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Actualités - Analyse

Éclairage Obama confronté aux excès « intérieurs » dans la guerre contre le terrorisme

Le président américain élu va devoir s’atteler à la tâche, très délicate, de rétablir les principes constitutionnels et les libertés individuelles bafoués par son prédécesseur. « La victoire de Barack Obama nous donne, à nous qui nous soucions de liberté, une chance de rétablir les droits constitutionnels et de progresser vers plus de liberté », a déclaré au lendemain de l’élection la puissante association américaine de défense des libertés individuelles (ACLU). L’association Human Right First a aussi pressé le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, de « tourner rapidement la page des politiques de torture et des autres abus qui ont privé les États-Unis de leur capacité à être un leader pour les droits de l’homme ces sept dernières années ». Prison de Guantanamo, écoutes téléphoniques, arrestations au faciès, perquisitions sans mandat, usage de la torture pendant les interrogatoires, prisons secrètes de la CIA : la décision des États-Unis, au lendemain du 11-Septembre, d’entrer en « guerre contre le terrorisme » n’a pas seulement eu un impact militaire. À l’intérieur des frontières américaines, le Patriot Act, une série de lois adoptées cinq semaines après les attentats, a posé les bases d’une politique accordant des pouvoirs élargis à l’Exécutif, à ses agences de renseignements et aux forces de l’ordre au nom de la lutte antiterroriste. Tant au Congrès que dans les associations, ses détracteurs y ont surtout vu un moyen pour le président Bush de limiter les libertés individuelles et de piétiner la plupart des principes de la Constitution. Le Patriot Act permet par exemple au FBI de consulter les dossiers médicaux ou scolaires de quelqu’un ou les documents de n’importe quelle entreprise, dans le cadre d’une enquête dans une affaire d’espionnage ou de terrorisme, ou de procéder à des perquisitions sans mandat. Mais au-delà, les excès de l’administration Bush ont donné lieu à leur lot de scandales, comme les écoutes téléphoniques et électroniques d’Américains en liaison avec l’étranger, autorisées secrètement par M. Bush après le 11-Septembre et qui ont provoqué un tollé dans l’opinion lors de leur révélation par la presse en 2005. La prison de Guantanamo, où des centaines de détenus sont enfermés pour certains depuis près de sept ans sans être inculpés, reste néanmoins l’héritage le plus lourd pour l’image américaine dans la communauté internationale. La Cour suprême elle-même est intervenue pour reconnaître à ces hommes des droits constitutionnels, comme celui de contester leur détention. M. Obama a promis de fermer Guantanamo même si la faisabilité d’une telle promesse, en tout cas dans l’immédiat, reste en question. « Si le nouveau président est sérieux dans ses intentions de reconstruire le lien avec les alliés et de faire la preuve des valeurs américaines, c’est la première chose qui sera observée », estime Bruce Hoffman, un spécialiste en terrorisme à l’Université de Georgetown. Alors que la CIA s’est mise à la disposition de M. Obama dès mercredi, celui-ci est également très attendu sur l’interdiction totale des pratiques d’interrogatoires musclés, voire assimilables à la torture. La CIA a avoué avoir pratiqué la simulation de noyade notamment sur les hommes accusés d’avoir fomenté les attentats du 11-Septembre. D’autre part, les ventes de fusils, de pistolets et de munitions se sont envolées dans plusieurs régions des États-Unis, certains Américains redoutant que le futur président impose des restrictions sur l’acquisition d’armes à feu.
Le président américain élu va devoir s’atteler à la tâche, très délicate, de rétablir les principes constitutionnels et les libertés individuelles bafoués par son prédécesseur.

« La victoire de Barack Obama nous donne, à nous qui nous soucions de liberté, une chance de rétablir les droits constitutionnels et de progresser vers plus de liberté », a déclaré au lendemain de l’élection la puissante association américaine de défense des libertés individuelles (ACLU). L’association Human Right First a aussi pressé le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, de « tourner rapidement la page des politiques de torture et des autres abus qui ont privé les États-Unis de leur capacité à être un leader pour les droits de l’homme ces sept dernières années ».
Prison de Guantanamo,...