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Actualités - Analyse

La situation Baroud à Damas, une première avant les visites à venir

Fady NOUN Le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, entreprend aujourd’hui une visite officielle à Damas, dans le cadre de la normalisation des relations entre le Liban et la Syrie. M. Baroud, qui répond à une invitation de son homologue Bassam Abdel Majid, sera accompagné du directeur général de la Sûreté générale, Wafic Jezzini, et du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Achraf Rifi. Cette visite intervient près de trois mois après celle du président Michel Sleiman et moins d’un mois après la décision d’établir des relations diplomatiques entre les deux pays pour la première fois depuis la proclamation de l’indépendance libanaise. M. Baroud est le premier ministre de l’Intérieur à visiter Damas depuis le départ du gouvernement de Omar Karamé en avril 2005. Avant son départ, il a fait le point, hier soir, avec le président Sleiman, de l’ordre du jour de la réunion. Le matin, le président Sleiman avait tenu une première réunion de coordination avec le président du Conseil, Fouad Siniora, qui a également porté sur la visite de M. Baroud en Syrie. Selon une source de la majorité, les deux hommes ont convenu, en particulier, de demander au ministre de l’Intérieur d’inscrire à l’ordre du jour de ses entretiens la question de l’accusation lancée en public contre le Courant du futur, impliqué, selon des « aveux » diffusés par la télévision syrienne, dans le financement du groupe Fateh el-Islam, et de demander des explications à ce propos. On se demande en effet, dans les milieux modérés, si le dialogue entre Beyrouth et Damas ne peut se tenir loin des médias et de leurs effets déformants, et si une coopération officielle ne pourrait pas s’y substituer. Au sein de la majorité, on se montre autrement plus véhément. C’est ainsi que des sources au sein de ce courant ont demandé à M. Baroud d’exiger des autorités syriennes que des preuves soient fournies à l’appui de ces accusations, soupçonnant les « aveux » des membres présumés de Fateh el-Islam d’avoir été extorqués sous la torture ou la menace. Le député Boutros Harb a d’ailleurs rappelé que, durant la période de la tutelle syrienne, deux dossiers de justice avaient été fabriqués de toutes pièces pour impliquer, une première fois, Samir Geagea dans l’affaire de l’attentat contre l’église de la délivrance, à Zouk, une seconde fois, Toufic Hindi, accusé d’intelligence avec l’ennemi. Compte tenu de ce que nous connaissons des pratiques syriennes, a dit en substance M. Harb, il n’est pas possible, hélas, d’accepter sans vérification des aveux obtenus par les services syriens. Curieusement, dans un discours tenu devant une session du Parlement arabe à Damas, le président Assad n’a fait aucune allusion à ces accusations, se contentant de se féliciter de ce que l’accord de Doha ait contribué à « préserver l’unité » des Libanais et à consolider « la stabilité » du pays. Un nouveau départ Quoi qu’il en soit, l’intérêt de la visite de M. Baroud en Syrie est politique d’abord. Il définit symboliquement le cadre dans lequel devront s’inscrire dorénavant tous les rapports entre les deux pays, loin des relations inégales qui s’étaient établies entre eux, quand l’armée syrienne se trouvait au Liban. Dans le camp de la majorité parlementaire, on insiste pour un « nouveau départ » et l’on refuse en particulier que la visite d’aujourd’hui s’inscrive dans le cadre des échanges prévus par les commissions conjointes établies entre les deux pays en vertu de l’accord de fraternité de 1991. Par contre, personne ne récuse la nécessité et l’utilité d’une coopération entre le Liban et la Syrie sur les divers plans de la sécurité : les entretiens porteront normalement sur tout ce qui est du ressort du ministère de l’Intérieur, en particulier la lutte contre toute sorte de contrebande, y compris celle des armes, à la fois dans le cadre de rapports normaux entretenus par des pays voisins que dans le cadre, plus large, de la résolution 1701 de l’ONU. Le dossier des détenus libanais en Syrie devrait normalement figurer à l’ordre du jour de la réunion, des détenus aussi bien de droit commun que politiques arrêtés au Liban et transférés en Syrie, et dont on est souvent sans nouvelles. Ce mutisme n’est cependant pas une preuve de leur inexistence, compte tenu de la complexité et de la brutalité du système carcéral syrien, tel qu’il commence à être connu. Le comité de défense des parents de ces détenus a obtenu hier l’appui moral du patriarche maronite, qui a « espéré que Damas entendra le cri de ces malheureux et que ces derniers sortiront enfin à l’air libre ». M. Baroud sera-t-il reçu par le président Assad ? La question a été soulevée en rapport avec la prochaine visite en Syrie de M. Murr, qui poserait comme condition à sa visite d’être reçu par le chef de l’État syrien. Pour ne pas paraître faire une exception à M. Murr, M. Assad devrait normalement recevoir aujourd’hui M. Baroud, croit-on savoir.
Fady NOUN

Le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, entreprend aujourd’hui une visite officielle à Damas, dans le cadre de la normalisation des relations entre le Liban et la Syrie.
M. Baroud, qui répond à une invitation de son homologue Bassam Abdel Majid, sera accompagné du directeur général de la Sûreté générale, Wafic Jezzini, et du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Achraf Rifi.
Cette visite intervient près de trois mois après celle du président Michel Sleiman et moins d’un mois après la décision d’établir des relations diplomatiques entre les deux pays pour la première fois depuis la proclamation de l’indépendance libanaise.
M. Baroud est le premier ministre de l’Intérieur à visiter Damas depuis le départ du gouvernement de Omar Karamé en avril 2005. Avant son départ,...