que la création de comités sécuritaires mixtes pourrait servir de prétexte à une ingérence syrienne dans les affaires libanaises. « Encore une fois, le régime syrien innove, entre fables totalement irréalistes et autres mensonges absolus », a résumé hier, dans son intervention hebdomadaire à l’organe du PSP, al-Anba’, Walid Joumblatt, faisant référence à la diffusion par la télévision d’État syrienne d’accusations par des membres de Fateh el-Islam contre le Courant du futur. « Ces différentes allégations ne contribuent en rien à l’édification de nouvelles relations entre le Liban et la Syrie », a-t-il assuré, estimant que la concomitance entre cette mise en scène et le démarrage de l’établissement de relations diplomatiques entre Beyrouth et Damas « ne présage d’aucun changement par rapport aux pratiques du passé ». « Le régime syrien était libre de transmettre les informations qu’il dit posséder par le biais des canaux officiels utilisés entre les deux pays, au lieu que d’abonder dans une agitation médiatique qui ne peut que laisser de nombreux points d’interrogation… Il semblerait bien que plus l’on s’approche du tribunal international, plus les tentatives d’intimidation augmentent », a-t-il fait remarquer très clairement. Évoquant ensuite la stratégie de défense, et en attendant que le PSP présente ses observations détaillées sur ce sujet en Conseil des ministres, Walid Joumblatt a estimé que la théorie de la centralisation de la décision et la non-centralisation de son exécution est « bizarre et incompréhensible quand il s’agit des armes. C’est comme si l’on souhaitait instaurer une anarchie totale sur l’ensemble du territoire libanais et à tous les niveaux ; comme si l’on voulait transformer le Liban en une arène constamment et indéfiniment ouverte à toutes les guerres, ce qui porterait un coup fatal à la stabilité et aux investissements et décuplerait l’immigration. Le Liban a pendant trop longtemps joué le rôle de Hanoi, et il est désormais plus que temps qu’il retrouve sa stabilité et qu’il renoue avec une économie et une société prospères », a-t-il insisté. Le leader druze a été très clair : « Nous devons débattre en gardant comme objectif l’inclusion progressive au sein de la troupe des armes de la Résistance et examiner les moyens de profiter de l’expérience des résistants en matière de combat – et cela est bien plus sain que de créer un régiment équivalent d’une façon ou d’une autre à l’armée », a-t-il martelé, jugeant bon de rappeler que le Liban-Sud a été libéré et que l’on attend que soit clairement définie, par le régime syrien, la nationalité des fermes de Chebaa pour que l’on puisse les placer, momentanément, sous souveraineté onusienne. « Pourquoi occulte-t-on l’accord de Taëf qui a clairement évoqué le traité d’armistice qui gèle l’état de guerre avec Israël sans signifier pour autant que c’est la paix ? » s’est demandé Walid Joumblatt. « Le principe du monopole des armes par l’État est un principe souverain non négociable, mais l’on peut, par le dialogue, débattre du meilleur moyen pour arriver à les inclure dans l’institution militaire », a répété le chef du PSP, qui a tenu ensuite à faire une remarque à l’adresse des « ministres qui se rendent à Damas ». Il est ainsi « primordial », selon lui, d’éviter de former des comités sécuritaires mixtes, « à même d’évoluer et de servir de prétexte à de nouvelles ingérences syriennes dans les affaires libanaises par le truchement du volet sécuritaire ». Walid Joumblatt a également relevé qu’il était nécessaire de revoir tout ce qui justifierait une éventuelle pérennité du Conseil supérieur libano-syrien une fois les relations diplomatiques entre les deux pays établies. « Les ministres qui se rendent à Damas sont priés d’évoquer les dossiers toujours litigieux, à commencer par la nationalité des fermes de Chebaa, le tracé des frontières communes, ainsi que le dossier des disparus et des détenus dans les prisons syriennes », a-t-il encore demandé. Enfin, Walid Joumblatt a tenu à saluer l’armée pour son démantèlement de la cellule terroriste issue de Fateh el-Islam, espérant que l’enquête allait permettre de faire toute la lumière sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. « Cela implique des investigations sérieuses et neutres de la part de la justice militaire, ne serait-ce que pour éviter les intox, c’est-à-dire éviter de faire un lien, comme cela a déjà été fait il n’y a pas longtemps, entre Fateh el-Islam et el-Qaëda », a-t-il insisté.
Le chef du PSP a très fermement condamné les « aveux » télévisés de
membres de Fateh el-Islam concernant l’attentat de Damas, soulignant que
la création de comités sécuritaires mixtes pourrait servir de prétexte à une ingérence syrienne dans les affaires libanaises.
« Encore une fois, le régime syrien innove, entre fables totalement irréalistes et autres mensonges absolus », a résumé hier, dans son intervention hebdomadaire à l’organe du PSP, al-Anba’, Walid Joumblatt, faisant référence à la diffusion par la télévision d’État syrienne d’accusations par des membres de Fateh el-Islam contre le Courant du futur.
« Ces différentes allégations ne contribuent en rien à l’édification de nouvelles relations entre le Liban et la Syrie », a-t-il assuré, estimant que la concomitance entre cette...