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Actualités - Analyse

Éclairage Face aux pirates somaliens, l’UE lance une opération navale historique

Les flibustiers ont multiplié les attaques cette année – 81 selon le Bureau maritime international – près des accès à la mer Rouge, cruciaux pour le commerce européen. L’Union européenne a donné hier le feu vert à la première opération navale de son histoire, pour lutter contre les pirates de plus en plus actifs au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden. L’opération Eunavfor Atalanta devrait débuter en décembre au large de la Corne de l’Afrique, a annoncé le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à l’issue d’une réunion avec ses 26 collègues de l’UE qu’il présidait. La composition précise de la future Eunavfor n’est pas encore officielle, mais M. Morin a affirmé que « huit à 10 pays y participeront ». Selon un diplomate, il s’agit notamment de l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Grèce, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. La Lituanie, le Portugal et la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE, pourraient s’y joindre. Le commandant de la force navale, le vice-amiral britannique Philip Jones, et son quartier général, Northwood, sur la côte anglaise, ont eux été désignés dès octobre. La Grande-Bretagne va ainsi pour la première fois assurer le commandement et abriter l’état-major d’une opération menée au nom de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Depuis l’accord franco-britannique de Saint-Malo qui avait donné le coup d’envoi à la PESD en 1998, Londres avait paru souvent réticente à participer pleinement aux opérations militaires européennes, pour ne pas porter atteinte à la primauté – essentielle à ses yeux – de l’OTAN. Atalanta sera, selon M. Morin et des diplomates, constituée d’au moins sept navires et bénéficiera de l’appui d’avions de patrouille. Il reste à en nommer le commandant tactique « qui sera très probablement à tour de rôle espagnol, grec et néerlandais », a précisé le ministre français, et à en adopter le concept d’opération. Idéalement, Atalanta devrait être en place d’ici au 2 décembre, échéance de la résolution 1816 de l’ONU sur la piraterie. Elle agira sous mandat de l’ONU. Mais sa mise en place prendra peut-être quelques jours de plus, a admis un diplomate français. Elle pourrait intégrer trois navires (italien, grec et britannique) qui patrouillent, depuis fin octobre, au nom de l’OTAN au large de la Somalie. Elle pourra aussi collaborer avec une frégate russe et des unités d’autres pays, comme l’Inde. L’opération Atalanta aura pour tâche « la protection des bateaux du Programme alimentaire mondial de l’ONU » pour acheminer l’aide à plus de deux millions de Somaliens, ainsi que « le convoyage et l’escorte des navires marchands et le contrôle de la zone », a indiqué M. Morin. Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Abou Bakr Korbi, a jugé néanmoins préoccupante cette concentration navale « multinationale à l’embouchure sud de la mer Rouge », y voyant « un danger pour la sécurité nationale arabe ». Cela « pourrait préluder à un plan d’internationalisation de la mer Rouge qui avait été un temps avancé par Israël et rejeté par les Arabes », a-t-il estimé. L’envoi d’Atalanta permettra aussi une première juridique : « un cadre général » original au niveau de l’UE a été trouvé pour régler la question des personnes éventuellement appréhendées par les bateaux de la force européenne. Un navire d’un pays de l’UE qui aura arraisonné des pirates, mais que sa législation nationale n’autoriserait pas à garder prisonniers, pourra les transférer vers le navire d’un autre pays de l’UE qui lui a le droit de les emprisonner et de les juger. Il pourra aussi les remettre à la Somalie ou un pays voisin, pourvu que garantie soit donnée que la peine de mort ou de mauvais traitements ne seront pas appliqués aux suspects. Pascal MALLET (AFP)
Les flibustiers ont multiplié les attaques cette année – 81 selon le Bureau maritime international – près des accès à la mer Rouge, cruciaux pour le commerce européen.

L’Union européenne a donné hier le feu vert à la première opération navale de son histoire, pour lutter contre les pirates de plus en plus actifs au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden. L’opération Eunavfor Atalanta devrait débuter en décembre au large de la Corne de l’Afrique, a annoncé le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à l’issue d’une réunion avec ses 26 collègues de l’UE qu’il présidait.
La composition précise de la future Eunavfor n’est pas encore officielle, mais M. Morin a affirmé que « huit à 10 pays y participeront ». Selon un diplomate, il s’agit notamment de l’Allemagne, l’Espagne,...